Opinion de gauche

Le racisme et l'intolérance polluent gravement les cerveaux

Les images terribles des humains réfugiés, migrants ou déplacés appellent à la réflexion sur le comment et le pourquoi de ces situations insoutenables.

Ces êtres humains sont d’abord les victimes de systèmes politiques, tribaux, religieux, économiques dans lesquels les besoins fondamentaux, l’intérêt général des populations, le progrès social, l’éducation et la culture sont bien loin des préoccupations des détenteurs de pouvoir de toute nature.

Il est dommage que le débat sur l’accueil, le droit d’asile soit faussé par des systèmes de pensées qui alimentent les préjugés, l’intolérance et le racisme. Les paroles discriminatoires concernent en effet toutes les différences entre individus.

Les différences d’origine ( né dans quel pays), les différences de religion ( juif, chrétien, musulman, bouddhiste…), les différences de sexe ou de sexualité ( hétérosexuel ou homosexuel), les différences sociales ( riches, pauvres, métiers, salariés, chômeurs, fonctionnaires, jeunes, vieux), les différences physiques ( grand, petit, gros, maigre, handicapé, valide, couleur de peau), les différences culturelles (rocker, rappeur, métal, sportif, sédentaire …) sont trop souvent porteuses de comportements, de paroles ou de pensées irrespectueuses et intolérantes.

Il est plus facile de se moquer ou de ne pas respecter plutôt que de réfléchir à son propre comportement, de travailler sur soi-même parce que la différence de l’autre renvoie chacun à sa propre image (on ne voudrait pas être comme l’autre). Ce sentiment engendre la peur, la panique et le rejet. Lorsqu’une personne dit «  je ne suis pas raciste mais… », elle est déjà dans l’affirmation d’une différence

Quand de plus, ils se trouvent des « responsables » et des « décideurs » pour alimenter cette peur, alors on en arrive à des seuils d’intolérance qui mettent en péril l’humanité autant sinon plus gravement que le réchauffement climatique ou les épidémies diverses.

Le plus souvent ces soi-disant « décideurs » sont des manipulateurs qui trouvent toujours prétexte pour justifier leur décision. Au nom du droit du sang, de la laïcité, de la religion, de la civilisation ou de telle ou telle théorie fumeuse, ils alimentent, de fait, le racisme et l’intolérance en espérant pouvoir en tirer profit d’une façon ou d’une autre . En vérité, ils contribuent à polluer les cerveaux plutôt qu’à les éduquer.

Il n’y a pas d’avenir pour l’humanité sans respect des uns pour les autres. Le rejet, la haine ont toujours conduit à l’affrontement et aux guerres, qu’elles soient de religions, de territoires ou économiques.

Nous pensons que l’intolérance et le racisme ont pour cause l’ignorance. Combattre l’ignorance, c’est un des buts de l’éducation.

Nous croyons profondément à l’éducation. Si l’on n’apprend pas aux enfants qu’un être humain vaut un être humain, qu’ils sont égaux devant la loi, que les différences apparentes sont source d’enrichissement et non de barrières insurmontables, c’est que nous sommes défaillants dans notre rôle de parents, d’éducateur ou de responsable.

Comme le rappelait Stéphane Hessel «  dans un monde incertain et frileux, l’éducation doit conduire à prendre conscience de ce qui est positif. Il n’y a pas de problème même difficile qui est insoluble. Tout problème porte en lui sa solution ».

 

Lucien Matron

9 septembre 2015