Chalon sur Saône
Yves Jamait attire sur son nom. A Chalon on acquiesce !
Publié le 02 Février 2016 à 15h36
A Charnay-lès-Mâcon le jeudi 4 février à 20h (des places sont vacantes), le Dijonnais Yves Jamait se produira en revanche à guichets fermés le lendemain à Chalon-sur-Saône, salle Marcel-Sembat. Pas folles, les guêpes ! Pour quelles raisons bouder son plaisir, mettre sous l’éteignoir son inextinguible appétence pour la chanson à texte servie sur un plateau par le régional de l’étape ? Elles au moins n’auront pas à maîtriser le débit de leurs glandes lacrymales…Consolation : Yves Jamait et sa manière d’être. Interview pour info-chalon.com
A Chalon-sur-Saône vous évoluerez presque à domicile ?
« Oui, on est voisin pour le coup. Il doit y avoir environ soixante kilomètres entre Chalon et Dijon, j’évoluerai à domicile. La veille je serai à Mâcon, donc je viendrai plutôt du sud ! »
De quelle veine sera votre concert ?
«Le fil conducteur c’est le dernier album, ça c’est clair, c’est la tournée « Je me souviens ».Ce sera autour de lui, mais bien sûr je visiterai aussi les anciens albums. Et puis j’allais dire un peu comme d’hab, ce qui signifie que je ne fais toujours pas un récital, je fais un spectacle. Donc il y a un début et une fin, c’est scénarisé quand même, et puis on laisse beaucoup de place à l’impro. »
Est-il plus compliqué de pondre les paroles d’une chanson, de lui adjoindre la mélodie appropriée, ou alors d’en exhaler l’essence sur scène ?
« Ce qui est compliqué, c’est de ne pas la trahir sur scène, ça c’est important, et lui donner un sens, sinon différent, en tout cas un autre angle de vue sur scène. Pour faire une chanson c’est toujours compliqué quand on commence avec une page blanche. Après, quand on met le mot « fin », ou quand on décide que c’est la fin, ça n’a pas été compliqué, mais exaltant. »
Les mille et une choses de l’existence vous fournissent une authenticité certaine. Les appréhendez-vous en écorché vif ?
«Oui, tout le temps. On est tous des écorchés vifs, je pense qu’on en est tous là avec les questions : pourquoi, qu’est ce qu’on pourra, etc. Il y en a qui trouvent les réponses dans la religion, ce n’est pas mon cas. Je cherche des réponses un peu ailleurs, et à défaut de réponses, parce que je ne m’attends pas à avoir des réponses, je cherche une sorte de compassion de mon contemporain à travers ce que je peux trouver comme sujets. Autrement dit, de voir qu’ensemble on vit des choses qui sont similaires. »
Votre 6ème album studio -« Je me souviens », sorti en 2015- traduit la vie qui fuit à grandes enjambées. Vous forgez-vous une philosophie à cause de cela ?
«A cause, c’est bien de dire à cause effectivement, car j’aime la philosophie dans son ensemble ça sert surtout à trouver d’autres questions qui remplacent d’autres questions, pas forcément des réponses. Face à ça, je cherche surtout une quiétude. »
L’auteur-compositeur-interprète est-il comblé ?
« Jamais, sinon j’arrêterais Ce qui est intéressant, c’est justement d’être tout le temps en recherche de quelque chose. Donc, si j’étais comblé, ce serait un peu comme quelqu’un de repu. Quand on est repu on n’a plus envie de manger, or j’ai toujours envie de dévorer. »
Vous sentez-vous proche d’un chanteur français en particulier dont vous auriez éventuellement « subi » l’influence ?
«Il y a des gens que j’aime, mais je ne sais pas si on peut parler d’influence subie. Je ne sais pas trop d’où viennent mes influences, et en même temps je le sais. C’est un ensemble, j’ai tellement écouté de chansons francophones et autres, avec des chanteurs comme Paolo Conte, Leonard Cohen, etc. qui m’ont plu aussi. Je ne me sens pas forcément particulièrement influencé par un, mais par une idée globale de ce qu’est la chanson, ça, ça m’influence pas mal. Les gens dont je me sens proche ne font pas nécessairement les mêmes choses que moi. Il y en a beaucoup que j’écoute en ce moment qui ne sont pas forcément dans un registre identique. Ce n’est pas obligatoirement ce qui m’intéresse de voir mon miroir, de l’écouter. J’aime beaucoup par exemple Maxime Le Forestier avec qui j’ai eu la joie de partager des moments, que j’ai énormément écouté quand j’étais gamin. Il m’a permis d’ouvrir les yeux, d’ouvrir des livres également, ce qui est important, et pourtant je ne me sens pas particulièrement proche de lui musicalement. Ce serait dommage d’ailleurs de se ressembler. »
Que vous inspire le monde du show-biz ?
« Je ne sais pas si je fais le même métier que ça. Après, chacun voit midi à sa porte et fait son truc. Le show-biz pour le show-biz, ce n’est pas quelque chose qui m’émeut ou me donne envie. J’aurais peut-être eu envie si j’avais débuté plus jeune, mais j’ai commencé assez tard, et le show-biz est assez lié à ces espèces de mots à l’emporte-pièce comme les stars par exemple. Ca n’a pas beaucoup d’intérêt pour moi. J’aime bien les chanteurs, les gens qui font ce travail-là, j’en croise beaucoup qui ne sont pas du tout du show-biz, dont des que vous n’entendrez jamais parler peut-être, mais qui tournent, qui réalisent des choses. J’aime bien les gens qui sont artisans en fait, j’apprécie cette idée de l’artisanat. Mais le show-biz, je ne sais même pas ce que le mot veut dire exactement. C’est show et business, ça serait le pognon autour du business. Donc le business autour du spectacle Ca veut dire à peu près ce que ça veut dire, ce n’est pas mon truc ce qu’il y a de sûr. »
Michel Poiriault
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