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Rentrée littéraire 2015 : le palmarès conjoint des bibliothécaires de la BM de Chalon et des libraires de La Mandragore
Publié le 08 Octobre 2015 à 15h33
En partenariat avec la libraire de La Mandragore, les bibliothécaires de la bibliothèque municipale de Chalon-sur-Saône ont fait ce mercredi un point sur plusieurs romans de la rentrée littéraire, devant une bonne vingtaine de participants.
Cette année, la rentrée littéraire, ce n’est pas moins de 589 bouquins. Pratiquement que de romans. Certes, c’est six de moins que l’année dernière, néanmoins il n’est pas forcément facile, devant une telle offre, de trier le bon grain de l’ivraie. Car, cette année encore, il y a du bon, du très bon et…du moins bon.
Pour aider les lecteurs, que ceux-ci soient plus ou moins compulsifs, la bibliothèque municipale de Chalon et la librairie La Mandragore ont organisé deux soirées dédiées à la rentrée littéraire. La première a eu lieu ce mercredi, dans la salle de l’Esperluette (cour de l’Hôtel de ville de Chalon), devant une bonne vingtaine de participants. La seconde, elle, aura lieu dans les locaux de La Mandragore, ce vendredi 9 octobre, à partir de 19 h 30. Avis aux curieux !
Durant la première de ces soirées, cinq bibliothécaires (Nadine, Audrey, Sophie, Edith, Aline) et deux libraires de La Mandragore (Laetitia et Laurent) ont tout à tour présenté à l’assistance certains des romans qu’ils avaient eu l’occasion de lire et, surtout, d’aimer. Des romans qui, en général, ne bénéficient pas toujours d’une grande visibilité médiatique mais qui, à écouter les intervenants, n’en sont pas moins dénués d’immenses qualités. Retour sur le palmarès de nos vigies littéraires d’un soir.
« Le beau temps », de Maryline Desbiolles
Pour Edith, un « roman » remarquable est celui de Maryline Desbiolles : Le beau temps. On met ici le terme de « roman » entre guillemets car, à écouter Edith, on devrait plutôt parler de « biographie romancée », celle d’un compositeur, Maurice Jaubert, dont les musiques ont agrémenté les films de réalisateurs tels que Jean Renoir.
Pour Edith, en dehors de l’ambiance niçoise de l’entre-deux guerres et de l’écriture de l’auteure, Le beau temps est intéressant pour au moins deux raisons : il fait « découvrir un milieu artistique » relativement méconnu et « donne envie de réécouter la musique de Jaubert ». Une musique qui mérite d’être redécouverte.
« Discours d’un arbre sur la fragilité des hommes », d’Olivier Bleys
Sophie, elle, a plutôt jeté son dévolu sur un roman dont l’action se déroule dans une ville industrielle chinoise, située dans le Nord-Est de l’ « Empire du milieu », près de la frontière nord-coréenne. Un roman dont l’un des héros se trouve être…un arbre : celui situé près d’une petite maison abritant trois générations d’une même famille de Chinois. Un roman dans lequel on trouve finalement peu de personnages. Presque « un conte sur la lutte inégale entre un individu porteur de belles valeurs et une société hyperviolente » : celle de l’actuelle Chine.
« La petite barbare », d’Astrid Manfredi
Nadine, de son côté, a plutôt choisi de mettre en avant un roman aussi court que percutant : celui d’Astrid Manfredi. Pour au moins trois raisons : c’est "un roman qu’on ne lâche pas", "où l’on appelle un chat un chat" et qui privilégie les phrases courtes. Certes, il n’est pas exempt de "quelques clichés sur les banlieues". Toutefois, il est intéressant, se lit bien et permet de comprendre certains phénomènes sociaux.
« Quand le diable sortit de la salle de bain », de Sophie Divry
Pour Laetitia, c’est plutôt « Quand le diable sortit de la salle de bain » qui mérite assurément d’être lu. Contrairement à ce que l’on pourrait penser de prime abord, ce n’est nullement un roman sur DSK et ses déboires du Sofitel, comme l’est en partie Le bruit de la douche, de David Desgouilles, dont Info-Chalon vous avait recommandé la lecture [1]. L’histoire du roman de Sophie Divry concerne le quotidien d’une auteure au chômage, qui se retrouve avec 17,70 euros pour finir le mois, une fois toutes ses factures payées. Et cette histoire est presque accessoire à côté de l’humour, l’écriture et l’inventivité littéraire de Sophie Divry. Une inventivité permise par une mise en page et en forme adéquate.
« La maladroite », d’Alexandre Seurat
La maladroite. C’est ce premier roman d’Alexandre Seurat qui a retenu l’attention d’Aline. « Inspiré de faits réels », comme on dit aujourd’hui, celui-ci raconte la maltraitance dont a été victime une petite fille de huit ans.
Glauque ? Racoleur ? Putassier ? Non. Pas du tout. On n’est justement pas « dans le pathos ». Pourquoi ? Parce que c’est un « roman polyphonique ». C’est-à-dire ? Tout simplement que "l’histoire est racontée par les personnes qui ont rencontré ou suivi Diana" – la petite fille en question -, "et non par Diana elle-même" qui, de facto, puisque décédée, aurait eu un peu de mal à la raconter... Grâce à cette polyphonie, on découvre son calvaire. Et on comprend celui-ci. D’autant mieux que l’ensemble s’avère finalement très factuel, ce qui, précisément, permet de reléguer le pathos à bonne distance de l’esprit du lecteur.
« La variante chilienne », de Pierre Raufast
Audrey avait beaucoup aimé La fractale des raviolis, le premier roman de cet auteur. Elle n’a pas été déçue par celui qu’il vient de publier, « entre le conte et le roman », qui n’est pas sans rappeler, toutes proportions gardées, le film d’animation Vice-Versa, dont Info-Chalon vous avait parlé [2].
De quoi parle ce roman ? Il parle, entre autres choses, d’un vieil homme qui, en raison d’un accident ayant endommagé son cerveau lorsqu’il était jeune, oublie tout, n’a plus de souvenirs et qui…fait des bocaux de cailloux.
Pourquoi ? Lisez donc le roman, vous comprendrez.
« Football », de Jean-Pierre Toussaint et « 7 », de Tristian Garcia
Laurent, lui, a retenu deux romans. Le premier, c’est « Football », de Jean-Pierre Toussaint et qui, comme son nom ne l’indique pas, « n’est pas un livre sur le foot mais sur le temps qui passe », « un livre sur l’enfance », très court, qui se lit bien. Le second, c’est « 7 », de Tristian Garcia.
Pourquoi ce titre-là ? Parce que… le livre contient 7 histoires. 7 histoires qui, a priori, n’ont rien à voir les unes avec les autres mais s’avèrent en réalité reliées entre elles. 7 histoires loufoques, bien écrites, originales.
Ces romans présentés, les participants ont échangé sur les livres qu’ils avaient pu lire. Un débat fort intéressant durant lequel on pouvait apprendre que le dernier roman d’Amélie Nothomb était une sorte de friandise et que, pour une fois, Christine Angot, dont la personnalité fait manifestement l’unanimité contre elle, avait écrit un très bon roman. Sans doute parce que, cette fois-ci, « sa thérapie a marché ».
S.P.A.B.

[1] Voir l'article d'Info-Chalon :
[2] Voir l’article d’Info-Chalon :
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