Chalon sur Saône
ANGIOPLASTIE à Chalon sur Saône - La révolte de l'hôpital gronde... !
Publié le 31 Mai 2017 à 21h11
C'est l'incompréhension qui prédomine dans les couloirs de l'hôpital William Morey. En jeu, le respect du patient, l'égalité de prise en charge et le risque qui pèse finalement sur l'ensemble de la structure de soins.
La légitimité d'un service de coronarographie-angioplastie à Chalon sur Saône n'est plus à démontrer. Il suffit pour s'en convaincre de regarder le nombre de prises en charges réalisées au cours de la seule année qui vient de s'écouler. Alors être pieds et mains liés, soumis à une décision de l'Agence Régionale de Santé qui ne vient pas, et qui risque même d'être contraire à tous les engagements formulés depuis près d'une dizaine d'années que le dossier est travaillé, c'est véritablement la goutte d'eau inssuportable.
En tête de la rébellion, c'est le docteur Arnaud Dellinger, Président de la Commission Médicale de l'Etablissement. Un exercice inhabituel pour celles et ceux qui le connaissent, toujours habitué à chercher le consensus. Mais là, "ça suffit !" s'est-il même permis de commenter, visiblement très agacé devant le risque qui pèse sur la non ouverture d'un centre de coronarographie à Chalon sur Saône.
Au centre de la mobilisation, c'est l'aboutissement du dossier d'autorisation déposé en novembre 2016 auprès de l'Agence Régionale de Santé , qui avait préalablement reconnu le besoin de coronarographie pour le Nord de la Saône et Loire. Un bassin de près de 350 000 patients potentiels, à mi-chemin entre Dijon et Mâcon, équipés les uns de deux centres et l'autre d'un centre, pour autant très proche des deux centres de Bourg en Bresse et de celui de Villefranche sur Saône.
L'ARS avait formulé un préalable à l'ouverture du centre, une coopération accrue entre le CHU de Dijon et le Centre hospitalier de Mâcon, une coopération qui finalement ne s'est jamais mise en place, tant les réticences dijonnaises de voir une concurrence s'installer, sont importantes. Et ce d'autant plus dans le cadre d'une répartition des soins à l'échelle de la grande région, et la concurrence entre Dijon et Besançon.
"La non-ouverture du centre de coronarographie à Chalon sur Saône revient à la fermeture de l'USIC de Chalon sur Saône".
Maxime Fayard, docteur-chef de projet Angioplastie coronaire s'est voulu très clair ce mercredi au cours d'un point presse à l'hôpital devant plusieurs dizaines de cadres de santé du CH William Morey. "Les risques sont considérables avec l'absence d'autorisation. Cela reviendrait à la fermeture de l'USIC de Chalon sur Saône, le non-recrutement de nouveaux cardiologues mais aussi le départ de nombre de praticiens actuellement en place. Les délais de consultation exploseraient et des difficultés pour toutes les spécialités fortement liées à la cardiologie (urgence, neurologie, diabétologie, réanimation, chirurgie).
"C'est un enjeu d'aménagement territorial... une problématique nationale" pour le docteur Dellinger
Arnaud Dellinger, Président de la CME de Chalon sur Saône s'est même permis d'aller plus loin dans la réflexion, avec le risque d'accroître la désertification médicale, alors même que les besoins sont là. "Les urgences seront dans l'incapacité de répondre aux sollicitations, alors même que les cardiologues chalonnais sont sollicités quotidiennement dans le cadre du groupement hospitalier Nord-Saône et Loire. C'est une véritable menace qui pèse sur l'offre de soins sur un bassin de vie majeur en Bourgogne-Franche Comté".
Tous les candidats aux législatives sont même appelés à se positionner sur ce dossier alors même que l'ARS n'a pas encore rendu sa décision. Une décision qui pourrait aller à l'encontre de l'avis consultatif pris le 24 mai dernier. Quoiqu'il en soit, après la montée au front des trois sénateurs de Saône et Loire, le dossier de l'angioplastie à Chalon sur Saône dépasse très loin tous les clivages politiques, il en va tout simplement de l'accès aux soins pour près de 350 000 personnes.
De toute évidence, c'est le début d'une mobilisation sans précédents qui s'annonce à Chalon sur Saône, mais également à Montceau les Mines, Autun et pour une grande partie de la Saône et Loire. Un conseil de surveillance extraordinaire devrait se tenir semaine prochaine.
Laurent Guillaumé
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