Chalon sur Saône

La philosophie : Jamait trop tard au Lycée Pontus de Tyard

La philosophie : Jamait trop tard au Lycée Pontus de Tyard

Le mercredi 26 mars, Yves Jamait intervenait dans un cours de philosophie, devant une classe de Terminale Littéraire, au Lycée Pontus de Tyard à Chalon sur Saône.

 L'artiste est venu à la philosophie de manière autodidacte et désintéressée pour, dit-il, « voir les questions que d'autres se sont posées »  touchant les grands sujets de l'existence qui n'ont pas de réponses toutes faites  :  un contraste face à des élèves qui étudient la matière huit heures par semaine avec l'échéance du Baccalauréat !

Le chanteur affectionne particulièrement Nietzsche, grâce auquel il a connu le concept d'Amor Fati, l'amour du devenir, qui est devenu le titre de son dernier album.  Aussi est-ce sur une célèbre formule du philosophe extraite du Crépuscule des idoles  que s'ouvre la séance  :  « Sans la musique, la vie serait une erreur ».  En prenant soin de préciser que cette formule, pas plus qu'une autre, ne saurait tenir lieu de vérité absolue,  Yves Jamait  explique néanmoins que pour lui  « la musique est une évidence » : « aussi loin que je me souvienne,  la musique a toujours fait partie de ma vie ».   Même précaution teintée d'humilité lorsqu'il rend compte de sa manière d'écrire et d'exprimer les sentiments humains : « J'écris en utilisant des métaphores qui parlent aux gens. Rien n'est vérité en soi, et c'est ce qui m'intéresse chez Nietzsche : les associations d'images. Quand dans ma chanson « Caresse-moi » je dis que j'ai le ventre gonflé de larmes, c'est une métaphore qui suggère la détresse ».  

La pochette de son album  (sur laquelle on voit l'artiste tenant dans sa main un crâne sur lequel est posée sa propre casquette et, derrière lui, tous les symboles des Vanités en art) sert alors de prétexte à une promenade philosophique autour des différents sens du mot vanité : 

LA vanité d'abord,  cet amour-propre débordant qui nous pousse à tout miser sur le paraître : comment y échapper quand on est un artiste, un personnage public et médiatisé ?  « Je ne me prends pas pour ma photo »  ; « quand je suis sur scène, c'est mon personnage et non moi que l'on regarde ».

LES vanités ensuite :  ces représentations interrogent finalement chacun d'entre nous sur le sens de notre vie, soumise à la finitude ; sur l'amour que l'on porte à sa propre existence, telle qu'on l'a vécue et qu'on la vit : qui serait prêt à la recommencer encore et encore pour l'éternité ? ...C'est proprement la question que soulève le concept Nietzschéen d'éternel retour et l'amor fati...

Quoi de plus beau pour se quitter que « Les parapluies perdus » interprétés en direct... Yves Jamait, paroles d'élèves, a marqué la classe par son grand sens de l'humour, son langage percutant et sa simplicité qui donne envie de poursuivre la philosophie. Merci Monsieur.