Chalon sur Saône
Découvrez ce qu'est le très inquiétant Syndrome O
Publié le 01 Juin 2017 à 08h26
La lyonnaise Bénédicte Vidor-Pierre sera de passage à Chalon-sur-Saône le samedi 3 juin. L'interview info-chalon.com :
Née en 1965, Bénédicte Vidor-Pierre est professeure de philosophie. Passionnée par l'écriture, elle publie son premier roman aux éditions Chemins de traverse en mars 2013. Avec Syndrome O, elle bouscule le lecteur qui cherchera à tout prix, absorbé par ce roman, à le lire d'une traite. À découvrir absolument !
Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ?
J’ai toujours écrit. Tout d’abord pour la sensation esthétique... Étant incapable de dessiner correctement, j’aime me laisser aller à ce geste graphique qui consiste à noircir une feuille et laisser une trace, répétant ainsi ce geste des premiers hommes qui posaient la main sur la paroi de leur grotte, comme pour dire « je suis là. »
Ensuite, parce que l’écriture, au-delà du dessin, est aussi une musique et reproduit cette mélodie intérieure que l’on peut avoir. J’apprécie tout particulièrement les monologues intérieurs faisant part de cette scission entre soi et le monde, mais aussi entre soi et soi-même, comme si on était à la fois là et pas là. Dans ce décalage, on devient à la fois observateur et acteur. Avec l’écriture, cette représentation de la conscience prend sens et aucun jeu n’est possible.
La philosophie s'invite-t-elle dans vos écrits ?
J’enseigne la philosophie et je ne mélange pas les genres. Dans mes romans, je ne cherche pas à faire un cours, pour autant, les questions philosophiques nourrissent mon imaginaire et je cherche à bouger les lignes, modifier ce qui est pris pour « argent comptant » et bousculer les évidences et les a priori. Ainsi dans « Syndrome O » la question de la conscience est omniprésente tant au travers de l’histoire proprement dite qui pose la question de la frontière Homme/Animal, qu’au travers du portait de ces trois femmes qui sont amies et dont l’une d’elles ne peut précisément pas vivre dans l’instant ; elle est toujours en train de se voir faire et ne s’abandonne vraiment jamais.
Que voulez-vous transmettre à travers vos livres ?
La capacité à retrouver l’étonnement.
'Syndrome O', votre dernier roman est le portrait de 3 femmes. Qu'est-ce qui vous a inspirée pour construire la psychologie de ces personnages ?
Ce sont des constructions réalisées à partir de rencontres et puis aussi un peu le regard que je peux porter sur ces autres moi-même que j’ai pu être. Ce sont un peu toutes les trois des caricatures. L’une d’elles est très traditionnelle catholique, un peu bécasse, l’autre plus dévergondée, prenant la vie à pleines dents, la troisième vit dans sa bulle, asociale et presque autiste.
Qu'est-ce que le Syndrome O ?
Tout d'abord, c'est le titre du roman. C'est un syndrome, une pathologie totalement inventée tout comme l'histoire du roman, même si je m'appuie sur les derniers travaux des primatologues. Ce syndrome est l'expression exacerbée d'une conscience qui inhiberait certains à tel point qu'ils seraient davantage dans l'autofiction que dans le réel, toujours en train de chercher du sens à la vie, plutôt qu'à vivre l'instant. Dès lors, cette perte de l'Ici et du Maintenant serait pour certains une forme de pathologie leur interdisant de vivre pleinement, prisonniers qu'ils seraient de cette quête de sens que l'on pourrait comparer à une justification à vivre. Dès lors, la frontière Homme/Animal se déplacerait pour n'être représentée ni par l'âme, ni par la conscience mais par ce fameux Syndrome O qui deviendrait ainsi une nouvelle définition de l'Humain.
Pour en savoir plus, le résumé de l'éditeur : "Primatologue, Ben entretient une relation très particulière avec les grands singes qui occupent le zoo où elle travaille. Malgré son asociabilité́, elle est liée avec la fêtards et libertine Châle, et Marie-Céline, un peu cruche mais attachante. Le quotidien de ces trois femmes s’enracine, au fur et à̀ mesure, au cœur de la frontière entre l’Homme et l’animal qui s’avère de plus en plus trouble. Un roman curieux, qui se lit très vite, et qui vaut aussi pour l’écriture enlevée, quoique parfois un peu brute. À lire pour tous les amoureux de la vie, de la réflexion, de l’amour de nos amis les primates et pour ces trois beaux portraits de femmes."
Venez rencontrer Bénédicte Vidor-Pierre à la librairie Develay à Chalon-sur-Saône (1, place du Général de Gaulle), samedi 3 juin de 14h30 à 17h30. Renseignements : Tél. 03 85 48 28 08
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