Chalon sur Saône

Zoom sur l'agriculture au féminin... elles se confient à info-chalon.com

Zoom sur l'agriculture au féminin... elles se confient à info-chalon.com

Leur message : le monde a besoin des agriculteurs et de produits de qualité. Les jeunes femmes rêvent de leur ferme. C’est une chance de s’installer : tout est fait pour aider à monter une ferme. Le contact avec les bêtes, avec les gens, s’entraider, voir la vie naître, sont les clés de leur choix.

Au stand Contrôle laitier, Céline Schwarz explique son métier.

Elle est conseillère en élevage laitier. Elle s’occupe de la traite, prélève des échantillons de lait. Elle donne aussi des conseils en élevage technico-économique. La formation pour faire ce métier ? Il faut un Bts ingénieur et un certificat de spécialisation en alternance. Céline exerce ce métier depuis 3 ans, avec bonheur. Elle est basée près de Mâcon. Elle est contente d’être au Salon où elle est venue présenter la vache d’un de ses éleveurs et cette vache a obtenu un prix. Elle travaille avec 40-50 éleveurs par jour en suivi régulier, mais il y a aussi le suivi ponctuel où elle intervient en tant qu’expert pour le département.

Emeline est salariée dans une ferme à Bourg-en-Bresse.

Elle a fait des études agricoles. Elle aurait bien aimé travailler dans la ferme de son père mais voilà, il a dû vendre ses vaches pour diverses raisons et s’est reconverti dans la fabrication du miel.

Elle évoque le mode de vie d’une ferme en groupement associatif. L’un s’occupe de céréales, l’autre de vaches, un autre les moutons ou les abeilles. Cela permet de s’entraider, quand il y a un vélage, tout le monde vient aider, quand ce sont les moissons, tout le monde y participe. Un autre avantage est qu’on peut se reposer, prendre un week-end ou des vacances. Quand on est malade, quelqu’un peut aider.

Emeline rêve d’avoir sa ferme un jour. En attendant, elle pratique le métier et prend soin des vaches laitières. Elle fait la traite le matin tôt, puis s’occupe des veaux, nourrit les vaches sauf l’été quand elles sont au pré. Le travail ensuite diffère selon les nécessités de la saison : les champs, les clôtures… et en fin d’après-midi, de nouveau la traite des vaches. Elle vit dans son appartement et rentre chez elle à midi pour le repas.

Unique salariée d’une ferme de quelques 300-400 vaches. Et elle parle des vaches laitières, les bêtes en engraissement, les génisses, les veaux… la vie de la femme dans une ferme a beaucoup changé. Autrefois, la femme suivait son mari et le travail était très physique. Aujourd’hui le matériel et la mécanisation facilite la tâche. Bio, pas bio ? Un choix qui a ses contraintes et ses avantages.

Pour Emeline, son travail est le bonheur. Surtout quand les petits naissent : "quand il y a les naissances, on se dit qu’on fait un joli métier. Et puis, on a beaucoup de contact avec les vaches laitières. On les connaît, chacune a un nom, elles aussi nous reconnaissent. Pour une femme, c’est sûr que c’est plus attrayant que le tracteur."

 

La 3e jeune femme tient le stand Point info pour l’installation des agriculteurs.

La 1ère étape est de présenter son projet à l’Accueil, étape obligatoire si on a besoin ou qu’on désire des aides financières. L’an dernier, il y a eu 254 accueils, 113 qui se sont installés. Dans ce pourcentage, 40% de femmes installées et 47% d’agriculteurs hors cadre familial.

Bonne nouvelle : on peut s’installer sans venir d’une famille d’agriculteurs. Tout le monde a le droit et la chance de pouvoir le faire. Il faut un bac pro au minimum, au mieux, bac +4.

Les femmes là-dedans ? Elles suivent leur mari ou compagnon, majoritairement, soit qu’il est déjà installé, soit qu’ils montent une ferme à deux. Elles s’occupent surtout d’élevage, avec un peu de culture, suffisamment pour pouvoir nourrir les bêtes. La Saône et Loire est un département riche de sa diversité : les vignobles, la Bresse céréalière, le Charolais et l’élevage.

Le bureau d’accueil est basé à Mâcon. Mais il y en a à Louhans, Chatenoy, Charolles et Autun. Elle-même a fait des études d’ingénieur agronome. Pourquoi ? Elle aime les contacts avec les gens, aider à monter des projets, car on a besoin des agriculteurs. Elle est aussi animatrice syndicale et s’occupe de l’administration, l’événementiel et la gestion. La devise de JA, Jeunes Agriculteurs : "quand les jeunes poussent, l'agriculture grandit." A suivre.

Que faut-il pour qu’un projet soit viable ? 3 choses : économiquement viable, c’est de pouvoir dégager un revenu pour l’agriculteur. Environnementalement viable, c’est l’exploitant est soumis à des règlements, il faut les connaître et les respecter. Socialement viable, l’agriculteur doit être intégré.

Certains reprennent des terres, d’autres partent de rien, d’autres encore ont déjà les terres. Le projet est étudié en partenariat avec la Chambre des agriculteurs. Il y a beaucoup de lois, d’exigences. Il faut des conseils.
On a parlé d'une vague de suicides et des problèmes de certains agriculteurs face aux exigences et aux règles européennes. Agrisolidarité a été mis en place pour aider les agriculteurs. Cette association est en relation avec tous les organismes professionnels agricoles -banque, chambre de l’agriculture, les maires. C’est tout un réseau qui agit comme une prévention et un soutien pour aider l’agriculteur à trouver des solutions quand il a des difficultés.

Et dans le Salon, une fillette mène son veau vers le podium et le présente au public. Passionnée, et déjà désireuse de travailler plus tard dans la ferme de son papa.

Trois aspects de la vie agricole, la vie de trois jeunes femmes, dans un monde agricole aux aspects encore méconnus bien souvent et ce Salon Gen et Tech qui a lieu tous les trois ans, est l’occasion d’en apprendre plus sur les techniques, les bêtes, les pratiques agricoles. Un mélange de science et de tradition. Et les femmes y participent et en parlent bien.

Prochaine manifestation : la Fête de l'Agriculture, 17 et 18 août, à La Guiche. Accueil tout public. 

Infos : Facebook ou 03 85 29 56 96.

 

S.B.