Chalon sur Saône

Jean-Claude Mailly : « je dis aux militants de FO de ne pas faire leurs courses le dimanche »

Jean-Claude Mailly : « je dis aux militants de FO de ne pas faire leurs courses le dimanche »

A l’occasion de la venue du leader du syndicat FO en Saône-et-Loire ce mardi, Jean-Claude Mailly fait le point sur le climat social français pour info-chalon.com.

 

Ce mardi, votre première étape sera consacrée à la pénibilité chez la SNECMA au Creusot. Qu’allez-vous dire aux salariés ?

Il y a des négociations sur ce point en cours dans l’entreprise je vais donc d’abord discuter avec eux pour voir où elles en sont, et s’il y a des insuffisances. Il faut regarder de près l’aspect des conditions de travail pour éviter que les salariés se retrouvent en conditions d’usure prématurées. Pour ça il faut non seulement une loi cadre au niveau national mais aussi des négociations branche par branche en fonction de leurs spécificités. Il faut par exemple que les salariés puissent partir en retraite plut tôt quand leurs conditions de travail sont pénibles. Or, avec la réforme du gouvernement, ils pourront au mieux s’arrêter à 60 ans au lieu de 62. 60 ans c’était déjà l’âge limite avant, donc il n’y a pas de progrès. François Hollande ne peut pas dire que sa priorité c’est les jeunes et leur faire avaler qu’ils travailleront plus longtemps. 

Globalement comment qualifiez-vous le climat social actuel en France ?

Il est très dégradé. Les fortes attentes dans différents domaines n’ont pas eu de réponse comme le pouvoir d’achat. Un gouvernement a des responsabilités sur le SMIC - qui n’a pas eu de coup de pouce - le salaire des fonctionnaires – gelé - et la fiscalité – qui épargne les entreprises mais alourdit les impôts des ménages. De plus la croissance n’est pas assez forte pour permettre une inversion de la courbe du chômage. Elle devrait au moins atteindre 1,5% et on en est loin. Si le chômage finit par baisser en fin d’année, ce sera uniquement à cause des emplois aidés. De toute façon, cette inversion je n’y ai jamais cru…

Parmi les dossiers chauds de la Saône-et-Loire il y a la fermeture prochaine de Daucy Ciel, une usine pourtant rentable. Ca vous inspire quoi ?

Daucy dépend du groupe Cecab qui ferme aussi les abattoirs Gad en Bretagne. Je ne connais pas précisément ce dossier mais cela fait des mois que l’on a tiré la sonnette d’alarme à propose du secteur de l’agroalimentaire qui est très perturbé et souffre d’un fort dumping social.

Vous allez aussi visiter l’Hôtel Dieu du Creusot, récemment sauvé et où vous aborderez le maintien des services de proximité… 

Il faut se battre pour ça. Le service public ce n’est pas que la région. Si on veut maintenir une activité économique dans les territoires, il faut des services publics, c’est une réaction en chaîne. Quand un hôpital perd ses urgences et sa maternité ça devient un établissement pour personnes dépendantes, ni plus, ni moins. Et mécaniquement ces fermetures entraînent le départ de médecins libéraux et la création de déserts médicaux.

Dernier point qui vous tient à cœur et que vous aborderez à Carrefour Chalon Nord : le travail dominical…

Je dis à mes militants de ne pas aller faire leurs courses le dimanche. Nous pensons que la règle ça doit être la fermeture des commerces, et leur ouverture l’exception. Que les activités de culture et de loisirs ouvrent, c’est légitime. Mais depuis 2008, on observe une tendance à la dérégulation. D’abord dans l’ameublement puis le bricolage... Le jour où le travail du dimanche sera banalisé les gens ne viendront plus dans les commerces. Si tout le monde est ouvert ça divise aussi les chiffres d’affaires. Il faut faire travailler les services de sécurité et d’entretien. Autant de salariés qui vont du coup potentiellement devoir faire garder leurs enfants… Etcetera. Qu’on prenne exemple sur l’Allemagne où tout est fermé ! 

Propos recueillis par Olivier COLLET