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LIRE A CHALON - Des ours polaires dans mon jardin

LIRE A CHALON - Des ours polaires dans mon jardin

ISBN 9781291733792

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Chez LULU.com - 20.50€

""""Mon amour était là devant moi, branchée sur une multitude d'appareils peu avenants, dont un lui pourfendait le thorax. Son petit visage si lisse et si beau était tout abîmé, ses magnifiques yeux bleus étaient énormes sous ses paupières fermées et violettes, un pansement lui couvrait la joue droite, sa joue gauche paraissait presque intacte si l'on faisait abstraction de son minois enflé et tout son crâne était recouvert d'un bandage énorme, du sang coulait sur son oreiller et son pansement en était couvert... Mon Dieu, mon douçon, que t'ont-ils fait, tout ce sang ! Ma fille ainsi abimée, cassée, semblait pourtant dormir paisiblement, un très léger sourire sur ses lèvres blanchies, à moins que ce ne soit le gros tube dans le coin droit de sa bouche obligeant un mignon rictus... Mon bébé, réveille-toi, maman est là. Dis-moi, montre-moi que tu m'entends ?""""

""""Le soleil s'écrase de tout le poids de ses rayons sur des êtres devenus pantins-moiteurs, Charlotte regrette d'avoir enfilé un peu trop à la hâte un jean étroit ne laissant aucune chance au moindre souffle d'air de s'infiltrer le long de ses jambes emprisonnées. Elle se dit alors qu'heureusement, elle a été plus prévoyante en ce qui concerne ce tee-shirt décolleté et sans manche qui ne lui donne pourtant qu'un minimum de fraîcheur mais qui en revanche dévoile à tous son bronzage doré. Elle regrette l'eau transparente de la piscine de Joëlle et s'imagine nageant nonchalante et presque nue dans la mosaïque étincelante, caressée par cette eau claire, scintillant sous le soleil, ce qui lui rend la chaleur plus insupportable encore. La jeune femme regarde tous ces touristes harassés de fatigue, les mollets endoloris par tous les efforts qu'ils devaient fournir aujourd'hui afin de respecter leur planning-vacancier. Ces gens ressemblent tous à des vagabonds tant ils sont défraîchis, usés, humides de sueur et froissés. Leurs regards flous ont vu trop de belles choses et-trop-vite-et-trop-chaud. Les précieuses pellicules couleur, gonflent de leurs futurs souvenirs les sacs et les poches fatigués et déjà alourdis par les menus objets acquis ça et là, au hasard de leurs pérégrinations. Tours Eiffel dorées ou argentées, foulards 'I love Paris' et multiples gadgets hétéroclites. Tout en considérant les morts-vivants, elle pense à Mircea, assise sur le bord de la fontaine St Michel. L'eau qui éclabousse parfois la peau de son dos n'est même plus fraîche mais ces quelques gouttes tièdes lui confirment son plaisir d’être simplement là.""""