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Franck Gino Tessaro, est le patron du Café Frances à Lima au Pérou
Publié le 09 Juin 2016 à 06h51
Le coup de coeur d'info-chalon.com
Voilà maintenant 4 mois que j’ai quitté mon pays natal, la France et Saint Marcel pour le Pérou. Depuis l’obtention de mon diplôme, j’ai décidé, du haut de mes 21 ans, de parcourir le monde, mêlant découverte culturelle et aide humanitaire. Il faut bien l’avouer, la gastronomie, bien que très bonne au Pérou, me manque. Je décide d’arpenter les rues à la recherche du graal : une boulangerie française
Je me retrouve dans le quartier de La Molina. Il n’est pas le plus touristique à Lima. Cependant, ses habitants sont plutôt ouvert aux saveurs étrangères. Je trouve enfin ce que je cherche : Le café Frances, donnant sur l’avenue principale.
J’entre. Passée le pas de la porte, j’aperçois Franck, le propriétaire. Je l’observe quelques secondes installer amoureusement ses pâtisseries, tout juste sorties du four. Il est 9 heures, la journée ne fait que commencer. L’odeur me donne l’eau à la bouche. Me voilà, quelques instants transportée en France.
Tout sourire, Franck Gino Tessaro, 39 ans, m’accueille. Je m’y sens immédiatement comme à la maison.
En novembre 2013, Franck décide de plaquer sa vie parisienne « avec les larmes de ma mère » pour venir s’installer avec sa femme, Marianne, Franco-Péruvienne, à Lima. « Les prix de la vie devenaient exorbitants » confie t’il. Dans le domaine commercial, il entame une formation en boulangerie. « En tant que bon français, j’adore la gastronomie. Je lis des centaines de livres, me documente souvent. » Français, Italien et Allemand, la culture culinaire s’établie dès le son plus jeune âge. Installé depuis 17 mois, l’affaire tourne. Mais tout n’a pas été facile. « Lorsque que je suis arrivé, il y eu un gros coup de mou. Lima est une ville particulière, tout comme son ambiance. Puis j’ai décidé de m’adapter. Je n’avais pas le choix si je voulais arriver jusqu’au bout de mon projet ».
« L’ouverture d’un café français était une évidence. J’ai le souvenir des bistrots parisiens, ou le patron est avec sa serviette sur l’épaule, servant le café ou le jambon beurre à son client accoudé au bar. Je veux étendre la culture gastronomique, ouvrir les péruviens à d’autres saveurs. Il est vrai que la gastronomie péruvienne est riche dans tous les sens du terme, explique t-il en souriant. Les quantités sont gargantuesques, mais ils en sont fiers et pensent que c’est la meilleure du monde. On ne peut pas leur en vouloir, pour la majeure partie, ils ne connaissent que celle-ci. Ils privilégient souvent la quantité par rapport à la qualité, même s’ils savent faire une différence entre une bonne ou une mauvaise causa.( La causa est un plat typique du Pérou, présenté sous forme de millefeuille de pomme de terre fourré au poulet, au thon ou aux légumes). Généralement, les péruviens pensent que la gastronomie française est chère puisque les portions sont plus petites. Si l’on pratique notre métier avec passion, cela se ressent dans nos produits et on n'a pas de problème. »
En vitrine, la tarte au fraise joue des coudes avec tarte tatin, croissants et madeleines. « Les choses les plus simples sont souvent les meilleures ». Tout est fabriqué sans colorants ni conservateurs. « Nous ne vendons pas de soda. J’aime mettre en avant les fruits, ici, au Pérou, les tartes aux fruits n’existent pas beaucoup. »
Dans un pays bien loin de penser à l’écologie, Franck met un point d’honneur à réduire la consommation d’objets non biodégradables. .
Aujourd’hui, Franck le dit lui même « un simple morceau de brie me régale et me fait sentir en France. Je le mange petite tranche par petite tranche et prends le temps de savourer chaque morceaux. C’est un peu un rituel, mon moment où je suis transporté en France. Pourtant, avant, le brie ne me faisait pas cette effet ! ».
Même s’il est informé de la situation française, Franck voit tout cela d’assez loin. « Je travaille beaucoup je n’ai pas le temps de beaucoup m’informer, je reçois quelques alertes. Pour être honnête, je me sens plus beaucoup concerné. Bien sûr, lors des différents attentats, j’avais les larmes aux yeux, mais les autres problèmes, même si je ne les minimise pas, je suis loin de tout cela. » Il explique lui même que la situation lui fait mal au cœur mais que les Français ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont « Ici, les péruviens travaillent 6 jours sur 7, plus de 50 heures par semaine lorsque l’on s’en sort bien. La plupart travaille plus que cela. Les vacances se comptent sur les doigts d’un main. Il ne faut pas avoir peur du changement même si cela n’est pas facile. Si l’on veut améliorer la situation en France, il faut se bouger. »
Et si demain quelqu’un veut partir à l’aventure, Franck n’aurait qu'un conseil « être prêt à changer de culture à 180 degrés, croire en soi et tout donner pour arriver à son objectif ».
De son côté, Franck songe à ouvrir, en début d’année, une nouvelle boutique avec de nouveaux produits Franco Italien.
Marion-Ségolène Chemin Perraudin
pour info-chalon.com
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