Chalon sur Saône

Raoul Petite est venu pour un concert à Lapéniche, à Chalon.

Raoul Petite est venu pour un concert à Lapéniche, à Chalon.

Rencontre pour info-chalon.com.

Carton est le leader du collectif, c’est son nom de scène, il chante et cela cartonne ferme en musique, 35 ans que cela dure et cela durera encore, car Christian adore chanter, il adore son groupe, tous ces copains qui l’entourent dans la vie et sur scène. Il porte un piranha sur son vieux tee-shirt car "c’est un poisson qui est gentil mais il a des dents."

Un type super gentil, un aventurier comme on n’en fait plus, qui n’hésite pas à marcher pendant 5 mois de l’Afrique du sud vers la France, pour être de retour à temps pour que sa femme voie sa sœur à Noël !

 

Il a vécu de bric et de broc, avec le coup de bol du hasard qui le met sur sa bonne route. Il était à Paris, il entend parler d’un groupe qui cherchait un chanteur, hop il descend dans le Midi et passe l’audition, cela plaît, il chante avec ce groupe, puis il rencontre Marcus et à deux ils forment le noyau du groupe Raoul Petite. Un collectif à eux deux qui devient un vrai collectif, les musiciens tournent autour d’eux, vont et viennent. Et ils s’amusent pendant l’interview, se rappellent de bons souvenirs, déconnent, plaisantent, dérisionnent et désarçonnent, et bons joueurs reprennent leur histoire du groupe et expliquent leur musique.
 

Une musique incroyable, unique. Marcus et Carton n’aiment pas les catégories, les catalogues, être cloisonnés dans un genre. Ils inventent leur musique faite d’influences diverses, au gré des personnalités de chacun des musiciens qui les accompagnent. Parmi eux deux filles, Cathy et Juliette. Cathy est là depuis 11 ans déjà, elle a commencé à 23 ans et elle semble aussi jeune qu’au début. Mais il y a aussi de la provoc dans l’air avec de la « fouf power » un clip de filles qui a détonné et causé pas mal de remous sur la toile internet !

 

Frank Zappa était leur dieu, leur inspiration, mais très vite ils ont eu envie de s’en détacher et de créer leur propre musique. Sur scène, tout est bien programmé, changements de costumes et musiques, tout est écrit. Il faut que cela déride, que cela bouge le public et qu’il ait du plaisir à les voir et les entendre. Raoul Petite a d’ailleurs été invité à jouer aux Zappanales, un festival en hommage à Frank Zappa en Allemagne. Des musiciens de Zappa ont entendu leur musique et sont venus dans leur loge pour leur dire le meilleur hommage qui puisse être donné : "amazing ! amazing ! If Zappa would still be here, he would love your music ! Si Zappa était encore là, il aurait adoré votre musique."

Un vrai musicien qui salue leur musique ! Pas comme ceux-là qui ne pensent qu’à se faire de l’argent par la musique genre star ac et téléréalité. Car la musique, c’est pas du show, ce n’est pas se faire voir, c’est un travail de fond, qui doit durer.

 

A l’origine, c’était la musique et le jeu de la scène qui fascinait Carton. Il jouait des scènes burlesques, des sketches, aux terrasses des cafés. Le but était de lier image et son, des rencontres entre musiciens et théâtre. Ce côté théâtre est important. Puis il y a eu les choristes, la mère et la fille.

Il a beaucoup voyagé. Pour lui, l’art est lié à la vie. Le collectif joue de la musique qui va du reggae au rock, parfois techno : du barock’n roll !

Et les chansons ? Des paroles engagées ? Marcus répond que d’abord il faut être dégagé ! C’est ce qui permet d’être engagé. (c’est le zen de la tasse que l’on doit vider pour pouvoir la remplir bien.)

En fin d’interview, c’est la cerise sur le gâteau : le nom de Raoul Petite ? Cela vient d’un tube de Zappa, un clip où ils ont bien fumé tous et ils ont fait la route, l’un parle de la fatigue de la route, en anglais "road fatigue" mais prononcé tellement vite qu’on comprend "Raoul Petite." Ce nom est resté. Déformation professionnelle ! Zappa magic.

Magie de Carton et Marcus, avec tout le collectif, pour une musique incroyable, sur scène, bien menée, pour que le délire éclate dans la salle. Etre sérieux sans être sérieux ! dit Carton, car "mon nom est Carton, moitié chanteur, moitié maçon ! chanteur culte du Lubéron, robin des bois du pays aptois !"

 

S.B.