Saône et Loire

Contrôlés, ils transportaient cocaïne et fausse monnaie

Par Florence SAINT-ARROMAN

Publié le 02 Septembre 2025 à 06h06

Contrôlés, ils transportaient cocaïne et fausse monnaie

Second renvoi pour une affaire de cocaïne et fausse monnaie. Deux frères sont incarcérés depuis le 27 juillet, mais ce 1er septembre, l’avocate de l’un d’eux est requise dans sa juridiction, à Marseille.

 Le 23 juillet dernier, sur l’aire de Jugy, des douaniers contrôlent. Dans le véhicule, trois hommes. Le conducteur, c’est le plus jeune. 27 ans, pas de permis de conduire, positif au cannabis. 
Le passager a 6 ans de plus, c’est le grand frère.
Cachés : 200 grammes de cocaïne et 80 billets de 50 euros, tous faux.

Le trajet Paris-Marseille a pris fin. Présentés à l’audience des comparutions immédiates le 28 juillet, les frères demandent un délai pour préparer leurs défenses. On met au pluriel car leurs déclarations sont parfaitement divergentes. Y compris avec celle d’un troisième homme présent dans la voiture, et visiblement pas poursuivi.

Nouveau renvoi

L’audience est renvoyée à ce lundi de rentrée mais une avocate ne peut se déplacer. Elle a prévenu le parquet en justifiant de son empêchement et en y mettant les formes requises. Aussi le procureur ne s’oppose pas au renvoi, là où les douanes auraient aimé passer à autre chose : « Les faits sont simples, pas de contestation possible. »

Des casiers pas comparables 

L’un des frères, l’aîné, a refusé de sortir de sa cellule. Son jeune frère est dans le box et plaide l’enfer de son incarcération. Les dijonnais (ils sont enfermés à Dijon) n’aiment pas « les marseillais » et lui font la vie pénible. Et puis, « le soir, je n’arrive pas à dormir, des gens se pendent dans leurs cellules, y a des interventions en pleine nuit. » Et en plus de ça, « je ne peux appeler personne ». Entendre qu’il n’a pas le droit de téléphoner, pour l’instant. 
A son casier, une amende pour usage de stupéfiants.

Le grand frère, lui, compte 11 mentions. Des vols, des violences, transport d'arme à feu. Il a deux enfants, sa femme est enceinte d’un troisième. Ils vivent à Orange. Il était chauffeur mais il est chômeur depuis la suspension de son permis de conduire. Il a un crédit à la conso et des dettes.

« Il y a un risque de concertation frauduleuse »

Le procureur demande le maintien en détention des deux prévenus. « On a trouvé 200 grammes de cocaïne* et 4000 euros en fausses coupures. L’aîné a été condamné pour des rébellions, aussi, et les peines sont restées sans effet. Le plus jeune n’a qu’une condamnation mais pour des faits en lien avec les stupéfiants. Il y a un risque de concertation frauduleuse, ils sont frères. »

L’avocate présente plaide pour un contrôle judiciaire et qu’on empêche la concertation par « une interdiction de contact strict ». Le prévenu dans le box enfonce le clou : « Il n’y aura pas de concertation, on ne s’entend plus du tout avec mon frère, quand je vois dans quelle situation il m’a mis… »

Le tribunal renvoie à trois semaines. Ordonne le maintien en détention des deux prévenus.

FSA

* Le prévenu du Creusot, dans un autre dossier, disait que le gramme de cocaïne est à 50 euros. Ça fait que les 200 grammes représentent au minimum une valeur de 10 000 euros. 
En mars de cette année, un article paru dans le Monde donnait le tarif de 58 euros contre 65 euros les années précédentes : une baisse « due à l’abondance du produit et à la concurrence entre les réseaux criminels, et qui témoigne aussi de l’augmentation du nombre de consommateurs ».
https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/03/27/le-prix-de-la-cocaine-au-plus-bas-depuis-2014_6586743_3224.html