Chalon sur Saône

Une vraie-fausse créature qui sera l’œuvre du plus grand nombre

Une vraie-fausse créature  qui sera l’œuvre du plus grand nombre

D’ici quelque temps, très peu en définitive, on va voir la vie en grand à Chalon, au motif de marionnette hors de proportion en osier qui risque d’en boucher un coin à plus d’un. Pas pour régner en maître absolu de manière fugace sur ses sujets, mais bien davantage afin de marquer les esprits en délivrant des messages clairs ou sibyllins à l’attention de tous.

Electrons libres, groupes formellement constitués, ou jeunes apprenants, ça percute de partout

Certes, en tout et pour tout, entre la conception, la fabrication, la touche finale, les répétitions, réglages, et  les apparitions en mode « guest star » lors du Quartier de lune des Aubépins (du 9 au 12 avril), il n’y aura « que » cinq semaines  de consommées (en trois sessions : du 12 au 26 janvier, du 17 février au 2 mars, du 1er au 9 avril) sous l’égide du maître d’ouvrage (l’Abattoir/ Centre national des arts de la rue), et le contrôle de la Compagnie L’homme debout. Une durée néanmoins suffisante pour créer un événement de taille rassembleur à souhait, à l’image d’Eléonore, qui a arpenté le pavé chalonnais en juillet dernier lors du dernier Chalon dans la rue. A l’heure actuelle au stade des prémices, les dessins de la silhouette ayant autorisé quand même le top départ. Membres du corps les plus importants et les plus faciles à réaliser, les cuisses sont la partie à créer en premier. La difficulté ira crescendo, pour finalement terminer par la tête. Le suspense est d’ores et déjà levé : il s’agira d’une femme âgée de 35 à 60 ans. Celle-ci (7,50 m de haut pour un poids de 70 kg) serait en mesure de courir, par conséquent dotée d’un dynamisme et d’une liberté d’action à toutes épreuves. Outre les apparences d’une féminité qui s’imposera à l’œil, le féminisme devrait tirer les marrons du feu. Pour l’instant le futur colosse aux pieds d’argile n’a pas de prénom, d’ailleurs il pourrait fort bien conditionner le reste, c’est-à-dire le début d’une histoire et d’une personnalité qui seront les siennes.

L’antre où les idées fusent et la dextérité s’opère est le gymnase de l’école Romain Rolland des Aubépins transformé en atelier (accès libre et gratuit par le portail de ladite école). Dans cet endroit on ne fait pas semblant, toutefois si les choses sont agencées sérieusement, la bonne humeur et la décontraction traduisent au mieux le climat ambiant. Si durant les cinq semaines l’accueil a lieu de 14h30 à 20h (le lundi c’est relâche), chacun des volontaires, de tous âges et de toutes conditions, (en-dessous de 10 ans les enfants ne sont pas acceptés seuls) se rend au gymnase comme bon lui semble. Il n’est au demeurant pas obligé de faire entendre raison à l’osier, cette matière végétale souple et légère, ni de martyriser le fil de fer pour assembler ce qui doit l’être dans les règles de l’art. A la rigueur, simplement détendre l’atmosphère de façon positive, et le tour est joué. « Ici, personne ne s’inscrit. Le premier objectif n’est pas tant de construire un géant que de se croiser, de raconter la même histoire ensemble. Tout le monde est aussi compréhensif. Plus il y a de gens, et plus on fait de choses, plus on étoffe », s’est enthousiasmé le plasticien Benoît Mousserion, par ailleurs directeur artistique de L’homme debout. Le maître à penser doit aussi gérer les groupes (eux –associations, institutions, structures diverses…-en revanche sont préinscrits), présents uniquement en matinée. Sans occulter l’apport de la jeunesse triomphante : le dispositif « Oxygènes » du service éducation de la ville de Chalon, qui permet sur le temps périscolaire aux écoliers (80 au total, issus de Romain Rolland, Laennec, Jean Moulin, la Citadelle), de contribuer au rendez-vous participatif d’envergure. « Il y a cinq groupes différents, un par soir pendant les cinq semaines, de 17h à 18h30. Les parents viennent à partir de 18h, et ils restent avec les gamins, c’est sympa », a apprécié l’homme orchestre Benoît Mousserion.

A signaler que les jeudis 16 et 23 janvier le gymnase de Romain Rolland sera le théâtre de « l’apéro géant » offert à partir de 18h, moment convivial et idéal pour converser entre profanes ou initiés, faire connaissance, voire poser les jalons d’une décision qui vous honorerait : apporter votre pierre à l’édifice en vous mêlant aux rouages de la fabrication. Chiche ?

 

Renseignements d’ordre général:

Auprès de Patricia Jacques, responsable du projet et des relations publiques à l’Abattoir : 03.85.90.94.83

                                                                              Michel Poiriault