Chalon sur Saône
A la cité scolaire Niépce-Balleure l'étude de l'architecture a provoqué l'éclosion de cabanes
Publié le 15 Mars 2016 à 17h03
A l’atelier de pratique artistique propre à la cité scolaire Niépce-Balleure (en vigueur depuis quatre ans) de Chalon-sur-Saône, chaque année un thème nouveau boute hors de son champ de vision le précédent. Adossé au volontariat, ledit atelier, régulièrement soutenu par le Conseil régional de Bourgogne, fait en 2015-2016 grand cas de l’architecture. L’apothéose a consisté en de l’art éphémère matérialisé en carton, puisqu’au terme de quatre jours intenses de travaux, la performance est passé de vie à trépas, étant occise dès le lendemain.
Des sorties plus une conférence pour jeter les bases
Histoire de stimuler leur imagination et d’acquérir les fondamentaux à même de leur ouvrir des horizons inédits, les élèves (une vingtaine de la seconde à la terminale) se sont rendu à Lyon (au musée des Confluences, à l’Ecole nationale supérieure d’architecture), ainsi qu’à Rillieux-la-Pape (au Centre chorégraphique national). Beaucoup plus près de nous ils ont scruté l’Espace des Arts de Chalon sous le couvert de l’architecte Thomas Héritier-Pingeon afin d’être en phase avec la conduite technique à tenir. Pour clore le tout, la conférence « Une cabane, un aperçu de l’habitat minimum » devait apporter de manière différente de l’eau à leur moulin. Ne restait plus, si l’on ose dire, qu’à se mettre martel en tête et à tirer le meilleur parti de ce qui avait été glané, ce sous la conduite notamment de Sandrine Carnet (professeure d’arts appliqués, référente culture du lycée Balleure), et de Nathalie Pillon (coordonnatrice du projet et professeure de sciences physiques au lycée Niépce), les figures de proue de l’atelier de pratique artistique…
A peine abattue, la besogne de s’évanouir en fumée
Dans un premier temps des maquettes de cabane –fort seyantes et crédibles- ont été réalisées, en respectant le mot d’ordre : abri minimal. Ceci après la prise en compte de l’outil pédagogique « Toutenkarton » afférent au C.A.U.E (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement). Par la suite les petits plats ont été mis dans les grands. Pendant quatre jours les jeunes protagonistes auront fait assaut d’ingéniosité dans la perspective de créations davantage artistiques. Ce sous la conduite de l’artiste plasticien Patrick Condouret, professeur à l’E.N.S.A. (Ecole nationale supérieure d’architecture) de Saint-Etienne, lequel a fixé le cadre : »Perturber, déranger et générer des espaces différents, créer des circulations autres. Nous nous sommes accolés à l’existant (poutre, poteau, passerelle….).» Les groupes -de quatre-cinq élèves- ont ainsi construit ce que leur envie leur soufflait. En revanche, convenait-il de ne pas déroger à l’objectif fixé, à savoir in fine l’unité globale, l’appréhension de l’espace. « Il a fallu que les groupes interagissent », a de surcroît confié l’intervenant. Travail sur l’horizontalité, la verticalité, la quête de l’homogénéité, sans oublier le traitement du sol, il y a eu de quoi faire à l’aide uniquement de carton (l’entreprise Emballages Laurent SAS a offert deux palettes du matériau considéré) et de scotch ! Quant à l’équipe du Fablab du Chalonnais, elle a immortalisé par un film d’une minute les quatre jours de labeur à l’aide de tablettes fournies par le lycée Niépce.
La portée de la démarche, il n’y a que cela de vrai
Lors du vernissage de l’exposition « Ma cabane au Canada », la proviseure Anne-Caroline Blessig ne manqua pas d’afficher sa satisfaction, tant sur le fond que sur la forme. « On a des moments de bonheur comme aujourd’hui. Ce que j’apprécie aussi, c’est la rupture avec le rythme scolaire », déclara-t-elle. Pour sa part, l’architecte Thomas Héritier-Pingeon évoqua le cheminement entrepris : « On a essayé de mettre les pieds dans le réel. L’essentiel, c’est le chemin que les élèves ont fait. »
Michel Poiriault
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