Culture
Promis, juré, craché, Il y aura "Deux hommes tout nus" le 21 février à Chalon. A vous de voir maintenant si l'enjeu en vaut la chandelle...
Publié le 11 Février 2016 à 10h48
Sulfureuse en apparence, la pièce ne tarde pas à prendre la tangente vers un imbroglio dû à un constat irréfutable. En effet, dépouillé de ses vêtements, un avocat se réveille un beau matin à son propre domicile en compagnie de l’un de ses collègues de bureau, également allégé de ses habits, sans que les deux mâles ne comprennent, et surtout révèlent, le pourquoi du comment…Lorsque la femme de l’homme de loi se pointe, c’est l’incompréhension totale ! Comment, dès lors, justifier l’injustifiable, ainsi se présente la quadrature du cercle…Géniteur de ces moments crevants, et l’un des deux larrons, Sébastien Thiéry a consenti à revenir sur cette comédie « Deux hommes tout nus », laquelle exhibera ses divers charmes le dimanche 21 février à 17h en l’Espace des arts de Chalon-sur-Saône.
Est-il piégeux d’écrire une comédie ?
« Je crois qu’il faut toujours traiter d’un sujet grave, mais avec légèreté, c’est le principe des comédies. Je n’écris que des comédies, pour moi écrire une comédie ou une tragédie, même si j’ai du mal à savoir les inconvénients de cette dernière, ce sont deux choses identiques ; c’est juste le ton qui est différent. Une comédie, c’est toujours un drame, mais avec des effets comiques, des enjeux similaires. »
Faut-il voir derrière le paravent de la nudité des choses dont seul l’inconscient a le secret ?
« Oui, complètement, vous avez raison, c’est une pièce sur l’inconscient. Les choses arrivent, et c’est une métaphore sur l’inconscient. L’action qui se déroule, on ne sait pas si c’est une vraie action, ou si elle est dans leur tête, et la nudité fait partie de ça. En fait des gens se retrouvent tout nus sans savoir pourquoi. »
Comment réagit le public face à cet état de fait ?
« Les gens ont ri pendant une heure et demie. Ils sentent que ça leur a fait du bien, et en même temps ils sont contents d’avoir ri sur un sujet un peu inhabituel. Normalement c’est la maîtresse qui est planquée dans le placard, et là ce n’est pas la maîtresse, mais un homme. On ne sait pas en plus d’où il sort, on ne comprend pas ce qu’il fait ici, c’est un peu ça l’originalité de la pièce. Le public est heureux d’avoir vu une pièce de boulevard, mais avec une construction et un fond différents. »
Avec neuf pièces à votre actif, vous sentez-vous davantage créateur que comédien ?
« Oui. Je suis acteur parce que j’aime bien ça. J’adore travailler avec des gens que j’aime comme François Berléand, mais ma priorité maintenant c’est être auteur, écrire des histoires. »
Vous êtes aimanté par l’irrationnel, est-ce par souci de provocation, pour forcer les spectateurs à s’engouffrer dans les dédales de votre cheminement, ou pour une autre raison ?
«Non, c’est ma façon d’écrire. J’aime autant le théâtre de l’absurde que le théâtre de vaudeville, et je crois que j’ai inventé mon style en mariant ces deux formes de théâtre. Je trouve que les deux sont compatibles, je me sens à l’aise avec elles. J’ai le sentiment que c’est une recette qui marche bien, puisqu’à chaque fois j’ai du succès dans mes pièces. »
Le cinéma et la télévision ne sont par ailleurs en ce qui vous concerne pas des inconnus. Le théâtre est-il véritablement le nec plus ultra ?
« Le théâtre, pour moi, c’est l’endroit où on a la plus grande liberté quand on est auteur, où on peut raconter les choses les plus étonnantes, aujourd’hui. Il y a moins de contraintes industrielles, financières, liées à la publicité, ce n’est pas comme au cinéma ou à la télévision. Là, la seule personne à convaincre, c’est l’artiste qui va jouer mes textes, comme Berléand, Muriel Robin, ou Arditi… »
Le 27 avril 2015 vous étiez en tenue d’Adam à la 27ème Nuit des Molières devant la ministre de la culture en particulier, cette fois afin de prendre le parti des auteurs de théâtre. Est-ce que cela s’est révélé payant ?
« Disons que chaque manifestation dans ce genre-là est payante, ça rajoute une petite pierre à l’édifice. Après, voilà, c’est aussi une façon de parler d’un problème en faisant rire les gens, et les choses ne se sont pas arrangées du tout depuis. C’était une provocation un peu gratuite. Comme dans mes pièces, où on ne sait pas très bien si c’est du lard ou du cochon… »
Toutes les places ne sont pas prises
Infos et réservations : A Chalon Spectacles au 03.85.46.65.89 ; www.achalon.com; www.les-theatrales.com
Crédit photo : Laurencine Lot Michel Poiriault
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