Edito

BUDGET 2026 - Le gouvernement au pied du mur du "quoi qu'il en coûte"

BUDGET 2026 - Le gouvernement au pied du mur du "quoi qu'il en coûte"

Avec un remboursement de la dette qui devrait avoisiner la centaine de milliards d'euros très prochainement, la France a bien longtemps perdu les moyens de ses ambitions politiques. Le mur se rapproche toujours plus vite.

Tous les regards sont braqués désormais sur le budget 2026 du gouvernement, et tout le monde plaide pour ne pas être impacté par les décisions à venir. Le quoiqu'il en coûte érigé comme un totem par le Président de la République et tous les membres du gouvernement pendant le COVID présente l'addition désormais. Plus de mille milliards de dette accumulés au cours de ces toutes dernières années, et personne n'est prêt à assumer le coût social frappant à nos portes. 

L'addition s'annonce salée et toute la classe politique espère bien ne pas en porter la responsabilité, et pourtant l'urgence est bien là. Les pistes d'économie et d'investissement structurant existent bel et bien, mais une fois encore les scénarios les plus évoqués, sont ceux portant sur les travailleurs. Disparition de jours fériés, gel des indices, gel des retraites, tva sociale... bref de la fiscalité encore et toujours à peine dissimulée. Autre indice, celui du relèvement du temps de travail... encore ! Evidemement, quoi de mieux pour redresser les finances de l'Etat que de demander aux travailleurs et retraités de verser dans le pot de commun, sans que de vraies stragégies d'économie de fonctionnement soient clairement mises en place. Faire travailler toujours plus, augmenter l'âge de la retraite alors qu'il est démontré qu'un travailleur sur deux de plus de 55 ans est au chômage... Rajouter de la précarité à la précarité ? C'est bien cela le modèle de société que propose les fervents défenseurs de la retraite tardive ? Faites donc déjà travailler les jeunes alors que 150 000 d'entre eux sortent chaque année sans aucun diplôme ni formation, faites travailler les plus de 55 ans en pleine force de l'âge au lieu de chercher à les faire travailler au-delà de 64 ans ! 

Piste d'économie vous avez dit ? Le gouvernement se penche sur  la facture des transports médicalisés, des affections longue durée ou des arrêts maladie... Conséquences en fait de l'éloignement toujours plus grands des centres hospitaliers des zones rurales. Que c'est facile d'éloigner toujours plus les services publics des territoires et de se plaindre après du coût engendré par les déplacements. Depuis des années, sur info-chalon.com, on évoque cette notion de cabotage politique, en fonction de la seule visée électoraliste. A quand une vraie vision, un vrai cap national ? 

François Bayrou devrait annoncer un plan d'économie de 40 milliards... et déjà tout le monde est vent debout... avec à nos portes une nouvelle instabilité politique. Une chose est sûre, la France n'a plus les moyens de ses déclarations politiques, et nous sommes en nombre à en prendre consience jour après jours, mais si la solution est celle de faire la poche des travailleurs, attention à ne pas souffler sur les braises latentes en cette période estivale. 

Des idées, nous sommes en nombre à en avoir, encore faut-il être prêts à assumer politiquement, et la sanction dans les urnes. 

Laurent GUILLAUMÉ