Chalon sur Saône

A Chalon sur Saône, l'opposition dénonce la gestion par le maire du dossier de l'aménagement de la Place de Gaulle

A Chalon sur Saône, l'opposition dénonce la gestion par le maire du dossier de l'aménagement de la Place de Gaulle

Et elle s'appuie sur le rapport du commissaire-enquêteur qui a donné un avis défavorable. Les explications d'info-chalon.com.

C'était le dossier chaud du soir... Un dossier qui est apparu sur table et pas inscrit à l'ordre du jour du conseil municipal. La lecture du procès verbal de séance de la réunion de la commisslion locale du secteur sauvegardé de Chalon sur Saône a mis le feu aux poudres, entre Françoise Verjux-Pelletier, ancienne 1ere adjointe en charge de l'urbanisme sous la précédente mandature et Gilles Platret. Le maire a pris un long, très long moment afin d'évoquer le dossier de l'aménagement de la Place de Gaulle, rappelant les principes de base, qui ont amené à la reflexion de l'aménagement, sur lesquels, info-chalon.com est déjà revenu. 

Le 12 janvier, la commission locale du secteur sauvegardé était consultée sur un projet de modification du plan de mise en valeur et de sauvegarde de Chalon sur Saône, approuvé il y a plus de 25 ans maintenant. Le projet de modification portait sur l'Ile Saint Laurent et la place de Gaulle. L'avis unanime de la commission (composée du Président du Grand Chalon, du Sous-Préfet, de 7 élus communautaires issus de la majorité, 5 représentants de l'Etat, 5 personnes qualifiées (dont trois anciens élus de l'époque à Dominique Perben) a permis d'engager la procédure d'enquête publique, sous l'égide de l'Etat, avec la désignation d'un commissaire-enquêteur par le tribunal administratif. 

Une enquête qui s'est déroulée du 15 février au 18 mars, avec une demande de prolongation de 14 jours demandée par le commissaire-enquêteur (et pas par la maire comme a souhaité le rappeler Françoise Verjux-Pelletier), "considérant  l'ignorance du porjet du secteur de Gaulle par le public et l'insuffisance des modalités de concertation avec la population avant l'enquête publique" a tenu à rappeler l'élue d'opposition, reprenant les propos formulés par le commissaire-enquêteur. 

L'enquête publique  a demandé de "laisser la place Général de Gaulle à sa vocation d'espace public inscrit en zone pavages et jardins sans modification ni de zonage, ni du réglement la concernant...

Gilles Platret affiche une enquête publique sur la modification du secteur sauvegardé... et non sur le projet de construction

Afin d'appuyer sa défense face aux remarques formulées par le commissaire-enquêteur, le maire de Chalon a affiché la nature de l'enquête publique, avant de rappeler " que l'étude urbaine réalisée par le cabinet Berthet-Liogier-Caulfuty a conclu à l'impact positif du projet global sur le tissu urbain et pour les habitants. Des réunions de concertation et d'information ont été organisées avec les commerçants et les habitants avant le démarrage de l'enquête publique. Lors des réunions, les commerçants n'ont pas montré une forte opposition au projet". Le maire de Chalon a annoncé que le projet architectural sera présenté au public lorsqu'il sera finalisé tout en signalant que le droit avait été respecté dans la manière de gérer le dossier. Françoise Verjux-Pelletier s'est  amusée à rappeler à l'ancien candidat aux municipales, ses engagements de campagne, " à consulter la population pour tout aménagement urbain d'ampleur".

"... décidée à la hâte, sans concertation, suite à une opportunité qui s'est présentée à la ville"

Le rapport du commissaire enquêteur ne sera pas tombé dans l'oreille d'une sourde. Françoise Verjux-Pelletier en tête, l'opposition municipale a rappelé les remarques formulées officiellement par le commissaire-enquêteur, demandant à ce que le maire de Chalon y réponde. "Il est évident que le dossier n'a pas vraiment abouti et qu'il a été conclu dans l'urgence", "le projet de modificiation ne détruit effectivement aucun espace boisé classé au sens légal, cependant il tend à faire disparaître une trentaine d'arbres agrémentant ce point névralgique au coeur de la ville. Il s'agit d'un choix délibéré du Grand Chalon allant à l'encontre de l'avis de l'architecte des Bâtiments de France", "on lit dans le rapport de présentation que la ville de Chalon s'engage à replanter deux arbres pour un abattu. Cependant, il n'est pas indiqué avec précision où sera plantée  cette soixantaine d'arbres nouveaux" précise le rapport du commissaire-enquêteur. 

Accusée de mensonge...

Françoise Verjux-Pelletier a enfoncé le clou en s'appuyant sur la lecture du rapport 15 lié au Plan de Sauvegarde et de mise en valeur, qui fait état "d'un bâtiment commercial d'une hauteur minimale de 11 m et maximale de 18m, présence ou non d'un parking sous bâtiment, toiture-terrasse partiellement commerciale ou non, évoquant le maitien des quelques places de stationnement". Autant de propos formulés noir sur blanc qui ont eu de quoi soulever les interrogations de l'opposition. Des propos qualifiés de mensongers par Gilles Platret, rappelant que l'ancienne équipe n'était pas étrangère à l'accueil d'un H&M à Chalon sur Saône, "Mme Verjux, n'y avait-il pas un projet dans les anciens locaux du CCAS ?". Un moyen de répondre aux accusations formulées par l'opposition de voir une enseigne fragiliser le tissu économique chalonnaise. 

Reste que malgré toutes les remarques formulées par le commissaire-enquêteur, la majorité municipale par la voix de Gilles Platret a validé une nouvelle étape dans la construction de l'espace commerciale dédié à l'habillement. 

Laurent Guillaumé