Chalon sur Saône
Sauve-qui-peut à Chalon pour les pigeons, dès lors que le faucon pèlerin pointe le bout de sa frimousse !
Publié le 27 Décembre 2015 à 20h40
« Rapace emblématique » aux dires d’Alexis Révillon, animateur&chargé d’études naturalistes pour l’A.O.M.S.L. (Association Ornithologique et Mammalogique de Saône-et-Loire), le faucon pèlerin erre de-ci de-là à Chalon-sur-Saône notamment, ce à la morte saison. Au grand dam en zone urbaine des populations de pigeons et d’oiseaux d’eau qui ne le voient pas d’un bon œil, doux euphémisme…
Un ou deux faucons à Chalon, pas davantage
Si la pluie du matin n’arrête pas le pèlerin, en revanche les redoutables effets secondaires du pesticide DDT, au milieu des années 70, auraient pu l’anéantir totalement, mais c’était sans compter sur la détermination et l’opiniâtreté sans faille de protecteurs trop conscients de la perte immense que c’eût pu être. Grâce aux moyens mis en œuvre cela va mieux pour lui, le prélèvement d’œufs à des fins de sauvegarde par exemple, son nombre va croissant (1600 couples au recensement de 2010 au plan national)…et permet aux observateurs avisés ou susceptibles de le devenir de tirer visuellement la quintessence de cet oiseau au port altier. Néanmoins l’espèce –protégée- est qualifiée de très rare en Saône-et-Loire (environ un couple), rare en Bourgogne (l’arrière-côte de Beaune et la côte dijonnaise sont citées). A Chalon-sur-Saône il n’y aurait qu’un individu ou deux. « On l’aperçoit pour l’instant seulement en hiver chasser les pigeons dans le quartier du Stade, en particulier. Il leur met une belle pression, du coup ils sont stressés. On suppose qu’il y a une répercussion sur les nichées, car le pigeon est capable de se reproduire en plein hiver ! Ce serait intéressant de poser trois-quatre nichoirs (coût : 150,00 euros l’unité) dans la ville. Il y en a bien un sur le silo du lac de la Z.U.P., mais des faucons crécerelles l’occupent», avance Alexis. En revanche, sur le silo de Verdun-sur-le-Doubs il y a eu cette année des oisillons de pèlerin, qui n’ont malheureusement pas survécu. Quelques individus stationnent par ailleurs dans le Val de Saône entre les mois de septembre et d’avril.
Record du Monde en piqué, rien que ça !
De la partie sommitale des constructions humaines, ce représentant de l’avifaune contemple ses prises potentielles. « Il aime être au sommet des édifices. C’est l’oiseau le plus rapide du monde, avec 380 km/h en piqué ! Le faucon pèlerin est exclusivement ornithophage (qui se nourrit d’oiseaux N.D.L.R.), en ville il ne se nourrit que de pigeons, traquant également les étourneaux », indique Alexis. Entre une parade artificielle adaptée aux circonstances, et des dépenses somptuaires engagées par les collectivités ou les particuliers pour réduire à néant les dommages occasionnés par l’oiseau granivore qu’est le pigeon, il n’y a pas photo. « Il existe un équipement destiné à protéger les bâtiments des pigeons, alors que dans le cas contraire, cela revient à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Ca vaut le coup de prévenir plutôt que de guérir, puisque les pigeons stationnent beaucoup moins aux mêmes endroits. A Dole un aménagement a été réalisé sur la cathédrale, et tous les ans il y a reproduction », argue Alexis, lequel extrapole ensuite. « Oiseau très recherché pour la fauconnerie, donc déniché, le faucon pèlerin connaît une migration horizontale. Il niche plutôt dans le massif du Jura, et l’hiver beaucoup d’oiseaux vont fuir à cause de la neige. Donc les pèlerins suivent, ils descendent afin de retrouver des oiseaux migrateurs, des hivernants, et des proies. Des subadultes vont être à la recherche de territoires pendant l’hivernage. S’ils ont l’occasion de nicher, ils le feront. En ville, les grands bâtiments constituent un milieu propice pour la nourriture. »
Renseignements
Ecrire : [email protected]; téléphoner : 03.85.42.94.57
Crédit photo : Alexis Révillon (cliché pris en 2013 dans le département du Doubs)
Michel Poiriault
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