Chalon sur Saône

La Traviata à Chalon.. "c'est fini, j'arrête les frais" confie Sébastien Debuisson

La Traviata à Chalon.. "c'est fini, j'arrête les frais" confie Sébastien Debuisson

L'une des enseignes emblématiques du coeur historique de Chalon est en liquidation.

Reprise il y a deux ans par Sébastien Debuisson, la Traviata, pizzéria emblématique de Chalon sur Saône, jette l'éponge. Le patron des lieux est amer face à la situation  et pointe la gestion commerciale du centre-ville. "On est en train de nous faire crever la bouche ouverte" rajoute le gérant, à quelques heures d'un rendez-vous avec son expert-comptable pour liquider l'entreprise. "Je ne compte plus les commerces du centre-ville de Chalon qui ferme. Il suffit d'ouvrir les yeux pour constater". Entre l'inflation sur les frais de fonctionnement, l'ambiance anxiogène du moment ou les politiques publiques en faveur des centres commerciaux ou encore la non-gestion des problématiques d'accès au centre pour les automobilistes, Sébastien Debuisson préfère arrêter "avant qu'il ne soit trop tard. J'arrête les frais maintenant. Le centre-ville est en train de crever, il serait temps de se poser les bonnes questions. Un vrai effet de chaine est en route, et d'autres vont suivre". 

Sébastien Debuisson en profite aussi pour régler ses comptes avec son conseiller financier Caisse d'Epargne, "incapable de venir en soutien aux "petits" commerçants. Ce sont des milliers d'euros versés l'année dernière en frais bancaire, sans aucune considération pour nous soutenir". 

"Je me fais du mal et je fais du mal aux autres"

Conscient de l'impact quotidien sur son moral et son état physique, Sébastien Debuisson considère "qu'il faut arrêter les dégâts pendant qu'il en encore temps", tout en se rassurant sur la qualité proposée au cours des deux dernières années, "si on avait fait de la merde, la situation aurait pu être compréhensible. Il suffit de voir les avis unanimes sur la pizzeria pour constater que ce n'est pas la qualité de notre service qui est mis en cause. Il n'y a plus personne en centre-ville".

"C'est sûr que nous on meurt en silence, mais c'est un vaste plan de licenciement qui est en cours. Bien sûr qu'il n'y a pas d'effet de masse, et ça passe inaperçu dans l'indifférence des pouvoirs publics".

"Je ne veux pas de cette vie là, ni pour moi, ni pour ma famille. On nous parle de réunion des commerçants, en les organisant un mercredi soir à 18h.. franchement !". 

Si Sébastien Debuisson tourne définitivement la page d'une activité commerciale en centre-ville, il n'oublie pas d'évoquer des pistes pour essayer de redynamiser les choses, "pourquoi ne pas faire le stationnement gratuit à Chalon", "pourquoi ne pas ouvrir l'accessibilité des rues piétonnes à la circulation le temps que les gens viennent manger", "pourquoi ne pas avoir une vraie politique fiscale incitative en faveur du centre alors qu'aujourd'hui tout est fait pour pousser le consommateur vers les zones commerciales en périphérie. Voilà je dis stop, c'est le moment avant le coup de trop". Et puis pour celles et ceux qui souhaitent prendre le relai...  [email protected]

Laurent GUILLAUMÉ