Saint-Loup-Géanges : Jean-Frédéric Garnier, un maire engagé depuis 25 ans pour sa commune

Jean-Frédéric Garnier prend la succession du maire sortant, assurant ainsi la pérennité des efforts pour le village de Saint-Loup-Géanges et ses habitants. Info-Chalon donne la parole au nouveau maire.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous présenter ?

C’est d’abord une question d’engagement, au sens large : dans ma jeunesse, j’ai toujours choisi d’endosser des responsabilités : délégué de classe, responsable de ma promo d’étudiants puis président d’associations… Mon épouse a eu le même parcours engagé.

C’est également une question de succession. J’ai intégré pour la première fois le conseil municipal il y a 25 ans maintenant, en tant que conseiller d’abord, puis en tant qu’adjoint sur les 3 derniers mandats. Il me fallait poursuivre les efforts effectués depuis toutes ces années. Les élections de 2020 marquent donc mon 5e mandat, mais cette fois-ci en tant que maire.

Je suis natif de Dijon, mais ça fait 40 ans que mon épouse et moi sommes installés à Saint-Loup-Géanges. J’ai souhaité faire coïncider ma prise de fonction avec mon entrée à la retraite, le 1er avril 2020 parce que la mission de maire est un boulot à plein temps.

Justement, quelle est votre idée sur le rôle de maire ?

Je crois que la première qualité est l’exemplarité : si vous voulez être crédible et surtout légitime, il faut respecter des valeurs et les servir sincèrement.

Il faut aussi, bien sûr, porter en soi des qualités d’écoute et de bienveillance. Ça se traduit par une réelle envie d’aider les autres, chercher à solutionner leurs problèmes au quotidien. Pour ma part, je réponds à toutes les demandes et, si la solution ne dépend pas de moi, j’oriente les habitants vers les bons interlocuteurs. Recevoir, communiquer, laisser sa porte ouverte est la condition nécessaire pour établir — voire rétablir — des relations apaisées.

Qui est la nouvelle équipe municipale ?

Elle a été renouvelée à 50 %, soit 11 nouveaux membres sur 19. L’écart d’âge va de 24 ans à 65 ans. La moitié était déjà investie dans la vie associative, ce qui est souvent le cas : on sollicite des personnes dont on sait qu’elles acceptent de donner de leur temps aux autres. La parité est respectée, cependant il est difficile de trouver des femmes de 30-40 ans, car elles choisissent d’être disponibles en priorité pour leurs enfants.

Le 1er adjoint, Michel Duvernois, est l’ancien directeur de la Coopérative agricole Bourgogne Sud. Il vient de prendre sa retraite, c’est son 1er mandat, mais il a beaucoup de relations et je peux m’appuyer sur ses compétences et sa disponibilité. Notre plus jeune, lui, travaille dans la coopérative et a monté un élevage de poules.

Quels sont les atouts de Saint-Loup-Géanges ?

Tout d’abord, sa position géographique est idéale puisqu’elle est située entre deux bassins d’emploi : proche de Beaune (12 km) et de Chalon (24 km).
La population, qui compte 1 700 habitants, est assez jeune. Les terrains sont peu chers et le cadre de vie a tous les agréments de la ruralité : voie verte, 700 hectares de forêt et de beaux bâtiments anciens. On peut citer l’église, qui est classée, et le domaine de l’abbaye de Maizières qui, grâce aux travaux de son propriétaire, François Pellissier, a été convertie en un complexe touristique hôtelier de premier ordre (habitat éphémère dans les arbres, ferme pédagogique…). Il a voulu reconstituer un « rêve historico-monastique vertueux » et s’en est donné les moyens.  

Saint-Loup-Géanges dispose également d’une école avec garderie, cantine, centre de loisirs et bientôt une microcrèche. En plus des artisans, nous avons une pharmacie et une Maison médicale avec 12 praticiens, dont 3 médecins, 2 infirmières. Enfin Saint-Loup-Géanges compte 21 associations, dont celle du basket qui tient une place historique ici puisqu’elle existe depuis 75 ans.

Quelles actions prioritaires la municipalité va-t-elle engager ?

Notre projet principal est la revitalisation du centre bourg. Ce projet de longue haleine s’étendra sur les 6 années de mandat. Nous mettrons en place un cheminement doux, cycliste et piétonnier, qui reliera sur 1 km le centre historique des alentours de l’église à la zone artisanale qui concentre Intermarché, la maison médicale, la pharmacie et de plus en plus d’artisans.

Nous créerons également un éco-quartier en face de la zone artisanale. Il existe un réel besoin d’habitat locatif pour les nouveaux habitants d’une part et les séniors d’autre part. Depuis le confinement, le télétravail a déclenché un nouveau mouvement, fuir les grandes villes et venir s’installer dans un cadre de vie plus serein, en zone rurale notamment.

La création d’une micro-crèche répond à un autre besoin, elle sera construite près du groupe scolaire.
D’autres questions appellent également l’étude d’une réponse rapide : comment aider les gens qui ont des difficultés dans leurs démarches par Internet ? Une structure d’aide est à l’étude. Comment renforcer la sécurité routière et réduire la vitesse des automobilistes qui traversent le village ? Un ralentisseur coûte en moyenne 30 000 à 40 000 €. Il est regrettable de devoir mobiliser cet argent qui pourrait profiter à un service plus agréable, mais la dangerosité est une réalité qu’on ne peut ignorer.

Qu’attendez-vous de l’intercommunalité et du rôle du Grand Chalon pour votre commune ?

Saint-Loup-Géanges a rejoint l’intercommunalité très tard, en 2017. Nous étions parmi les 4 dernières communes de France à être isolées, sur un total de 36 000. Beaune étant le plus proche, c’est tout naturellement que nous avons demandé un rattachement devenu obligatoire, qui nous a été refusé. Nous avions encore un choix entre deux intercommunalités, qui s’est porté sur le Grand Chalon. Mais je déplore le fait que l’intercommunalité, pour certaines communes, se soit construite davantage en fonction des affinités ou inimitiés de personnes au détriment de la logique des bassins de vie. Nos enfants, par exemple, sont scolarisés sur Beaune. Cela dit, nous ne le regrettons pas : Sébastien Martin est un homme ouvert d’esprit, charismatique et qui sait se rendre disponible.

Les compétences du Grand Chalon sur les gros chantiers comme l’assainissement constituent une aide précieuse. Cependant, la difficulté des communes excentrées comme la nôtre crée inévitablement des impasses : nous payons pour la petite enfance sans pouvoir faire usage des structures, notamment les crèches communales, trop éloignées pour nos habitants. C’est un fait, sans solution possible.

Nathalie DUNAND
[email protected]

 

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