Bresse

Aux Nuits Bressanes un soulèvement populaire pour l’extraterrestre (ou extralucide ?) Soprano

Aux Nuits Bressanes un soulèvement populaire pour l’extraterrestre (ou extralucide ?) Soprano

« Toute bonne chose a une fin ». Les Nuits Bressanes n’échappent pas à la règle, et c’est sur l’énorme prestation de Soprano que le clap de fin a retenti. Le Freedom tour y a été évangélisateur.

Un show total, des "coups de tonnerre" réguliers

La comparaison n’est pas déraisonnable, elle entérine juste le bel ordonnancement de la soirée du samedi 4 juillet, illustrant à merveille ce qu’il est possible de réaliser quand la grandeur d’âme le dispute à l’engagement plein et entier des forces vives, debout comme un seul homme dans la fosse (commune !) incandescente, avec les lumignons des portables pour autoriser la lumière à perforer la nuit noire. Sur scène les flammes sont montées au ciel, des acrobates ont médusé à qui mieux mieux, les musiciens ont choyé l’ambiance, et DJ Carlton, de même que les deux danseuses Andréa et Géraldine, ont remis le couvert. Mais aussi et surtout, Soprano, qui a émerveillé sa cour à l’aide d’une remarquable constance dans l’effort, ne prêchant pas que pour sa paroisse, exhortant ses propres croyants à une évacuation émotionnelle. Immédiate et sans restriction, pourvu qu’elle soit braquée sur le but recherché.

Le donnant-donnant donne la main au gagnant-gagnant

Avec les tubes « En feu », «Le coach», « Cosmo », « Roule », etc. le rappeur marseillais a les reins solides et pourrait voir venir en se frisant les moustaches. Le personnage est toutefois tout autre. Peu économe en matière de débauche d’énergie, il a apposé son sceau sur chacune de ses bons offices dûment calibrés. Par ailleurs peu avare en civilités, car l’artiste, volontiers la main sur le cœur et bon samaritain, pense à son prochain. Ainsi dédie-t-il une chanson aux courageux qui nous élèvent (« A nos héros du quotidien »), assurant également mordicus qu’il se révèle impératif de protéger les enfants des violences quelles qu’elles soient. S’il joue avec le karaoké, Il n’oublie pas de fustiger ce qu’il trouve inconvenant, à bannir catégoriquement (son titre « Hiro »passe à la moulinette les contrevenants). Son pouvoir revendicateur s’exprime aussi par le biais de la chanson « Allez tous vous faire… », le politiquement incorrect à perte de vue…A ce jeu-là Soprano est payé de retour. A chaque fois l’adhésion ne laisse pas de place au doute, la sarabande des bras levés se mouvant à gauche et à droite plus souvent qu’à leur tour dans une belle unité de temps, est un acquiescement de taille. A tel point que le qualificatif incroyable à l’adresse de ses partisans sort de sa bouche à plusieurs reprises, attisant la liesse générale.

                                                                                                                          Michel Poiriault

                                                                                                                          [email protected]