Chalon sur Saône

Henri Weigel, fin observateur, passé maître du roman policier, rencontrera ses lecteurs à Chalon-sur-Saône

Le Lauréat du Prix Maurice Bouvier / Roman policier 2017 a bien voulu répondre aux questions d'infochalon.com...

Après 'Le côté sombre de la loge' et 'Les héritiers de la loge', 'Boomerang meurtrier / La troisième porte de loge' le dernier tome de la trilogie de l'auteur qui a passé toute son enfance dans le Jura, remporte le prestigieux Prix Maurice Bouvier / Roman policier 2017. Celui qui "tout au long de sa carrière a été le créateur de systèmes organisationnels optimisés", occupant de hautes responsabilités dans de grands groupes puis devenant Chef d'entreprises, se consacre avec succès, dès la retraite venue, à l'écriture de recueils d'énigmes et de romans policiers ! L'interview : 

Comment l'écriture s'est-elle imposée à vous ?

Dès l’enfance, nos parents nous ont mis dans les livres, maman était une grosse lectrice. Puis l’expression écrite m’a permis de surmonter une certaine timidité dans les rapports aux autres.
J’ai écrit un premier roman à l’âge de 18 ans.
Tout au long de ma carrière j’ai rédigé des dossiers techniques et économiques.
Un jour j’ai été convoqué par un conseiller du ministère de l’industrie qui avait sur son bureau un dossier dont j’avais été l’auteur. Il m’a alors dit : « En fait, je n’ai pas grand-chose à dire sur ce dossier. Je voulais simplement rencontrer son rédacteur pour voir sa tête. Vous avez un sacré pouvoir de persuasion et un vrai talent d’écriture… Vous devriez écrire des romans ! »

J’ai toujours eu envie de le faire.

Il y a quelques années, j’ai cessé mon activité professionnelle et j’ai donc commencé à écrire, d’abord des petits recueils d’énigmes puis un premier roman « Les vérités soustraites », une trilogie policière en fait. Depuis, je n’arrête plus.

Quelles sont, selon vous, les qualités que doit posséder un auteur de littérature policière ?

S’attacher à la vraisemblance dans ses intrigues. Trop de livres et encore plus de films ou téléfilms dévoient la réalité en montrant des policiers qui n’ont de policier que le nom, d’escrocs qui ont de vraies « têtes de bandit de grands chemins » ou de tueur qui ferait peur au diable lui-même, alors que les escrocs ont la tête de monsieur tout-le-monde et je suis convaincu que rarement un policier dira qu’il a arrêté un tueur à la tête de Joey Starr (TF1 le 7 novembre 2016, La Main du Mal).
J’ai personnellement besoin que mes intrigues soient jugées comme crédibles.

En quoi votre expérience professionnelle est-elle une aide ?

Ma formation technique d’abord puis mon implication dans la gestion d’entreprises et enfin mon évolution vers le monde financier, ont développé en moi des aptitudes de pragmatisme, un sens développé de l’observation et un goût de la stratégie en plus d’une bonne connaissance du monde des affaires que j’utilise dans mes intrigues.

Vous avez voulu pour 'Boomerang meurtrier' développer plus avant la personnalité de vos personnages, pouvez-vous nous en dire plus sur ce choix ?

Certains de mes personnages sont plus pervers les uns que les autres, notamment Brunnberg et Bruno Lièvre. Il y a aussi les profiteurs. C’est le cas des Berger autant qu’ils sont, bien que j’aie essayé d’en faire de sympathiques escrocs, assassins uniquement pour la circonstance. J’ai toujours été très observateur du monde qui m’entoure et je me sers de faits dont j’ai eu connaissance dans mon histoire personnelle, des personnages que j’ai connus et ensuite j’assemble chaque élément comme des matériaux de construction. Enfin, j’ajoute les morts et pour cela, je suis souvent entrainé par mes personnages eux-mêmes.

'Boomerang meurtrier / La troisième porte de la loge'' est votre 8e roman. Que ressent-on lorsqu'on est lauréat du Prix Maurice Bouvier / Roman policier 2017, pour avoir respecté avec exactitude les règles judiciaires, policières et d'instruction remises par un collectif d'anciens Hauts Fonctionnaires de la police et de la justice française ?

Depuis que je présente mes romans dans les milieux de la littérature policière, je fréquente par obligation des personnes, auteurs, organisateurs de salons du polar, éditeurs, communicants spécialisés, qui exhalent une certaine « suffisance » dans leur art, n’hésitant pas à faire sentir que n’étant pas un « nom », vous ne pouvez prétendre à une quelconque considération. Lorsque j’ai reçu de Jacques NAIN (ex commandant de l’antigang au 36 quai des Orfèvres et actuel directeur du Prix Maurice Bouvier), l’appel téléphonique m’informant que j’étais le lauréat 2017, j’ai été quelques instants étonné que mon roman ait pu être reconnu, de par ses critères de crédibilité, de son intrigue, du parfait respect des procédures judiciaires et du monde de la police, en plus de sa qualité rédactionnelle. Durant les jours précédents mon arrivée au casino de Valras-Plage, mon angoisse n’a cessé de croître. Je me suis posé mille questions sur la manière de me présenter devant ceux qui ont stoppé Mesrine, arrêté des grands noms de la criminalité, Patrick Henry, Albert Spaggiari, parmi bien d’autres. Mais le 12 novembre 2016, ce sont des personnes d’une très grande simplicité et immense gentillesse qui m’ont accueilli. Lors de la réception, ils m’ont tous fait sentir que non seulement ils étaient fiers d’avoir élu mon roman au titre du prix Maurice Bouvier, nom particulièrement respecté dans leur famille, mais qu’ils me reconnaissaient désormais comme l’un des leurs.
Après la réception, au cours du dîner auquel mon épouse et moi avons été conviés, l’atmosphère s’est encore plus relâchée et des anecdotes, souvent très drôles, ont été racontées comme dans une réunion d’anciens collègues.
Oui, j’ai ressenti une réelle fierté d’être reconnu comme un auteur crédible de roman policier par de vrais flics.

Un petit mot sur vos futurs projets... 

Je viens de terminer la suite de mon roman précédent « Le Glaive de Némésis » qui s’appelle « Le Réveil de Némésis » et qui sortira à l’automne. Je vais poursuivre par un 3e opus qui clôturera cette nouvelle trilogie de Némésis.

Henri Weigel rencontrera ses lecteurs samedi 13 mai, à partir de 15h, lors d'une séance de dédicaces organisée à la Librairie Gibert Joseph - 11, rue Général Leclerc à Chalon-sur-Saône. Renseignements : Tél. 03 85 90 85 00

Photos transmises par Henri Weigel 

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