Chalon sur Saône

L’engagement de Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône : « la lutte contre l’antisémitisme fait partie du Pacte républicain »

L’engagement de Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône : « la lutte contre l’antisémitisme fait partie du Pacte républicain »

Dans une interview en exclusivité pour Infochalon, le maire Gilles Platret appelle à une vigilance indispensable pour préserver nos valeurs démocratiques : la haine antisémite n’a pas de place dans notre République.

Gilles Platret fait partie de ces maires qui ont voulu que leur Ville réaffirme la lutte contre l’antisémitisme, en réaction aux actes de vandalisme récents où un arbre en mémoire d’Ilan Halimi a été tronçonné (lire article).

Infochalon : Avez-vous eu des réactions après ce geste symbolique, le 7 octobre, contre l’antisémitisme ?

Gilles Platret : Oui, j’ai reçu des réactions positives de la part de concitoyens. Ce geste répondait à une réelle attente parce que l’antisémitisme n’est pas une théorie, une croyance, une critique parmi d’autres, c’est une volonté de destruction physique des Juifs du monde entier.

Infochalon : Pour quelles raisons, selon vous, nombre de maires n’ont pas répondu à cet appel à l’unité républicaine autour de la lutte contre l’antisémitisme ? Je rappelle pour nos lecteurs que le président d’honneur de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, l’avocat Alain Jakubowicz, a appelé tous les maires de France à planter un arbre en mémoire d’Ilan Halimi pour montrer que la France résiste à l’antisémitisme.

Gilles Platret : Je ne commenterai pas les actes ou non-actes des autres maires. Pour ma part, je pense qu’il est essentiel d’éclairer l’opinion publique sur ce qu’est précisément l’antisémitisme.

Nommer et affirmer que son but ultime est la destruction massive des Juifs. En cela, l’arbre de paix planté au jardin de L’Arquebuse, à Chalon-sur-Saône, était un devoir.

La situation nous échappe, il faut en avoir conscience. La mise à mort d’Ilan Halimi, en 2006, n’était pas un acte isolé ni un fait divers. On observe, au contraire, une propagation inquiétante sur le terrain d’actes antisémites. Les chiffres témoignent de leur explosion depuis le 7 octobre 2023, date du pogrom en Israël par le Hamas.

L’antisémitisme répond à une logique d’un certain nombre de pays, en lien direct ou indirect avec la République islamiste d’Iran. Sa logique est celle-ci : souffler sur les braises de l’antisémitisme, jamais totalement éteintes. Téhéran soutient le Hamas, qui n’est pas le seul mouvement islamiste à avoir commis le massacre du 7 octobre.

Notre pays fait l’objet d’une politique d’infiltration, je dirais d’emprise de ces mouvements islamistes. Les enjeux sont complexes, politiques, diplomatiques… Mais face à cet entrisme à bas bruit, qui menace nos institutions républicaines, la France doit se protéger. C’est en cela que la lutte contre l’antisémitisme fait partie du Pacte républicain.

Infochalon : Vous qui avez écrit sur la période de la Seconde Guerre mondiale, que pensez-vous des mots d’Élie Wiesel : « ceux qui ne connaissent pas leur histoire s’exposent à ce qu’elle recommence » ?

Gilles Platret : Si l’histoire ne se répète pas exactement, des événements similaires peuvent advenir. Ces paroles mettent en garde contre la méconnaissance et la naïveté : quand on n’a pas de références de l’histoire, on relativise les actes sans prévoir leur portée possible. On ne peut pas se nourrir uniquement d’actualité, il est nécessaire de prendre du recul pour avoir des leçons à tirer de ce qui arrive.

Rappeler l’histoire, c’est rappeler ici que l’antisémitisme va jusqu’à cette extrémité-là.

C’est toujours dans un ciel d’orage que la foudre va tomber. L’éducation citoyenne est plus que jamais nécessaire.

Propos recueillis par Nathalie DUNAND
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Photo transmise pour publication par la Ville de Chalon-sur-Saône .