Chalon sur Saône

TRIBUNAL DE CHALON - Il propose du cannabis à un policier en repos

Par Florence SAINT-ARROMAN

Publié le 07 Juillet 2026 à 07h31

TRIBUNAL DE CHALON - Il propose du cannabis à un policier en repos

Le jeune policier adjoint profitait de son jour de repos pour faire du sport sur les équipements du square Chabas à Chalon, vendredi dernier. Ça s'est fini en bagarre. Il a dû appeler... la police.

 Dans le box, ce 06 juillet, un homme âgé de 32 ans, déjà 14 fois condamné, et comme pris dans sa situation pénale et son rapport aux lois, aussi sûrement que dans du béton. D'ailleurs, son adresse ? « Centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand. »

Il avait obtenu une mesure plutôt bonne : un placement sur un chantier d'insertion, pendant sa détention sous le régime de la semi-liberté (travailler en journée, dormir en prison). Sauf que, impulsif, dépendant à l'alcool, au cannabis et à la cocaïne, il se comporte facilement n'importe comment. De surcroît, il a des dettes et revend de la drogue pour faire un peu de sous.

Son potentiel client lui demande s'il a « une tête à fumer du shit »

Ce 3 juillet, il avait 22 grammes de cannabis sur lui et de l'alcool dans le sang. C'était pourtant son jour de « démarches de réinsertion ». C'est dans ce contexte qu'il aborde un homme qui faisait de l'exercice au square Chabas, et lui propose d'acheter du cannabis. 
Son potentiel client lui demande s'il a « une tête à fumer du shit ». Le revendeur monte immédiatement en pression. Il tente un premier coup de poing, esquivé. Le coup de pied est paré. Un dernier coup de poing atteint sa cible, laquelle riposte. 
La police intervient et interpelle le violent revendeur de substances illégales, mais pas sans mal. Tentative de fuite, résistance au menottage, puis insultes ciblées à l'encontre d'un des policiers.

Placé en détention provisoire hier, il est jugé en comparution immédiate ce lundi 6. Il avait trop bu pour avoir des souvenirs clairs de son vendredi. Son avocate plaide qu'il venait d'apprendre que sa mère est malade, à un stade avancé, d'où la biture. 
Maître Bibard rappelle que « les policiers ont, face à leurs devoirs, quelques droits dont celui d'être respecté ». 

« La société et les gens d'une manière générale, ne peuvent pas payer pour les difficultés de monsieur »

La procureur rappelle les conditions d'enfance et de jeunesse excessivement difficiles du prévenu. « Et il a connu la violence entre ses parents toxicomanes, mais la société et les gens d'une manière générale, ne peuvent pas payer pour les difficultés de monsieur. » Donc, si le tribunal a conscience de tous ces éléments, « monsieur a fait ses choix et continue à être impulsif et violent, et en proie à ses addictions. Sur les 14 condamnations : 8 pour violence. » La magistrate requiert la peine de 24 mois de prison avec mandat de dépôt. 

La défense plaide pour une peine avec un suivi à la sortie

Maître Bouflija plaide l'intérêt de la mesure de semi-liberté, « mesure investie », « il a travaillé ». « On ne peut pas reconnaître que quelqu'un a tenté de se prendre en main pour lui dire ensuite que c'est trop tard et que la seule issue pour lui, c'est la détention. Le juge de l'application des peines avait une vision globale : les difficultés étaient là, les addictions connues, mais on veut l'engager dans la réinsertion. » Sans mésestimer la gravité de l'agression puis des outrages, l'avocate estime que la peine requise est bien trop lourde puisqu'un débat s'annonce devant le JAP avec certainement le retrait de la mesure de semi-liberté. Elle plaide pour un sursis probatoire qui accompagnera la sortie de prison et maintiendra le prévenu sous main de justice.

Le prévenu réitère ses excuses à l'endroit des policiers. « Je suis vraiment désolé, c'était pas comme ça que j'avais prévu ma journée. »

20 mois de prison ferme avec maintien en détention – peine sèche

Le tribunal relaxe le prévenu de la prévention de rébellion : il a résisté, oui, mais « cacher ses mains ne suffit pas à établir le caractère violent nécessairement attaché à la rébellion ». Le tribunal dit le prévenu coupable du surplus et le condamne à la peine de 20 mois de prison, avec maintien en détention. 

Les deux policiers (celui au repos victime d'agression, et le policier qui a procédé à l’interpellation) sont reçu en qualité de parties civiles. Le condamné devra indemniser chacun pour son préjudice moral, à hauteur de ce que le tribunal a fixé.