Politique

«Bloquons tout» : À Chalon-sur-Saône, le "pot de départ" de François Bayrou prend des allures de répétition générale

Par Karim BOUAKLINE-VENEGAS AL GHARNATI

Publié le 09 Septembre 2025 à 06h00

«Bloquons tout» : À Chalon-sur-Saône, le "pot de départ" de François Bayrou prend des allures de répétition générale

Une cinquantaine de personnes se sont retrouvées lundi soir devant l'hôtel de ville de Chalon-sur-Saône pour célébrer comme il se doit la chute du Premier ministre et préparer la journée d'action de mercredi. Plus de détails avec Info Chalon.

Lundi 8 septembre 2025, le mouvement social «Bloquons tout»  appellait à se rassembler à 19 heures devant l'Hôtel de Ville «pour préparer le 10 septembre et la suite» autour d'un apéro festif, au moment où le Premier ministre, François Bayrou, plaidait pour sa survie devant l'Assemblée nationale; la cinquantaine de personnes ayant répondu présentes à cet appel se disent déterminées à bloquer le pays malgré la crainte persistante d'une répression policière.

Un rassemblement qui traduit aussi un climat de défiance généralisé.

«À quoi ça sert d'avoir de si grandes oreilles pour être aussi sourd à nos revendications ?», s'interroge Daniel, militant «du logiciel libre et de la démocratie libre à grande échelle», devant les personnes de tous âges réunies autour de ce pot de départ et d'un seul mot d'ordre : «Bye Bye Bayrou» – renversé au même moment par l'Assemblée nationale qui lui a refusé sa confiance –; l'objectif étant de s'organiser pour le mouvement «Bloquons tout»  prévu le mercredi 10 septembre.

La promesse d'un apéritif a été respectée : une grande table a été mise à disposition, offrant à boire et à manger. Certaines lèvaient leur verre, tandis que d'autres proposent des gâteaux apéritifs et des brownies. Tout cela, bien sûr, gratuitement.

Mais derrière les verres levés et les assiettes partagées, c'est bien la colère sociale et les revendications politiques qui s'étaient invitées sur la Place de l'Hôtel de Ville.

«Maintenant, c'est le tour de Manu !», lance Ludovic Langlade, un militant de gauche qui regrette «amèrement d'avoir voter Bayrou en 2007».

«Je ne vois pas pourquoi ça serait à nous de payer cette dette…», estime Martine, qui se dit «sympathisante de gauche», évoquant l'endettement de la France qui justifiait aux yeux de François Bayrou un projet de budget 2026 vivement critiqué. «Et puis, ça commence à bien faire, on s'en prend toujours aux mêmes : on s'acharne sur les plus vulnérables et on ne parle jamais des riches», abonde Michel, un autre militant de gauche.

«Nous attendions le passage du Premier ministre désavoué pour trinquer à sa retraite puisque, comme l'annonçait notre maître de cérémonie, un jet devait le déposer à l'Aéroport de Champforgeuil ce soir à 19 heures 30. Mais dès son arrivée en terre chalonnaise, il fut embarqué dans un bus d'anciens élèves de Bétharram et n'arriva donc pas jusqu'à nous qui fêtions déjà joyeusement l'évènement. Malgré cela, il a pu nous faire parvenir une chanson qu'il avait écrite pour l'occasion», ajoute une militante.

Une chanson sur l'air de Tam Tam, l'homme Préhisto (1991) de Michel Polnareff que trois personnes ont eu le plaisir d'interpréter pour lui.  Avec comme refrain : «J'veux partir / R'devenir le maire de Pau / Qu'on n'en veuille plus à ma peau / Jouer du tam, tam, tam, tam, tam».

«L'idéal, c'est que Macron s'en aille !», tranche Jean-Marc qui espère que le mouvement social «Bloquons tout» du 10-Septembre – qu'il compare déjà à celui des Gilets Jaunes auquel il a participé  – puisse mener à la destitution du président de la République.

Assez rapidement, «l'apéro» s'est transformé en mini-agora. Après la célébration, il est déjà temps de s'organiser pour la suite. Devant les intervenants qui prennent tour à tour la parole, énumérant des rassemblements et actions prévus très tôt mercredi matin, comme l'insoumis Richard Béninger le précise : 7 heures du matin sous le kiosque de la Place de Beaune.

Ce dernier invite les jeunes et les étudiants, dont certains étaient présents dans la foule, à soutenir le mouvement.

Se félicitant de voir autant de monde se préparer pour le 10 Septembre dans notre ville, d'autres qui se disent «très contents» de la chute du Premier ministre, soulèvent quand même quelques interrogations quant à l'avenir politique de la France. «Ça pose le problème de la société que l'on veut ensuite... Comment est-ce qu'on va faire ? Qu'est-ce qu'on va faire ?». 

Bonnes questions... seul l'avenir nous le dira.

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati