Chalon sur Saône
Trois semaines en Namibie dans une fondation humanitaire pour deux infirmières du centre hospitalier de Chalon sur Saône
Publié le 09 Mars 2016 à 07h36
Deux infirmières du Centre hospitalier William-Morey vont consacrer une grande partie de leurs vacances 2016 à la réalisation d'un projet humanitaire.
En partant du 10 mars au 4 avril prochain travailler à la fondation « N/a'an ku sê », située en Namibie, à l'autre bout du monde.
Cassandre Pieri et Elodie Vieira se sont rencontrées il y a un an sur leur lieu de travail, le CH de Chalon, où elles sont toutes deux infirmières au service hématologie-oncologie. Les deux jeunes femmes de 25 ans ont sympathisé, au point de devenir rapidement amies. Et lorsque Cassandre a demandé à Elodie de l'accompagner dans son beau projet, cette dernière n'a pas hésité une seconde.
Un projet qui est né après la vision sur FR3 d'un documentaire consacré à la fondation « N/a'an ku sê ». Une fondation fondée en 2006 par Marlice Van Vuuren, une écologiste évoluant au milieu de la faune et des différentes ethnies de Namibie depuis ses 13 ans. Soutenue par de nombreux volontaires et grâce aux dons, « N/a'an ku sê » s'est développée dans différents domaines : soins de santé aux populations, aide à l'éducation, protection animale et recherche, principalement.
« Touchées par ses valeurs »
« Touchées par ses valeurs, que nous partageons toutes les deux, nous avons choisi de participer aux actions que la fondation mène quotidiennement et de l'aider à notre manière à évoluer » confie Cassandre, aussitôt approuvée par Elodie. Pendant ces trois semaines passées en Namibie, pays d'Afrique Australe, où le taux d'analphabétisation est de plus de 80% chez les adultes et celui de mortalité infantile de plus de 30% chez les moins de 5 ans, elles vont intervenir dans un dispensaire, situé à 4 heures de route de Windhoeck, la capitale, ainsi que dans une école et une réserve animale.
Les deux infirmières vont travailler durant les deux premières semaines au dispensaire de la fondation, où est soignée notamment une des plus anciennes communautés de Namibie, les San Bushmen. Un peuple encore à l'écart de la civilisation, pauvre, au mode de vie minimaliste, et qui n'est pas épargné par les maladies que nous rencontrons aujourd'hui. S'ajoute à cela la malnutrition des enfants, associée à diverses maladies.
Cassandre et Elodie vont aussi œuvrer ponctuellement dans une école, ouverte en 2009, et sise à vingt minutes de Windhoeck. Cette école accueille une vingtaine d'enfants de 2 à 7 ans, qui apprennent notamment la lecture, l'écriture, le chant, la danse, l'environnement, et pour les plus grands d'entre eux, les mathématiques et l'anglais, tout en pratiquant des activités sportives.
Les jeunes Bourguignonnes (Cassandre est Chalonnaise et Elodie Dijonnaise) vont terminer leur séjour en Namibie dans une réserve animale, pour s'y occuper de lions, guépards, babouins, caracals et autres animaux sauvages.
« Plus riches qu’en arrivant »
« Au delà de représenter des bras supplémentaires, nous espérons réellement repartir de cette expérience plus riches qu'en arrivant. D'abord professionnellement mais surtout personnellement » fait observer Elodie. « En effet, dans notre métier où la remise en question est notre quotidien, nous sommes décidées à profiter de l'expérience pour prendre conscience de ce que nous pouvons apporter en tant que soignants et surtout en tant que personne en dehors de tout confort matériel ou logistique ». « Ce projet est motivé par notre soif de rencontrer, découvrir, aider, s'améliorer » renchérit Cassandre.
Un projet qu'elles préparent depuis maintenant plus de six mois et dont le coût financier total est de près de 4 000 €. Et les futures humanitaires de préciser « Notre volonté en participant à ce projet étant d'apporter un maximum à ces populations dans le besoin, nous avons rapidement décidé de régler en autonomie la totalité des charges relatives aux trajets, de même concernant les visas. Ainsi l'intégralité des fonds dépensés se fera dans le seul intérêt des populations de Namibie, car les 2 100 € finançant notre hébergement et nos trois repas/jour pendant les trois semaines, seront versés à « N/a'an ku sê » et exclusivement réinvestis dans leurs projets et activités ». Cassandre et Elodie ont donc essayé de trouver quelques subsides auprès des collectivités territoriales. Sans grande réussite. En revanche, deux grandes enseignes chalonnaises, à savoir Décathlon et Carrefour Chalon Sud, leur ont donné un petit coup de pouce, en leur permettant, au moment des fêtes de fin d'année, d'emballer des paquets cadeaux. Emballage associé à la vente de « trousses » de secours... Décathlon a même joué les Pères Noël en faisant un don de 150 € pour mieux s'équiper. Et l’agence de communication Com'Air s'est aussi associée à ce magnifique projet, en offrant l'affiche de présentation.
Les jeunes femmes vont emporter avec elles ce qui manque le plus aux enfants, c'est-à-dire vêtements, biberons, couches... et également matériel médical (gants, compresses, désinfectants, masques chirurgicaux...). Sans oublier des fournitures scolaires. A propos d'école, un échange de dessins entre les élèves de la fondation « N/a'an ku sê » et ceux de l'école primaire de Saint-Julien-sur-Dheune va être mis en place.
Même si les journées, là-bas, vont être longues, très longues, Cassandre et Elodie vont prendre le temps de donner de leurs nouvelles sur leur blog. Avant de raconter, à leur retour en France début avril, leur expérience africaine à leurs familles, à leurs amis, à leurs connaissances, à leurs collègues. A commencer par les étudiants de l'Institut de formation en soins infirmiers de Chalon. Avec pourtant un petit regret : ne pas pouvoir partir plus longtemps. « Mais on ne voulait pas gêner le service ».
Gabriel-Henri THEULOT
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