Politique de droite

A Tournus, l'adjoint à la culture rend son tablier... mais reste au conseil

En forme. Les vacances estivales ont été profitables aux conseillers municipaux de Tournus. Majorité et opposition ont repris leurs rôles avec une énergie renouvelée. Au menu de ce conseil municipal, la démission du poste d’adjoint à la culture de Sébastien Rouget et de nombreuses passes d’armes, notamment sur l’aménagement du port de plaisance et des quais, la dépollution d’un site industriel. Avec, toujours et en fil rouge, la demande jamais pleinement satisfaite des oppositions d’être davantage associée via des commissions à l’examen des projets.

Ils sont de retour et ils n’ont pas changé. A 19 h 50, hier mardi, presqu’une heure après le début du conseil, le point 1 n’avait pas encore été abordé par l’assemblée tournusienne. Elle se penchait avec force questions, sur le suivi des subventions d’équipements, depuis l’exercice 2014. Beaucoup de questions et demandes de précisions ont jailli des rangs de l’opposition, notamment au sujet des « notifications négatives » reçues, c’est-à-dire du niet des organismes sollicités pour divers projets, comme la requalification des quais de Saône en 2016 auprès du Fonds de soutien à l’investissement local.

C’est dans cette ambiance dynamique de ping-pong verbal, que le conseil a suivi son cours. A l’ordre du jour, au point 4, la démission de Sébastien Rouget du poste d’adjoint à la Culture, qui reste toutefois fidèle à Claude Roche et en place au conseil municipal. Ce jeune professeur d’histoire, venu des rangs de la gauche militante contestataire, sinon révolutionnaire, avait décidé lors de la dernière compagne de rejoindre les rangs plus droitiers de l’équipe de Claude Roche, ce qui n’avait pas manqué de surprendre chez ses anciens camarades. « Je suis d’une gauche introuvable mais pas de droite » a synthétisé l’élu dans son laïus de départ.  Au fil des conseils, avec M. Pichon, le jeune adjoint à l’urbanisme pur LR, il s’affirmait - du moins verbalement - comme un soutien très fidèle du maire, sinon un membre de la jeune garde. Voilà plusieurs mois que la rumeur tournusienne faisait état de ses velléités démissionnaires. Cette même rumeur maligne chuchotait aussi que, las d’essuyer des refus systématiques du maire à sa volonté de laisser sa délégation, le jeune homme aurait directement écrit au Préfet. Qui a, procédure oblige réceptionné sa demande en juin dernier.

« Je ne démissionne pas pour des raisons politiques, a précisé d’entrée l’ex-adjoint, toujours très en verve. Si les murs pouvaient parler, ils résonneraient certes des éclats de voix entre Claude Roche et moi, mais aussi de nos éclats de rire. Si j’ai suivi Claude Roche en 2014, c’est parce que j’ai perçu chez lui une synthèse entre un souci d’efficacité économique et de justice sociale. » Bref, l’ancien adjoint exprime « une lassitude, un désintérêt du jeu politique » sans préciser davantage, remercie Claude Roche d’avoir fait confiance à la fois à sa personnalité et à sa jeunesse. « Claude Roche voit cette ville grande mais cette ville s’obstine à se voir petite » a analysé l’enseignant, qui a souligné ce « décalage » fondamental et a,  à très grande vitesse, évoqué une question de « méthode ». Il a remercié les agents divers de la Ville et les élus et a espéré que la culture « ne se soit pas traité comme un prétexte mais comme un vrai sujet politique ». Il a aussi insisté pour que le projet de bibliothèque intercommunale, qui lui tient particulièrement à cœur, soit mené à terme. Quelques applaudissements ont fusé du public, Claude Roche a loué les qualités de son ex-adjoint mais pour l’instant, ne le remplace pas. Il a réparti sa délégation entre deux autres élus : Fabien Cler, chargé du tourisme (Musée et bibliothèque)  et Victor Da Silva (cinéma et école de musique).

Un non-remplacement, qui a évidemment fait bondir l’opposition. « Concrètement, qui hérite de la délégation culture ? On n’a plus personne pour porter un projet cohérent et global ? Il n’est remplacé par rien ? » a questionné Julien Farama, d’Agir Autrement.

  «A Cluny, il n’y a pas d’adjoint à la Culture non plus et ça fonctionne bien ! » a résumé le maire, qui puise souvent son inspiration ailleurs. « Il n’y a pas de commission culture non plus chez nous, remarquez, a soupiré Viviane Martins-Baltar. Sébastien était un soutien du cinéma municipal, que va-t-il en découler ? Devons-nous nous inquiéter pour son avenir ? » M. Rouget a ensuite tenu à modérer cette position. Pour la répartition de la délégation Culture entre deux autres adjoints, l’opposition dans toutes ses composantes a préféré s’abstenir pour le vote. M. Meulien a précis é que si Fabien Cler avait pris l’ensemble de la délégation, il aurait volontiers voté pour lui…

 

Florence Genestier

 

A suivre : les débats sur la convention avec la société Rexam en vue de la démolition de bâtiments Quai Bardin, les échanges nerveux sur les projets sur les quais, la volonté affichée du maire de décompter la parole de l’opposition lors des prochains conseils...

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