Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Il agresse physiquement et sexuellement sa compagne.. il termine en prison avant son jugement

Il a l’âge du Christ sur la croix, encore jeune mais adulte. Ses croix à lui ont déjà plombé son casier judiciaire, et l’amènent cette fois-ci en comparution immédiate. Plutôt assuré, et plutôt en colère contre celle qui est devenu son ex depuis que le 8 janvier dernier le juge des libertés et de la détention l’a placé en détention provisoire. Les mines des membres de sa famille placés au fond de la salle vont se décomposer au fur et à mesure que l’audience de ce 10 janvier se déroule.

La victime et le prévenu sortent ensemble depuis deux mois et vivent ensemble depuis 1 mois ½, lorsqu’une scène violente entre eux provoque la venue de la police à leur domicile, le 5 janvier dernier. Elle lui a donné une gifle, il a répondu par un coup de poing qui lui casse une dent. Le lendemain, elle déclarera à la police qu’en fait il y a eu claque, coup de poing et de pied, et fellation sous contrainte. Son compagnon est poursuivi pour violence aggravée (sur conjoint et en état d’ivresse) et agression sexuelle par conjoint.

Madame vient à la barre dire qu’elle veut se constituer partie civile, et demandera un renvoi sur intérêt civil, et qu’en attendant elle voudrait une interdiction de contact. Elle a conservé un domicile dans une commune proche, mais refuse de donner son adresse : elle ne veut pas qu’il sache où elle vivra, « mais je ne souhaite pas qu’il aille en prison ». Soit. La prévention d’agression sexuelle impose une expertise psychiatrique avant jugement, donc le tribunal va renvoyer et statuer sur le sort du prévenu.

Maître Sarikan n’est pas au courant, mais la présidente Verger lui indique que la réquisition du procureur est portée au PV n°23. Il plaidera pour un contrôle judiciaire, car son client travaille de façon régulière et en atteste. « De toute façon je ne veux plus la voir, lance le prévenu. Alors je ne chercherai pas à la voir, hein. » Mais à son casier on trouve 2 condamnations pour violences, 2 condamnations pour conduite sous l’empire de l’alcool : violence et alcool, voilà ses croix, d’autant plus que la première n’est pas nécessairement dépendante du second. Le couple se piquait la ruche. Chaque jour, une bouteille de whisky à deux, on partage ce qu’on peut (et c’est dit sans ironie). « Mais quand je suis au travail, je suis bien », lance-t-il au tribunal, histoire qu’on comprenne que l’alcool n’était pas son seul toxique dans l’histoire.

Dominique Fenogli, substitut du procureur, estime qu’il y a un risque de renouvellement d’infraction. Du reste, le juge d’application des peines s’est dit favorable à une révocation d’un sursis, quand monsieur sera jugé. « Il commet des violences en état d’ivresse pendant son sursis mis à l’épreuve, et commet une agression sexuelle qui frise la procédure criminelle », insiste le substitut qui requiert son maintien en détention provisoire. 

Le tribunal renvoie le jugement au 4 février, et ordonne le maintien en détention provisoire du prévenu, « pour empêcher le renouvellement de l’infraction, et empêcher toute pression sur la victime ». La victime a versé son visage dans sa main gauche, son ex va passer un mois en prison.

Florence Saint-Arroman

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