Bourgogne

SPA de Gueugnon : Maud Colella reçoit la médaille de l’Ordre du Mérite agricole, une distinction qui honore dix ans de reconstruction du refuge

SPA de Gueugnon : Maud Colella reçoit la médaille de l’Ordre du Mérite agricole, une distinction qui honore dix ans de reconstruction du refuge

Vingt ans d’engagement au service des animaux abandonnés. Le maire de Gueugnon a remis ce samedi la médaille du Mérite agricole à Maud Colella, directrice du refuge Annie-Claude-Miniau (ADPA) depuis 2016.

Il y a des personnes qui travaillent dans l’ombre, loin des discours et des projecteurs. Maud Colella est de celles-là.

Au refuge SPA de Gueugnon, chacun la connaît simplement par son prénom. Depuis vingt ans, elle consacre son énergie aux animaux abandonnés. Les visiteurs la voient courir d’un box à l’autre, accueillir une famille venue adopter, rassurer un donateur, répondre au téléphone ou gérer une urgence vétérinaire. Pour elle, tout cela fait partie du quotidien.

Ce samedi caniculaire, pourtant, c’est sur elle que les regards convergeaient.

Le maire de Gueugnon, Dominique Lotte, lui a remis la médaille de l’Ordre du Mérite agricole, sollicitée par les services vétérinaires de Mâcon. Une reconnaissance officielle qui récompense le parcours d’une femme, mais aussi toute une aventure collective.

Autour d’elle étaient réunis Anne-Marie Magny, présidente du refuge, une grande partie des bénévoles qui font vivre l’association, des institutionnels… et une invitée très particulière.

Une surprise attendait Maud.

La romancière Valérie Perrin, marraine du refuge Annie-Claude-Miniau, a tenu à interrompre son agenda pour venir assister à cette cérémonie.

Sa présence en dit long sur les liens d’estime qui unissent les deux femmes.

20 ans au service des animaux du refuge

L’histoire de Maud avec le refuge commence en 2006.

Elle est alors embauchée comme soigneuse. Mais en 2012, les difficultés financières de l’association conduisent à son licenciement.

Trois ans plus tard, une bénévole la rappelle : « On a besoin de toi. » Nous sommes en 2015. Puis, en 2016, le refuge est placé sous mise en demeure. La situation est critique. On demande à Maud de prendre la direction du refuge.

« Aucun animal n’était identifié, aucune traçabilité donc. Les chats étaient malades… Il a fallu tout reprendre. Anne-Marie Magny s’est occupée de toute la partie administrative, moi des pensionnaires. Nous avons relevé nos manches et nous n’avons pratiqué aucune euthanasie de complaisance pour faire de la place. »

Depuis, le refuge s’est profondément transformé.

« Cette médaille appartient à toute l’équipe »

Lorsque le maire lui remet la distinction, Maud reste fidèle à elle-même : « Je suis honorée de recevoir cette médaille. C’est flatteur pour tout le travail qu’on fait. Mais elle revient à toute l’équipe. »

Les grands discours ne sont pas son style. Ceux qui suivent la vie du refuge savent pourtant combien cette récompense est méritée.

Les mots d’Anne-Marie Magny, présidente du refuge et partenaire de tous les combats, sont touchants : « Nous avons partagé des rires – ces moments où, malgré la fatigue, on trouvait encore la force de sourire. Nous avons partagé des larmes – quand la charge était lourde, quand l’avenir nous semblait flou, quand les animaux nous rappelaient combien la vie peut être fragile. Nous avons partagé des peurs – celles du lendemain incertain, des décisions difficiles, des combats à mener. »

Au fil des portraits d’adoption publiés par Infochalon, les témoignages des adoptants reviennent inlassablement : « Maud est d’une grande humanité », « Très professionnelle », « Toujours disponible. », « Très réactive ».

Oui, Maud inspire respect et confiance.

Une pensée pour « ses trois »

Dans son allocution, Maud glisse une phrase qui touche tous ceux qui connaissent son histoire : « À mes trois ».

« Je pense à Annie, ma complice au quotidien du refuge, à Valérie, qui nous a sauvés de multiples façons, et à mon père, Walter Colella », nous confie Maud.

Annie, c’est Anne-Marie Magny. Valérie, bien sûr, c’est Valérie Perrin. Son père, enfin, a consacré des centaines d’heures de bricolage au refuge pour améliorer le quotidien des animaux.

Ce « à mes trois » est aussi un clin d’œil complice aux lecteurs de Valérie Perrin. Dans son troisième roman, intitulé Trois, un personnage est directement inspiré de Maud. Les fidèles de l’écrivaine comprendront.

Par Nathalie DUNAND
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