Chalon sur Saône
Le meilleur des Chevaliers du Fiel va bientôt être lustré à Chalon
Publié le 21 Novembre 2013 à 17h55
Francis Ginibre a répondu aux questions d'info-chalon.com. Ce « Best ouf » du mardi 26 novembre à Chalon se jouera à guichets fermés. La rançon de la gloire !
Ca marche très fort pour eux en ce moment, et les compères toulousains n’entendent pas en toute logique mettre un terme à cette série victorieuse. A Chalon salle Sembat le mardi 26 novembre à partir de 20h30, les duettistes des Chevaliers du Fiel vont continuer sur leur lancée et montrer de quel humour ils se chauffent ! Gare alors à la brutale mais irrémédiable décompression de leurs vis-à-vis!
La fine fleur de leur patrimoine humoristique sera passée en revue, avec des moments d’anthologie qui remonteront très vite à la surface pour planter le décor. Le registre de ce soir-là ne se cantonnera toutefois pas aux prairies verdoyantes d’antan, d’autres échantillons de blagues à rallonge devraient jouir d’un grand crédit auprès du public, au nom du « panachage ». De toute manière les défauts dont sont affublés nos contemporains vivront un sale quart d’heure : les préjugés, les absurdités, la bêtise, les postures, on en passe et des meilleures ! Francis Ginibre, le moins grand des deux (l’autre étant l’auteur Eric carrière), s’est jeté à l’eau pour répondre à nos questions. Sa vie artistique est un long fleuve impétueux.
Comment a été perçu jusqu’à présent ce « Best ouf » que vous incarnerez à Chalon-sur-Saône ?
« C’est un succès énorme ! On a attaqué le spectacle il y a un an et demi. Ca a commencé par un mois à La Cigale à Paris (c’était complet). Après il y a eu la tournée de la première saison, conclue par trois Palais des Sports à Paris (là aussi c’était complet), et ensuite une autre tournée a démarré. Partout où on passe il y a du monde : mardi soir à Angoulême 3200 personnes, mercredi soir à Châteauroux plus de 2500, 4000 ce jeudi soir au Zénith de Limoges…Ce sont deux heures de show continu très rock’n’roll, très pêchu… »
A l’applaudimètre, quels sont les sketchs qui font fureur ?
« Comme pour les chanteurs, les gens ont toujours plaisir à retrouver les tubes : ici, « La Simca 1000 », « Les chasseurs », « Les gitans », « les employés municipaux »…Ils les connaissent par cœur, donnent presque les répliques avant nous… On a incorporé de nouveaux sketchs, et ils n’ont pas à pâtir d’un niveau différent d’applaudissement ».
Y a-t-il des textes que vous préférez jouer ?
« Généralement on est toujours en accord avec ce qu’on joue. On retire ceux que l’on n’aime plus, lorsqu’il y a moins de fraîcheur ou de la lassitude, on les laisse reposer, avant d’éventuellement les reprendre. Du fait que l’on tourne plusieurs spectacles en même temps, eh bien on a plaisir à évoluer sur scène ».
Seriez-vous des chevaliers errants soucieux de mettre le doigt là où ça fait mal dans la société ?
« Ce n’est pas que ça. Oui, bien sûr. Grâce à notre position de comiques, les gens ont la possibilité de rire de choses qui ne les font pas rire d’habitude : les impôts, le fisc, la politique, etc.). En prenant du recul et en tournant en dérision on décrispe les situations. On parle de choses qui font partie de la vie quotidienne. Prenons par exemple les discussions avec sa coiffeuse, tout le monde connaît ça. Ou l’actualité, décryptée par Emile et Fernand, les employés municipaux, qui sont des personnes hors norme… ».
Comment expliquez-vous la longévité de votre duo ? Quelle en est l’alchimie ?
« L’alchimie, on ne la connaît pas, car on ne se ressemble pas. Malgré tout, on a plein de choses en commun, on est indissociable. On s’amuse beaucoup ensemble, et toujours. On ne triche pas, il y a une complicité assez évidente, ça ne s’explique pas. C’est la loi de Darwin ! »
Existe-t-il une recette pour faire rire ?
« Non, il n’y en a pas. Déjà, on serait plus nombreux chez les comiques. Il faut avoir une complicité avec les gens, casser la distance. L’humour, ce n’est pas quelque chose de facile à partager. C’est comme une bande de copains : il faut du temps à un nouveau venu pour s’intégrer parfaitement. Il faut également que le public apprenne à vous connaître. Les gens ont compris nos codes, ils sont entrés dans notre univers. On a mis du temps, on a fait notre chemin petit à petit, mais la base est solide ».
Estimez-vous avoir atteint votre âge d’or ?
« Ce qu’on vit actuellement, c’est vraiment super, mais j’espère qu’il est devant nous ! En tout cas on est plein de projets. Je ne vois pas pourquoi ça s’arrêterait là, ou que ça serait notre point culminant ».
Etes-vous surpris par votre succès ?
« Les gens nous aiment, à chaque fois que l’on fait un nouveau spectacle il faut être à leur hauteur. Si nous restons nous-mêmes nous ne pouvons pas les décevoir. Autrement dit, ne perdons jamais de vue la complicité et l’authenticité ». On a gravi les marches une par une, ça ne nous est pas tombé dessus d’un coup. Nous ne sommes pas surpris, mais heureux de ce succès. C’est toujours réjouissant et terriblement euphorisant d’avoir des gens qui vous aiment, vous applaudissent, vous croisent dans la rue en vous appelant par votre prénom. On mesure tous les jours le parcours et la chance que l’on a. On profite de chaque instant ».
Et si votre carrière était à refaire ?
« Je pense que nous disposons maintenant de quelques secrets qui nous permettraient d’aller plu vite. Peut-être aussi que nous éviterions certains écueils de nos débuts. Grosso modo, on a effectué des choix qui se sont avérés payants dans la durée. Nous avons monté notre boîte de prod’, nous sommes en marge de la vie parisienne… ».
Comment se déroule votre premier long-métrage ?
« C’est fini. Actuellement c’est au montage, une période qui doit durer trois mois, et après ce sera le mixage. La sortie est prévue en 2014. Nous avons repris l’idée de notre ancien spectacle « Repas de famille », qui constitue un huis clos familial lors duquel pas mal de sujets sont abordés, avec la question suivante : qui va garder mamie à Noël ? Eric et moi interprétons les deux beaux-frères, l’un de gauche et l’autre de droite. Eric a pour femme Lorella Cravotta, une ancienne des Deschiens, et moi Noëlle Perna, alias « Mado la Niçoise «. Joël Cantona en chef des gitans, Artus (humoriste qui travaille avec Ruquier), Yves Pujol sont les autres acteurs principaux ».
C’est d’ores et déjà complet !
Ce « Best ouf » du mardi 26 novembre à Chalon se jouera à guichets fermés. La rançon de la gloire !
Michel Poiriault
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