Chalon sur Saône
Chalon et les Piccolis - Claire Monot et Anaïs Pin présentent "La belle escampette"
Publié le 12 Mars 2014 à 07h35
Interview pour info-chalon.com.
Ce spectacle est un théâtre musical, il parle de l’éducation des filles, l’émancipation, comment se crée un tel spectacle ?
Cela s’écrit au fur et à mesure ?
Claire Monot Oui. J’avais l’idée au départ, je voulais parler de l’éducation des filles et de cette époque baroque qui est pour moi une gourmandise. J’avais déjà fait un spectacle sur cette époque et j’avais envie de continuer. Je voulais parler du modèle féminin, l’émancipation, la libération.
mais est-ce accessible aux enfants –la question classique, évidemment ?
Claire : Les enfants connaissent bien cet univers par les contes et les costumes du 17e et 18e s.
la musique est importante dans ce spectacle…
Claire : on est parties de la musique, la musique a été écrite d’abord en prenant des chansons dans le répertoire enfantin de l’époque, par exemple la chanson « mon père m’a abandonnée » est d’époque.
vous effectuez une recherche en bibliothèque pour trouver les partitions et les chansonniers ?
Claire : non, ce sont des chansons d’enfance que tout le monde connait. Dans ma famille, on les chantait. Aujourd’hui, on chante ça à l’école, à la maison. Il y a des anthologies.
Dans le spectacle, ce sont des chansons traditionnelles, des virelangues, quelle importance du texte, cela peut être compliqué pour les enfants, ou bien est-ce une matière sonore musicale, simplement cela ?
Claire : Le texte est important, les paroles, mais dans la mise en scène rien ne passe par le verbal uniquement. Tout ce qui est dit dans la chanson ou la liaison trouve son écho dans le geste, quelque chose dans l’action scénique éclaire le texte et le rend compréhensible aux enfants. Par exemple, la scène de la reine et la marquise, les objets et le jeu rendent les paroles faciles. L’extrait des Précieuses ridicules est mêlé à des métaphores tirées d’un dictionnaire d’époque, et j’en ai fait des phrases.
Il y a aussi un extrait de Cyrano !
Claire : oui, exactement, avec la chanson de l’épée, c’est la scène où la fille joue au garçon manqué et je fais le parallèle entre l’aiguille à coudre et la lame de l’épée. En fait, cette chanson est une commande faite à un ami qui en a écrit la musique, ce qu’on voulait c’est que cela fasse comme une broderie, il a pris des paroles qui décrivent la méthode de la broderie du 19e s.
En général, Anaïs s’est inspirée de la musique du 19e s, elle fait des arrangements de musique ancienne et il y a deux compositions originales.
c’est une musique qui rebondit, qui passe d’un registre à l’autre, mais très naturellement.
Claire : la musique est un langage imaginaire et l’enfant prend cela comme un univers inventé, la musique fait corps avec les paroles et cela donne une musique de la parole.
Le spectacle est rempli de symboles et de références.
Claire : cela donne différents niveaux de lecture. Même les répétitions ne sont jamais tout-à-fait identiques.
oui, il y a une évolution d’une scène à l’autre. La princesse devient rebelle au fur et à mesure, mais de façon très douce, ce ne sont pas des cris, des violences.
Claire : non, ce n’est pas une rébellion, mais rebelle, elle refuse et dit non, elle ne veut pas suivre ces règles et se libère. C’est une pulsion de vie qui la mène, qui la pousse.
et les gestes qu’elle fait montrent cela, il y a cette aspiration à la liberté qui devient de plus en plus grande
Claire : oui, une pulsion de vie l’habite, un élan vital qui entraîne l’autre princesse dans son désir par le jeu et la chanson. Elle n’est pas dans le conflit. L’autre respecte le code et elle suit son énergie vitale. L’autre va finir par se laisser entraîner.
mais tout de même il y a la scène où elle pourfend le roi ! C’est un peu violent, non ?!
Claire : dans les contes, il y a beaucoup de violence, ils sont enlevés, tués, mais les enfants ne trouvent pas cela aussi violent.
le conte est très présent dans votre spectacle truffé de références. Vous vous êtes inspirées de contes précis ?
Claire : oui, il y a la pomme de Blanche neige, le chemin de pommes comme le petit poucet, la forêt bien sûr, Sarrhémiloque* qui est le nom d’un homme dans une chanson, Anne ma sœur Anne de Barbe bleue, quand elle tombe évanouie avec son corset trop serré comme dans Blanche neige.
tout cela est exigeant pour les enfants !
Claire : il a deux voix et un instrument, beaucoup à écouter mais aussi beaucoup à voir.
la lumière est particulière, très sombre et douce aussi, cela crée une intimité, comme un cocon dans lequel baigne l’enfant, il y a une lenteur aussi, avec presque des arrêts sur image, cela fait du bien.
Claire : merci ! On voulait cette lenteur, prendre le temps, c’est le temps d’une journée.
La chanson traditionnelle, c’est un choix par amour de ce genre, ou pour transmettre un répertoire, partager un univers ?
Claire : Tout cela, la chanson crée une émotion directe, le chant est populaire, on voulait valoriser cela. Ce sont des choses aussi que les enfants connaissent comme le roi Dagobert et le jeu des perruques. Ou la comptine du bébé "beau front…" que chantent les mamans.
Anaïs pin, vous venez de nous rejoindre, un mot sur la création et la part de la musique dans ce spectacle ?
Anaïs : j’avais envie de chanson traditionnelle et de composition originale. Je suis partie de la partition d’époque mais j’avais aussi envie de m’en échapper et j’ai fait des arrangements. Cela évolue de l’un à l’autre. C’est une composition de style ancien, parfois une mélodie et puis reprise dans une autre chanson, comme la prière qui est la même mélodie arrangée autrement dans les oiseaux. La mélodie la plus ancienne date de la renaissance, au début du spectacle, au réveil. Cela raconte une jeune fille mise au couvent par son père qui se languit de son ami…
Claire : Anaïs joue comme si elle avait des instruments d’époque, la viole de gambe, le violoncelle baroque. Elle fait une interprétation qui rappelle ces instruments.
Anaïs : oui.
Claire : elle est comédienne et chante en même temps qu’elle joue du violoncelle, c’est exceptionnel, c’est pour cela que je voulais travailler avec elle, car il fallait quelqu’un qui sache jouer aussi la comédie. La musique ici est partie du spectacle, elle n’est pas seconde.
Anaïs : le violoncelle permet beaucoup de choses, il est mélodique, il plonge dans les basses, je passe du classique au jazz.
vous chantez également toutes les deux, une formation de chanteuse ? Ou bien c’est l’amour du chant ?
Claire : j’ai fait plusieurs spectacles avec Barbara Trojani, Musiques plurielles. Je chante dans cette chorale. Je voulais un théâtre musical, que la voix soit au centre du spectacle.
Anaïs : j’ai acquis l’art du chant avec elles, dans le spectacle précédent. Peu à peu.
d’abord comédienne ou d’abord chanteuse ?
Claire : d’abord une formation de comédienne mais je chante depuis toute petite, je ne suis pas très théâtre physique. Je suis allée vers théâtre et chant par des rencontres, progressivement.
Anaïs : une formation des plus classiques, le Conservatoire à Chalon. Mais je rêvais de faire du théâtre et la rencontre avec Claire l’a permis.
Claire : et elle a deux talents, musicienne et comédienne !
Claire, vous faites la mise en scène, amis est-ce une création commune également ?
Claire : la scénographe, Jocelyne Jault, a créé un univers loufoque avec des ustensiles de cuisine, les corsets. On a créé le spectacle ensemble, ce n’était pas facile de mettre en scène et jouer en même temps, je me suis servie de la vidéo. Chacune amenait ses propositions et participait à l’écriture. Jocelyne avait des images visuelles, ce qui est précieux et je m’en servais quand cela avait un intérêt pour le personnage, quand cela apportait quelque chose à la progression du personnage.
Anaïs : on tricote ensemble.
Claire : son personnage est garant du temps. C’est une journée (unité de temps, dans le théâtre classique) c’est une référence pour les petits. Puis les séquences s’accélèrent parallèlement à la libération
par les non qui disparaissent peu à peu jusqu’à l’action finale.
Claire : oui, et la construction musicale du spectacle par séquences est importante, on doit entendre la musique, c’est le squelette du spectacle. On n’a gardé que les bonnes idées qui ne gomment pas la musique.
la lumière aussi est symbolique ?
Claire : oui, cela commence par noir-blanc-gris puis peu à peu la couleur et la lumière, avec les oiseaux. Elle emmène le monde avec elle, quand elle emporte le globe, elle va trouver son chemin, elle veut lire des histoires… les enfants font leur interprétation… ce sont des symboles riches. Et dans les contes aussi
votre conte préféré ?
Claire : Hansel et Gretel, je le connais par cœur, et Cendrillon. Mais plutôt, dans le décalage. Le code détourné. Le garçon manqué plutôt que la sage princesse.
La question du roi. Comment le représenter ? Une image de papier. Car on se crée ses propres peurs, ses limites. Le dictateur n’est qu’une image de papier. Cette figure est inspirée d’un portrait de Botticelli, à la renaissance, le portrait était peint de telle sorte que, où qu’on soit dans la pièce, le portrait vous regarde.
*Sarrhémiloque : chant populaire de la Grande-Lande, et poème harmonique.
La belle escampette, théâtre musical, Espace des arts, mercredi 12 à 15h et jeudi 13 à 19h. Tout public.
S.B.
-
Un nouveau souffle pour le Place 2B -
La convivialité au rendez-vous de la Fête des voisins de Saint-Gobain -
Le parc naturel régional du Vercors tire la sonnette d'alarme après un week-end de Pentecôte bien trop chargé -
Gros incendie à la déchetterie de Granges ce dimanche -
ESPACE NAUTIQUE - Compte-tenu du retard dans les travaux, le Grand Chalon annonce la réouverture de l'Espace Nautique pour la saison estivale -
Gilles Platret hausse le ton après deux incidents lors de mariages -
Portes-closes ce vendredi au collège Vivant-Denon après de nouveaux actes de violences -
Le "Mammouth" prend sa retraite ! -
Le ras-le-bol d'une habitante parcourant Saint-Jean-des-Vignes et Saint-Cosme -
Un incendie dans un appartement plonge les voisins dans l'inquiétude -
Nouveau - La galerie marchande du Carrefour Nord Chalon se dote d'un Head Spa Japonais -
Isa et Roby, l’âme du Konoba : cuisine sincère, clients fidèles. À découvrir ce vendredi soir. -
Superbe ... de beau matin à Chalon -
"Tapage nocturne aux Prés Saint-Jean : jusqu’à quand le silence des autorités ?" s'interroge un riverain -
Journée Choose France - Vicky Foods ouvre pour la première fois ses portes au grand public -
Une pluie de titres de Champions de France pour le Givry Starlett Club -
On parle de purin d'ortie ou de prêle, mais le purin de vos "mauvaises" herbes est aussi une bonne idée -
L’Auberge La Grande Vadrouille ouvre ce vendredi midi avec l’esprit des grandes auberges françaises -
Retour sur l’inauguration de la bijouterie Miramira à Chalon/Saône -
FOOTBALL - L'AS Mellecey-Mercurey exhulte et s'offre une nouvelle montée... La saison prochaine ce sera la R2 -
Refus d’obtempérer de Lux à Givry, au cœur de la nuit – Deux gendarmes légèrement blessés -
Le Groupe SGT renforce ses capacités de recyclage avec une 3ème ligne d’extrusion sur son site de Chalon-sur-Saône