Grand Chalon
La dette du Grand Chalon... ? parlons-en...
Publié le 14 Décembre 2013 à 07h47
Les élections municipales approchant, ce dernier conseil communautaire de la mandature actuelle devait à un moment ou un autre avoir une connotation un peu différente des précédents. Et c'est Eric Mermet, Président du groupe Réflexion, qui a attaqué la majorité sortante sur la dette du Grand Chalon. Une attaque qui aura permis à Christophe Sirugue de rappeler le bilan du Grand Chalon à son arrivée en 2008.
Pour la première fois en l'espace de la mandature Sirugue, le groupe Réflexion, piloté par Eric Mermet, se sera abstenu sur le budget proposé par le Grand Chalon. Une attitude qui a eu de quoi laisser perplexe bien des observateurs aguerris de l'exercice communautaire. Peu importe, l'adjoint au maire de Crissey et candidat déclaré aux prochaines municipales a reproché à Christophe Sirugue le fait que "l'enjeu de l'intercommunalité est trop important pour le laisser dériver vers les conflits politiciens". Eric Mermet a demandé " à s'interroger sur le déficit de notoriété du Grand Chalon et sa relation avec les communes et l'ensemble des conseillers municipaux qui participent à ce projet communautaire. Sur la question budgétaire, le Président du groupe Réflexion a dénoncé le recours à l'emprunt de 9 millions d'euros. Des accusations d'absence de gouvernance collégiale qui n'ont pu rester sans réponse de Christophe Sirugue.
"On a participé de l'évolution substantielle de l'organisation du territoire collectivement" a répondu Christophe Sirugue, rappelant le rôle des pères fondateurs de l'intercommunalité chalonnaise, que sont Roger Leborne et Dominique Perben. "On a su ensuite faire évoluer cette communauté de communes en un outil en direction de nos populations. Le débat a été long entre nous pour y arriver. On a fait le tour des conseils municipaux pour expliquer le projet communautaire. On a eu l'anticipation ce que sont les textes en cours de discussion. L'évolution des compétences qu'on a décidé sera demain sur la base d'un vote qui n'aura pas besoin de l'unanimité des communes. On a tous participé à l'évolution du Grand Chalon. L'essentiel des votes nécessité la majorité qualifiée des deux tiers soit la majorité totale.
"Quand j'entends dire des collègues... oui mais j'ai moins de compétences qu'avant !"
"Je pose l'éternelle question. A quoi ça sert d'avoir des compétences si on n'a pas les moyens de les exercer. C'est ça le problème qui est posé ! C'est pas d'aligner les compétences mais la capacité à faire. On a dit qu'il y a des sujets qu'on ne peut faire seul. Dans la prochaine mandature... ce ne sera pas possible !" a prévenu Christophe Sirugue.
"Le mode d'élection change la donne. La politisation va inévitablement basculer dans les structures intercommunales. J'espère qu'on évitera que s'installe un débat excessif, mais à partir du moment, où les oppositions siègeront au sein de l'intercommunalité, vous aurez une transcription des débats communaux au sein du conseil communautaire. C'est un plus pour la démocratie et c'est tant mieux mais ça changera fondamentalement le fonctionnement de l'intercommunalité. Je me félicite d'avoir anticipé ces changements.
"C'est ce mandat là qui a géré l'après-Kodak... pas un autre !"
Face aux accusations de ses détracteurs, Christophe Sirugue a tenu à rappeler le contexte dans lequel a été exercé cette mandature. "C'est ce mandat là qui a géré l'après Kodak, et pas un autre !". "Quand une entreprise aussi importante fait une erreur de stratégie.. qui paye les conséquences ? Qui sinon les collectivités. Dois-je rappeler comment a été construit le contrat de site de 163 millions d'euros ? Combien y avait-il d'entreprises dans ce contrat ? C'est bien cette structure intercommunale, aidée par l'Etat, la région, le Conseil Général... qui a porté l'après-Kodak. Quand on investit dans tout ce que demandent les porteurs de projet, c'est bien ça l'enjeu. On a réussi quelques implantations non négligeables. On a mis en place une idée de ce que devait être le développement économique. On a d'abord dépensé sur le développement économique et c'est tant mieux.
"De 2007 à 2008, l'encours de la dette a pris 13 millions d'euros "
En 2007, l'encours de la dette était de 22,6 millions d'euros. En 2008, 35,11 millions. En 1 an, plus 13 millions d'encours de la dette. Et ce n'est pas moi qui a voté le budget. En un an, d'accord !! Et aujourd'hui, en dehors des transferts, on est à 50 millions d'euros. En six ans, on a fait plus 15 millions d'euros alors qu'un un an il avait été fait plus 13 millions d'euros.. et on vient nous expliquer qu'on a endetté la structure du Grand Chalon. J'avais dit en 2008, par respect pour Dominique Juillot, que je ne ferai pas le procès de la dette mais je vais le faire. Sur la déviation de la rue du bourg de Châtenoy le Royal, on a payé 5,2 millions d'euros, sur la seule déviation ! Cette déviation qui n'a servi à rien d'autre que de dévier le bourg de Châtenoy même si au demeurant c'est important, même si on ne peut pas dire que la fréquentation soit importante. Le prolongement de la rocade 10 millions, le centre nautique 13 millions d'euros... Je ne les conteste pas. Mais les nôtres, ceux que je porte.. ? Je vous renvoie aux chiffres. On a porté notre part du recours à l'emprunt. En 2008, il y avait 7 millions d'euros d'emprunt inscrit. Nous le maximum qu'on a inscrit, c'est 10,1 millions d'euros. A force de donner des leçons sur la bonne gestion, je vous engage à regarer les chiffres. On doit être collectivement responsables d'avoir investi pour porter des projets communautaires. On a emprunté pour de l'investissement. En 2014, le remboursement d'emprunt sera de plus de 4 millions d'euros. On fait le pari que nous ne pouvions pas être au rendez-vous de porter le développement économique en investissant 100 millions d'euros. Et on a eu raison ! Je n'ai pas de doute sur l'orientation générale".
10 conseillers se sont prononcés contre le budget, 10 ont préféré s'abstenir.
Laurent Guillaumé
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