Le plan de Bayrou "est à la fois socialement violent, économiquement risqué, et politiquement irresponsable" insiste le conseiller régional de Bourgogne-Franche Comté, Guillaume Badet

Le plan de Bayrou "est à la fois socialement violent, économiquement risqué, et politiquement irresponsable" insiste le conseiller régional de Bourgogne-Franche Comté, Guillaume Badet

Guillaume Badet, conseiller régional de la majorité Notre Région par Coeur et premier adjoint au maire de Savigny-sur-Seille, s'est livré à info-chalon.com sur l'actualité locale, régionale et nationale.

En tant que conseiller régional, comment se traduit concrètement la présence de la Région en Bresse ?

Mon rôle est d’être un relais et un facilitateur : porter les attentes des élus locaux, des associations, des acteurs économiques et sociaux auprès de la Région, et veiller à ce que les dispositifs régionaux irriguent efficacement nos territoires ruraux.
Le combat pour l’égalité territoriale et la vitalité rurale est au cœur de mon engagement. Et sur ce point, les politiques menées l’attestent : la Région est pleinement engagée en Bresse via le contrat « territoires en action » signé avec le Pays de la Bresse bourguignonne, le programme LEADER, …


Concrètement, cela se traduit par la participation aux financements d’une salle de danse et d’une salle multisports à Branges, de chaufferies bois à Frangy-en-Bresse, Branges ou Ouroux-sur-Saône, de pôles enfance-jeunesse à Cuisery et Louhans, de la rénovation de la salle des fêtes à Varennes-Saint-Sauveur, de la rénovation de l’école de Montpont-en-Bresse, de travaux pour une boucherie à Sainte-Croix-en-Bresse, un restaurant à Baudrières, une boulangerie à Rancy… Ceci sans oublier une participation financière pour le terrain synthétique de Louhans, et l’aide à la végétalisation des espaces publics ou encore de la nouvelle médiathèque à Louhans.
Tout cela, c’est du concret. Beaucoup de ces projets sont coconstruits et portés par le Pays de la Bresse bourguignonne. La région, c’est aussi favoriser le partenariat entre toutes les collectivités.

 

Enfin la région, c’est aussi le soutien aux lycées, aux lycéens, à la formation professionnelle, au monde agricole, aux mobilités, à la culture sur notre territoire que nous défendons en maintenant les budgets alloués, …

Pour succéder à Marie-Guite Dufay, la majorité régionale a fait le choix de Jérôme Durain. Quelle est votre position ? 

Le groupe majoritaire a choisi Jérôme Durain le 4 juillet 2025 pour poursuivre le travail engagé par Marie-Guite Dufay. Ce choix s’est fait dans le respect du débat démocratique, avec une majorité claire. Il s’inscrit dans la continuité des politiques menées sous la présidence de Marie-Guite Dufay en faveur de la justice territoriale, de la justice sociale et de la transition écologique.
Jérôme Durain incarne une gauche de terrain, attachée aux valeurs républicaines, aux territoires ruraux et à l’action concrète. Son expérience parlementaire, sa connaissance des dossiers régionaux, sa capacité à défendre nos convictions et à hausser le ton face aux provocations de l’extrême droite font de lui un candidat et un président légitime.


Le défi des régionales de 2028 est immense. Nous avons besoin d’un président expérimenté et enraciné, capable de fédérer et il connaît mon soutien dans ses combats communs !

 Un an après son élection aux législatives sur la 4e circonscription de Saône et Loire, quel regard portez-vous sur le mandat d’Éric Michoux ?

La première image que notre nouveau député a donnée de lui, c’est au bar de l’Assemblée nationale, un verre à la main…
Son positionnement ambigu, sa difficulté à travailler concrètement sur les projets de loi, ses votes et ses prises de parole approximatives dessinent un politique davantage préoccupé par des postures idéologiques que par les vrais enjeux du territoire.
Son opportunisme électoral est préoccupant. Passer du centre au RN, ce n’est pas un parcours de conviction. Ça, c’est sur la forme.


Sur le fond, ses priorités sont déconnectées des enjeux du terrain : lorsque nos territoires attendent des réponses sur la disparition des services publics, par exemple, lui s’oppose à un mariage qu’il juge « blanc » uniquement en raison des origines du marié… jusqu’à déposer une proposition de loi sur ce sujet qui, tout naturellement, n’a pas passé les portes de l’Assemblée. C’est beaucoup de comm’ pour un bilan nul.
Plus grave encore : dernièrement, son vote favorable pour la loi Duplomb. En réalité, il vote régulièrement avec les élus macronistes lorsqu’il s’agit de détricoter des dispositifs environnementaux (ZFE, …). Notre territoire mérite mieux.

Comment se préparent les élections municipales en Bresse ?

Elles interviennent dans un climat national tendu. Mais dans une période de forte défiance envers les institutions, les maires tissent des liens démocratiques de proximité, et les mairies restent l’échelon en qui la population garde confiance.
C’est dans nos villages et nos bourgs que la République prend racine. Et nos communes rurales doivent rester des espaces d’apaisement.
Malgré cela, la crainte que certaines communes ne puissent élire des conseils complets demeure forte. Beaucoup d’élus ont le sentiment de ne plus être soutenus par l’État, souvent seuls face à une lourdeur administrative et à une violence palpable qui s’installe même dans nos campagnes.
Les crédits s’amenuisent alors que les défis et les enjeux de demain sont colossaux : transitions écologiques, revitalisation des centres-bourgs, maintien des services publics… .

L’enjeu sera de redonner de la confiance et des perspectives d’avenir pour les mairies et les rassurer sur leur capacité à mener à bien leurs projets. 


La Région, via les contrats TEA, les programmes LEADER ou C2R, continuera à être un partenaire des territoires ruraux pour accompagner les maires et les intercommunalités dans leurs projets.

Soutenez-vous une motion de censure et une dissolution face au plan d’austérité de François Bayrou ?

Le gouvernement Bayrou n’a ni légitimité populaire, ni majorité politique. Depuis juillet 2024, Emmanuel Macron a fait le choix assumé de ne pas respecter les institutions en ne nommant pas un Premier ministre de gauche, issu de la coalition du Nouveau Front populaire.
Il appartenait ensuite à ce Premier ministre de constituer une coalition plus large avec le soutien du premier groupe à l’Assemblée nationale. Il a fait un autre choix, qui a créé au sein de la population beaucoup de crispation.


En nommant Barnier donc, puis Bayrou, Emmanuel Macron a fait un autre choix dangereux. Car le plan Bayrou, c’est en quelque sorte le fantasme d’une droite française classique : supprimer des jours fériés, geler les prestations sociales, réduire les budgets de la culture ou de l’éducation publique ; choisir l’injustice.


Ce plan est à la fois socialement violent, économiquement risqué (quid de l’économie produite par la commande publique et les collectivités ?), et politiquement irresponsable, sur fond de crise sociale. Il s’inscrit dans une logique de démantèlement progressif des solidarités, sur fond de dogmatisme ultralibéral.
C’est une politique à la Milei, et nous en connaissons les conséquences désastreuses.


Et ne pas toucher à la fraude fiscale, qui représente 80 à 100 milliards d’euros, lorsqu’il dit être à la recherche de 40 milliards, est un non-sens absolu qui lui vaudra, je l’espère, la censure à laquelle je crois.


Donc oui, je soutiendrai une motion de censure si elle permet de faire tomber ce gouvernement et d’ouvrir la voie à une alternative sociale, écologique et républicaine. Le pays a besoin de justice, de cohésion et d’espoir, pas d’un nouveau tour de vis contre les plus modestes.

 

Au sujet de la fête de la Rose ?

Cette fête politique et populaire est incontournable et difficilement copiable ! Elle reviendra très vite !