Chalon sur Saône
Jean-Marc Weber se confie à info-chalon.com
Publié le 01 Octobre 2014 à 09h17
Jean-Marc Weber, compositeur et professeur au Conservatoire, propose la 14e édition de la semaine électroacoustique et parle du spectacle qu'il joue en live sur scène. Un personnage à la richesse en éventail, complexe, exploratif, qui se prête au jeu des questions-réponses pour Info-Chalon.
Parcours d’un compositeur doublé d’un talent de professeur
Depuis 2002, Jean-Marc Weber est enseignant en musique actuelle amplifiée et musique électroacoustique au Conservatoire où il a créé le cours, une demande de la Communauté d’Agglomération. Il a réussi ce pari de doubler Chalon ville de l’image avec Chalon ville du son, en créant Nicéphore cité, avec le succès qu’on lui connaît.
Jean-Marc Weber enseigne la composition et les techniques de studio. Par exemple, le son d’une vrai rivière, comment jouer avec ce son, le modifier à l’infini, il développe des façons d’utiliser le son vivant et d’amener ce son dans le synthétiseur pour lui donner plus de relief car celui-ci sort en général un son plat, etc.
Tout en initiant les élèves de tous horizons à ces techniques, il continue de créer des concerts qui tournent à travers la France et ailleurs dans le monde. Il travaille aussi avec d’autres artistes. Ainsi il a créé La nuit arabe, avec Jean-Jacques Parquier. Il a créé un spectacle avec une danseuse et un peintre, en extérieur, avec création d’une vidéo en direct. Ou avec des écrivains.
Un mot sur le spectacle ?
Nuits sans sommeil est un spectacle qui mêle voix, images fixes, vidéo, textes et musiques. Les textes sont dits par des comédiens : Jean-Jacques Parquier, professeur de théâtre, Lucie Donnet, professeur de théâtre également et Hanna Pietron.
Le spectacle met en scène 7 nuits d’insomnie, chaque nuit aborde un sujet différent (le manque, l’angoisse, les idées qui tourneboulent…) Ce spectacle fait appel au sensible, à l’émotion, il ne se situe pas dans le mouvement conceptuel et abstrait.
Comment a-t-il été écrit ?
Une urgence est apparue un jour d’écrire ce texte et d’en monter un spectacle. Il y a un temps de latence où les choses arrivent et d’un coup, ils jaillissent en urgence. L’étincelle a jailli il y a 2-3 ans et en voici le spectacle.
Ce n’est pas une musique de commande mais une création absolument personnelle. Les textes peuvent s’étaler sur une période de 20 ans, depuis les années 2000 jusqu’à aujourd’hui, ils ont été écrits au fil de l’expérience des nuits blanches.
Est-ce que la musique influence le texte, ou le contraire ?
La musique influence le texte, et vice versa, puis tout cela est redécoupé entre phrases et sons, avec un véritable montage, un bon travail de studio. Le public sera immergé dans le son avec un effet d’écran 360° mais avec le son.
Mais au départ de la musique et du studio ?
J’étais passionné par le son… je me suis souvenu récemment d’un jour, quand mon frère m’a fait découvrir la chaîne stéréo, j’avais 7 ans, ce fut comme une révélation… alors à 12 ans j’ai commencé à enregistrer des gens au passage, au hasard, puis je copiais, collais, arrangeais…Ensuite, études musicales comme guitariste, puis des études de composition, et l’envie de comprendre le synthétiseur. D’un instrument à l’appareil, j’ai continué les recherches à Metz. J’étais tombé dans le chaudron comme Obélix ! J’ai découvert le monde de la création et exploré celui de la musique contemporain, avec la passion du son en studio et de la création sonore. Avec le diplôme d’ingénieur du son en poche, on m’a proposé le poste au Conservatoire… à créer.
Et la guitare ?
Je l’ai encore, je joue, avoir un instrument entre les mains, ses vibrations, cela reste extraordinaire, comme les sons de la nature, rien de plus beau, c’est un son précis, d’une richesse infinie, mais retrouver cela en studio est chouette !
Conclusion ?
"Une œuvre d’art contemporain… on reçoit ou pas, parfois on donne des explications, parfois pas, mais l’important est de sentir et de ressentir avec son émotivité à soi".
Infos
Nuits sans sommeil, de et par Jean-Marc Weber, spectacle-concert
27 septembre, au Conservatoire, 20h
1 rue Messiaen, 03 85 42 42 67, www.legrandchalon360.fr
S.B.
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