Chalon sur Saône
Sandrine Collette répond aux questions d'info-chalon.com...
Publié le 08 Février 2017 à 11h00
Son 1er roman 'Des noeuds d'acier' aux Editions Denoël, collection Sueurs Froides, a obtenu le Grand Prix de littérature policière 2013. Depuis, elle enchaîne les succès notamment avec 'Il reste la poussière', Prix Landerneau du Polar 2016. A l'occasion de la sortie de son nouveau roman 'Les larmes noires sur la terre', elle viendra à la rencontre de ses lecteurs, le samedi 11 février de 15h00 à 18H00 à la librairie Develay à Chalon-sur-Saône.
Née en 1970 à Paris, après un bac littéraire puis un master en philosophie, Sandrine Collette obtient un doctorat en Sciences Politiques. Elle devient chargée de cours à l'Université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en RH. Les chevaux, la campagne... la séduisent et elle vient s'installer dans le Morvan. Interview d'une autrice inclassable qui multiplie les réussites successives...

Qu'est-ce qui vous a inspiré ce dernier roman "Les larmes noires sur la terre"?
En 2014, j'ai écrit une nouvelle pour "Les Petits polars du Monde", qui se déroulait dans ce même univers. J'ai eu plusieurs retours enthousiastes et l'idée d'en faire un jour un roman, car ce décor d'une "ville-casse" méritait à mon sens davantage qu'une simple nouvelle. Pour l'histoire, c'est autre chose. Peut-être l'évolution vers des personnages féminins et toute la force que cela apporte, toute la différence d'avec mes précédents romans où les personnages centraux sont souvent des hommes.
La presse, dont les termes sont toujours élogieux à votre endroit, dit également de vous que vous n'épargnez rien à vos lecteurs...
Je crois que si l’on regarde ce qui se passe dans la réalité, je suis très en deçà de la violence, de la haine, de la folie dont nous entendons parler régulièrement. D'ailleurs, je ne cherche pas à surenchérir par rapport à cela, ce serait gratuit et je déteste la violence gratuite : tout ce qui est écrit dans mes romans sert à arriver au dénouement, il n'y a surtout pas de sang juste pour avoir du sang. Je n’enjolive pas, mais je ne dramatise pas. Après, je pose un regard sur la société et c'est peut-être ce qui bouscule mes lecteurs, cette proximité avec le monde qu'ils connaissent puisque tout pourrait arriver "en vrai" et, à la limite, tout pourrait nous arriver à nous.
Vous avez déclaré : "Je crois que je ne suis pas un auteur intellectuel mais émotionnel", pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet?
C’est simplement le sentiment que j’ai d’écrire avec mes émotions, avec instinct – certains diraient « avec les tripes » - sans chercher à faire de belles ou longues phrases, même si je suis très sensible à la qualité de l’écriture, qui ne peut que servir un livre. Ce que j’aime, c’est quand un lecteur me dit qu’il a tremblé, fait des cauchemars, vibré, pleuré ; quand il me parle d’un livre avec les larmes aux yeux ou des trémolos dans la voix.
Un roman par an depuis 2013, tous auréolés de succès, écrire, est-ce devenu une "urgence vitale"?
Je ne suis pas sûre que cela relève de l’urgence vitale. Mais d’un plaisir explosif, oui. J’ai mis 20 ans à oser écrire un roman et il y a une sorte de joie sans mélange à faire ce que j’aime, en plus d’un cercle vertueux selon lequel plus vous vous servez de votre imagination, mieux elle fonctionne.
Etre un auteur "inclassable", c'est une volonté de votre part ?
Non, mais je suis ravie qu’on le dise ! Je pense que cela vient d’un paradoxe de ma part : je voulais écrire des romans lumineux, poétiques, initiatiques, et j’ai écrit des romans sombres, tristes, durs. Le résultat, c’est quelque chose classé en littérature noire mais qui n’est pas du polar et que de plus en plus de libraires mettent à la fois sur les tables de littérature policière et de littérature générale.
Du côté des autres auteurs, quels sont ceux qui vous ont le plus influencée?
Justement, pas d’auteurs de polars car je ne suis pas une grande lectrice de noir, en-dehors d’Arsène Lupin… En vrac, je pourrais citer Marguerite Duras, les frères Grimm, Alessandro Baricco, Luis Sepulveda, Lucette Desvignes…
Que lisez-vous en ce moment?
« Les terres du bout du monde » de Jorge Amado : l’histoire de ces paysans misérables du Brésil partis tenter la terrible aventure du cacao dans la région de Bahia au début du 20e siècle.
La musique a-t-elle une place importante lorsque vous écrivez?
Je n’écoute pas de musique en écrivant. Il arrive qu’à d’autres moments, une musique entendue fasse surgir une idée, une étincelle, mais c’est assez rare et fugitif.
Dans vos projets, un nouveau roman, pour 2018?
Oui, et même pour 2019… Mais vous savez que bien souvent, un auteur n’aime pas parler de ses prochains livres trop en avance… superstition, peut-être ?
Crédit photo : JM Jaclot

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