Chalon sur Saône
Femmes à l'Honneur [Portrait 13] - Dominique Copreaux : " Plusieurs projets sont sur le point d’aboutir et je m’y impliquerai avec passion car je souffre de voir cette ville que j’aime dépérir."
Publié le 08 Mars 2017 à 18h00
En 1996, Dominique Copreaux passe avec succès un troisième cycle de droit public à Lyon où les étudiants l’appellent la « Jeanne Calment de la promo » ! Puis, à la retraite, elle s’engage pour la petite enfance en devenant nounou et participe à GERE, association qui aide les mamans en difficulté ; elle est également bénévole à la Croix Rouge. Elle a exercé avec bonheur la fonction d’adjointe petite enfance, famille et santé. Elle a été, également, sollicitée par des personnes en très grande difficulté pour structurer une association qui glane les invendus du marché et qui les redistribue gratuitement aux chalonnais précaires (14 tonnes de légumes et de fruits en 2015).
Née le 1er février 1950 à Lyon, les racines de Dominique Copreaux sont cependant ardéchoises, " plus exactement de la montagne cévenole si pauvre, mais aussi si belle et si attachante, celle qu’a célébrée Jean Ferrat", nous explique-t-elle, avant de poursuivre : " Je suis l’aînée de 6 enfants et j’ai grandi entourée de petits, dans une famille unie ; cela fera ma force et me donnera aussi très vite conscience de ma chance, chance que je voudrais partager. Je suis arrivée à Chalon-sur-Saône en 1965, il y a donc 52 ans."
Après la Faculté de lettres à Dijon puis quelques concours administratifs, elle devient Attachée de préfecture en 1975. Elle fera l’essentiel de sa carrière à Chalon-sur-Saône où elle exercera diverses fonctions : réglementation, affaires économiques, pour finir par contrôle de légalité. Mariée, mère de cinq filles, sa vie familiale sera marquée par le décès de sa dernière fille âgée de 5 mois.
En 2014, elle reçoit la Médaille de l'Ordre du Mérite.
Que représente pour vous la journée de la Femme ?
La journée de la femme n’a longtemps pour moi représenté qu’un gadget, de la com facile, mais depuis quelques années, c’est devenu un jour important, très important même, au regard des difficultés spécifiques des femmes dans le monde et dans notre pays.
Au long de votre vie ou de votre carrière, avez-vous vécu des inégalités hommes/femmes ?
Oui bien sûr... En 1999, je décide, après la mort d’une de mes filles et une rupture, de reprendre mes études et de passer à Lyon un troisième cycle en droit public, à presque 50 ans. La sélection était drastique car il y avait beaucoup de candidats jeunes ou plus âgés. Je suis la seule que l’on a longuement interrogée sur la vie familiale ; il est vrai que j’entraînais dans mon aventure 4 filles, "c’est une petite PME" m’a-t-on dit à l’époque.
Quelle est votre devise ? Votre philosophie ?
Ma philosophie, c’est toujours penser à s’engager de façon citoyenne, rien n’est donné sans effort ou combat.
Que défendez-vous ?
Je défends en priorité les femmes et les enfants, rien ne me touche plus.
Que voulez-vous transmettre ?
Je souhaiterais transmettre l’idée que la bienveillance (l’amour ou le goût des autres) est la seule solution aux problèmes de l’humanité.
Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu ?
Le meilleur conseil que j’ai reçu, est "toujours conserver son indépendance".
Quel est le meilleur conseil que vous ayez donné ?
Le meilleur conseil que j’ai donné est sans doute de ne jamais renoncer à ses aspirations profondes.
Quelle est / Quelles sont les femmes qui vous ont le plus influencée ?
Les femmes qui m’ont influencée et je dirais même aidée, ce sont les héroïnes anonymes qui construisent des vies magnifiques malgré une enfance brisée. Je pense à ma grand-mère, enfant abandonnée à la DASS avec une atteinte oculaire majeure et qui a su répondre à tous les défis d’une vie difficile.
Photo transmise par Dominique Copreaux
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