Edito

CARBURANTS - Les classes moyennes encore les dindons de la farce gouvernementale

CARBURANTS - Les classes moyennes encore les dindons de la farce gouvernementale

Alors que les prix de carburants français ont pris une claque ces dernières semaines et que la plupart des pays européens ont mis en place des mesures visant à limiter l'impact sur leurs concitoyens, la France s'enferme dans une logique mortifère. Le coup de gueule d'info-chalon.com

On a bien compris que les caisses de l'Etat sont vides même si ce sujet mérite une toute autre considération que ce qu'il se fait depuis des années, mais là n'est pas vraiment le sujet. Il y a quelques jours, GreenPeace France dévoilait  les "81,4 millions d'euros de bénéfices supplémentaires par jour en Europe, et 11,6 millions d'euros supplémentaires par jour en France" au profit des compagnies pétrolières. Si le débat depuis quelques semaines porte sur l'enrichissement de l'Etat, il convient par honnêteté de rappeler que la principale taxe sur le carburant, la TICPE (taxe de consommation) est un montant fixe par litre. Elle s’élève à 61 centimes par litre de gazole (67 centimes pour le sans-plomb 95-E10) et comme elle est fixe, elle n’augmente pas. Elle est étroitement liée au volume consommé en France. 

La vraie cerise sur le gâteau pour l'Etat est bien la TVA sur le produit, qui elle pèse sur le produit raffiné. Alors dire que l'Etat ne s'enrichit pas sur le dos de la crise pétrolière relève d'une malhonneteté intellectuelle notable. 

Sauf que ce que l'Etat prend en TVA d'un côté... l'Etat le perd sur le ralentissement de la consommation

Depuis des décennies, le maintien d'une toute petite croissance économique en France, repose quasi essentiellement sur la capacité des Français à consommer. Et c'est bien là le sujet dans toutes les têtes. Avec des carburants en hausse, les classes moyennes, les plus participantes à l'activité économique, sont les premières à lever le pied et à redéfinir leurs priorités, avec le risque de malmener encore un peu plus de très fragiles équilibres économiques. 

Pire encore, le gouvernement a dévoilé un certain nombre de mesures, s'adressant aux 3 millions de ménages les plus modestes,  ceux "qui travaillent, qui utilisent leur voiture pour aller travailler et qui sont sous la médiane du revenu imposable", a précisé mardi soir sur France 2 le ministre de l'Economie, Roland Lescure. Des mesures permettant de diminuer l'impact des carburants sur leurs quotidiens. Des ménages nécessitant bien évidemment une réelle attention mais pour la plupart non concernés par l'impôt sur le revenu. Un sujet central puisque la contribution des classes moyennes à l'effort national est plus que jamais pointé du doigt, alors que d'un côté comme de l'autre échiquier fiscal, la soustraction à l'impôt se généralise.  

Une stratégie mortifère qui ne fait que mettre dos à dos les Français, avec ce sentiment grandissant de voir une France tirée  vers le bas, avec le fameux sentiment "ce sont toujours les autres qui profitent des aides", "moi je n'ai le droit à rien si ce n'est celui de payer pour les autres", et on ne cesse de le dire ici, le sentiment d'injustice face à l'impôt n'est que le prémice à des lendemains qui déchantent.

Même si l'analyse peut-être cataloguée de populiste, il n'en demeure pas moins que la réalité est bien là. Avec des classes moyennes préférant remettre à demain leurs achats, frappées par l'anxiété mondiale et l'incapacité gouvernementale à les considérer à la hauteur de leur participation nationale, l'impact sur la consommation et la vie économique sera bien plus lourd à gérer que quelques dizaines de centimes au litre. A un moment, il faut faire des choix, et ce choix doit passer par la case classe moyenne. 

Laurent GUILLAUMÉ