Politique de droite

CRISE POLITIQUE - "La réponse à apporter doit être parlementaire" insiste Sébastien Martin, député de la 5e circonscription de Saône et Loire

CRISE POLITIQUE - "La réponse à apporter doit être parlementaire" insiste Sébastien Martin, député de la 5e circonscription de Saône et Loire

Le député de la circonscription Chalon-Montceau a tenu à réagir à chaud, alors que Sébastien Lecornu venait d'annoncer sa démission de Matignon.

Sébastien Martin est revenu sur ces dernières semaines, alors "qu'un contrat de gouvernement entre le Premier Ministre et les membres des Républicains était attendu. On avait aussitôt demandé des lignes. On a proposé une tribune qui était prête et Laurent Waquiez l'a proposé aux sénateurs. ils l'ont refusé. Sur ordre de qui ? Je ne sais pas.  On a eu deux pages de contrat ce dimanche matin. Il a fallu quatre semaines pour aboutir à ces deux pages. Bruno Retailleau nous a expliqué jeudi soir qu'il avait une ébauche et que le compte n'y était pas et que la participation des LR n'était pas garantie à ce stade. Je ne sais pas comment a été négocié tout cela mais ca aét été fait à l'envers. On se retrouve là parce que le "deal" du début n'a pas été respecté. J'en veux beaucoup à la directuon du parti. On a une vraie contradiction dans ce qui était proposé aux Français" constate amèrement le député. 

On ne peut pas résumer la problématique du jour à la seule présence de Bruno Le Maire. Le gouvernement n'a pas changé, c'est exactement le même et cerise sur le gâteau, il y a Le Maire. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. 

Il fallait que de nouveaux visages apparaissent, de manière claire. Pour un budget, il faut un gouvernement et une majorité parlementaire. Il n'y aura pas de budget à part la reconduction du budget précédent et c'est sans doute en terme de stabilité économique la meilleure chose

"La solution de cette crise politique doit venir des députés et de personne d'autres. Il y a une nécessité de réunir les présidents de groupes parlementaires et de laisser les parlementaires parlementer sinon il n'y aura pas d'autre solution que la dissolution".

"Le Président de la République est tellement imprévisible"

"Je ne fais pas de pari en l'état actuel des choses, tant le Président de la République est imprévisible. Vous n'aurez pas le temps de sécher l'encre de vos stylos que ce soir qu'il aura annoncé quelque chose."

"Si le Président devait démissionner, ça doit être sa décision et pas une procédure de destitution"

"Le Général de Gaulle a décidé de démissionner. On déjà réduit le mandat. C'est un mauvais signal vis à vis de nos institutions. Je formule l'espoir qu'il y a encore une solution au niveau de l'assemblée nationale. Beaucoup de députés n'ont pas envie du bordel, ils ont envie de servir leur pays avec humilité. Peut-être que le gouvernement à former doit être moins ambitieux politiquement. Si Cazeneuve, Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez s'entendent pour un gouvernement, je dis oui !"

"Les chapeaux à plume doivent dégonfler"

En contradiction avec Gilles Platret qui appelait quelques minutes plus tôt sur LCI notamment, au recours à une personnalité en dehors des partis, à l'image du Général Pierre de Villiers, pour piloter un gouvernement, Sébastien Martin considère "que les militaires doivent rester à leur place", préférant "des personnalités élues qui connaissent le suffrage universel".  Pas question pour le député de voir céder "le pouvoir à des technocrates. Il faut des gens avec des expériences politiques, des gens ouverts qui ne sont pas habités par leurs ambitions personnelles, qui ont le pouls du pays, le ressenti de ce que c'est d'être élu au suffrage universel ". 

et l'idée d'une union des droites ?

Là aussi, Sébastien Martin se veut clair, "c'est quoi l'Union des droites ? C'est tous derrière Marine Le Pen ? Si la droite c'est ça, ce n'est pas ma conception". 

"Il faut tenir jusqu'à l'élection présidentielle"

"Le vrai rendez-vous démocratique, c'est celui là. Il nous faut un climat apaisé jusque là. Il faudrait un gouvernement provisoire, chargé d'administrer le pays. Ca s'apparente à une crise de régime mais ne surdramatisons pas non plus. Il y a des solutions à trouver à l'assemblée nationale. La question est désormais d'arriver de manière transitoire jusqu'à la présidentielle, à gérer le pays".

Le député se fait une raison considérant que d'ici la Présidentielle, aucune réforme d'ampleur ne pourra être menée. 

Laurent GUILLAUMÉ