Chalon /autour de Chalon

La femme a été clouée au pilori par Olivier de Benoist…

La femme a été clouée au pilori par Olivier de Benoist…

De retour à la salle Marcel-Sembat de Chalon-sur-Saône pour la énième fois (et la seconde pour ce seul en scène, après le 15 février 2025), Olivier de Benoist a fait des pieds et des mains ce jeudi 30 avril afin de démontrer avec acuité de quoi il en retourne au sujet du bonheur. Vaste sujet s’il en est, pas consensuel du tout ceci dit…

Les femmes en prennent plein les gencives

Rester tout ouïe devant l’humoriste aux lettres de noblesse, et prendre pour argent comptant ses paroles unilatéralement assassines, c’est l’assurance de transgressions de tous ordres à l’intérieur d’un monologue corrosif. Son excellente réputation d’ailleurs n’est plus à faire depuis longtemps, ladite salle étant remplie à ras bord, façon indirecte de lui délivrer un blanc-seing. Ensuite, advienne que pourra… Et tant qu’à être là, autant partir avec un aller simple vers des contrées qui n’appartiennent qu’à sa fantaisie discordante…Le torchon a brûlé de la première à la dernière seconde entre la gent féminine et lui, peu disposé à faire des concessions sur son niveau de considération. Et force est de constater que l’hypertonique Olivier de Benoist a toujours la dent dure à l’adresse de la femme, l’accablant de tous les maux dans le pire des cas, de maintes insuffisances dans le meilleur, ces êtres sans défense transformés en frêles esquifs voguant à vau-l’eau ! Il charge la barque, développe un long réquisitoire à sens unique, bref l’homme en général, ce sauveur de l’humanité, se pare de toutes les vertus !

La famille, point névralgique de ses actions de déstabilisation

Si son épouse ne bénéficie d’aucun traitement de faveur, sa belle-mère n’échappe pas également à ses propos vitriolés, vexatoires, à son cynisme sédentarisé, et ses enfants sont logés à la même enseigne, l’adolescence lui facilitant amplement la tâche…Qui aime bien châtie bien ? Dans les travées se range-t-on à son opinion de manière jouissive plus ou moins de bon gré, selon son sexe…On rit énormément de son impertinence, du malheur des autres –parfois donc de soi-même !- les interactions ont voix au chapitre, ses punchlines, répandues avec une régularité de métronome, sont extrêmement nombreuses, avec une stratégie récurrente : plus c’est gros, plus ça passe, selon la formule consacrée ! Secondé par son assistant moldave Torek de temps à autre, pas fute fute mais complètement dans le ton de la soirée, ainsi que par des clichés parodiés sur grand écran, le piquant artiste a pu se vider de sa substance maléfique, la conscience tranquille du devoir accompli. Son implacable détermination a du reste compté pour du beurre, attendu que pour « Le droit au bonheur », son dixième spectacle, il a récolté un ban bourguignon, les spectateurs-rices se levant pour crédibiliser son conditionnement de choc ! Le régional de l’étape, qui possède des attaches familiales dans la région tournugeoise, aura apprécié ce parachèvement du plus bel effet.

                                                                                                                 Michel Poiriault

                                                                                                                poiriault.michel@wanadoo.fr