Chalon sur Saône
Les mordus du CrossFit ont fait fissa à Chalon-sur-Saône pour dompter leur corps
Publié le 12 Septembre 2016 à 17h39
Selon la version officielle, le CrossFit (une marque déposée) est « une combinaison d’haltérophilie, de gymnastique, de course et de rameur lors de séances en petits groupes encadrées systématiquement par un coach. » Voilà brossé le tableau d’une discipline physique éminemment énergivore qui ne cède pas un pouce de terrain à l’a-peu-près et au dilettantisme. Magma CrossFit, la première salle du genre ouverte à Chalon-sur-Saône, à la mi-août 2016, n’a pas tardé à voir se rameuter ses adeptes, à un degré ou à un autre.
Le bouche-à-oreille a assuré une base solide à Magma CrossFit
Né aux Etats-Unis en tant que méthode de préparation dans les camps militaires, à l’intérieur d’un hangar, voire plus prosaïquement là où c’est réalisable, le CrossFit a vu de 2010 à 2015 cent salles prendre exclusivement fait et cause en faveur de l’activité multiforme en France. Et, entre 2015 et 2016, cent également, avec donc une durée cinq fois moindre. Pour la petite histoire, le rugbyman Frédéric Michalak en a une à son nom depuis un an à Toulon. C’est dire la spirale du succès qui est en vigueur ! En Saône-et-Loire, Chalon a emboîté le pas à Mâcon, terre d’accueil de deux salles. Fin de l’inventaire. Originaire de la ville-préfecture, Magalie Rochay aura, à la sueur de son front et à la force du poignet, réinjecté de la vie en zone industrielle nord de Chalon, en lieu et place des anciens locaux d’une entreprise de peinture et plâtrerie, fermée durant un an et demi. Sa Box (salle en d’autres termes) était née.« Les Chalonnais l’attendaient beaucoup. En deux semaines cinquante personnes se sont inscrites, soit l’objectif de deux mois et demi, sans communication ! On reste sur l’esprit épuré, il y a 0 machine. L’entrainement est fonctionnel, il améliore la condition physique de tout le monde. » Si l’homme préhistorique en pratiquait à son insu, ça s’est ensuite développé en préparation physique à destination des footballeurs, rugbymen, boxeurs… »C’est vite devenu un sport avec des compétitions nationales et internationales, dont le pays leader est les U.S.A. », ajoute Magalie, titulaire d’une licence staps, du Bpjeps agff D (elle a été sollicitée par Pierre Terzi, le préparateur physique des équipes de France masculine et féminine de hand-ball, afin d’être formatrice au C.R.E.P.S. de Dijon pour enseigner aux futurs titulaires du Bpjeps mention D), du crossFit level 1, ainsi que du monitorat d’haltérophilie Qui est susceptible de se faire violence dans les règles de l’art ? « L’âge minimal est de 5 ans. On est alors plus sur du développement, de la coordination, de la mobilité, de la dissociation, de l’éveil, de même que dans l’apprentissage de la connaissance et de la gestion de son corps. Généralement, parents-enfants ça plaît beaucoup. C’est une activité en commun qui permet aux parents de s’entraîner aussi, et simultanément, ça crée un lien différent. Les séances ont lieu le mercredi de 16h à 17h, et le samedi de 10h à 11h. »
Il y a encore plein de places
Quant à la limité d’âge supérieure…il n’en existe pas ! L’adaptation prime alors sur tout le reste. « Le but, pour la grand-mère par exemple, c’est qu’elle puisse se lever toute seule de son canapé, être autonome. Ici il y a l’ensemble des profils, du débutant arrivé par curiosité à l’athlète qui veut préparer des compétitions. J’ai une mixité de personnalités, on est dans la même équipe : salariés, chefs d’entreprise, mamans… Il y a énormément de boxeurs et de rugbymen qui veulent s’améliorer. » Toutes les séances sont encadrées, les groupes ne devant pas dépasser quatorze unités, pour une simple et bonne raison : que ce soit du coaching, et pas de l’animation. Ce qui représente quand même pour la coach un maximum de six cours à diriger du lundi au vendredi, tandis que le samedi la Box n’autorise pour l’heure les bonnes suées que de 10h à 13h. La visée pédagogique ne réside pas dans l’aspect bodybuildé du participant, ni dans la construction d’un Rambo ou d’un Rocky. Elle est ailleurs. «L’important, dans le CrossFit, c’est la dimension mentale : 70% du travail, avec le dépassement de soi à chaque fois, car on a tous des croyances limitantes. Je veux vraiment montrer à chacun les possibilités dont il dispose grâce aux objectifs individuels. Il n’y aura jamais deux fois dans l’année la même séance. La meilleure fréquence, c’est trois fois par semaine. Le premier adversaire, c’est vous. Pour moi, le CrossFit permet de s’épanouir dans ses vies privée et professionnelle. » Sachez que Magalie, alias « La panthère », accepte encore largement du monde…
Un rendez-vous annuel de démocratisation dans les cartons
En règle générale ce sont des couples qui mènent à bien une entreprise de cette ampleur. Pour le coup, Magalie Rochay revendique ce projet monté de A à Z. « Je suis une des seules femmes en France dans ce cas. Ca permet de montrer que tout est possible. A mes yeux, la femme est au moins aussi forte mentalement que l’homme, sinon plus. Je suis le coach, je l’ai prouvé. On n’est pas dans la mauvaise concurrence. J’ai toujours été dans des milieux masculins. » Magalie ne souhaite pas s’endormir sur ses lauriers, et conçoit l’avenir d’une manière encore plus musclée. Des personnes, aux qualités requises, ont demandé à prendre part à des compétitions de CrossFit. Pas de veto de la part de la grande prêtresse, individuellement ou par équipes. Elle place également une autre pièce sur son échiquier. « Je compte faire annuellement une grosse compétition sur Chalon avec les grosses Box de la région, avec des gens qui veulent essayer, ou plus spécialisés. » Quelle est la marque de fabrique de Magma CrossFit ? «Il y a ce côté intense et brûlant dedans, et à l’extérieur on ne voit rien », définit Magalie.
Renseignements :
Magma CrossFit, 43, route de Demigny. 06.50.74.65.34, [email protected] A signaler que la première séance est offerte sur présentation d’un flyer, disponible à l’adresse précitée. Cerise sur le gâteau, l’abondance de l’espace pour se garer librement, à côté de Promocash.
Michel Poiriault
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