Un risque de séparatisme profond ?

«  Pourquoi chercher à contrôler les religions sous prétexte d’un ordre public et d’un droit pénal qui va rompre l’équilibre des relations Eglises - Etat » souligne le professeur de droit public Guillaume Drago.

Aujourd’hui l’Etat voudrait mieux contrôler les lieux de cultes tout en s’appuyant sur la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat. Un contrôle des lieux de cultes et à leurs ramifications sociales que sont les associations, ou encore en contrôlant les écoles libres sous prétexte d’une incitation au terrorisme, car c’est bien cela qui est ciblé par le législateur. Le Sénat doit en débattre au cours de ce Temps de Carême pour les Chrétiens.

Respect de la Loi commune

En mettant en place cette police des cultes ce sont toutes le religions qui sont visées alors que seuls les agissements d’islamistes radicaux en sont la cause. Depuis plus 115 ans toutes les communautés religieuses, en France, ont respecté cette notion républicaine de « laïcité » même si certaine, dont la notre la religion catholique, ont aussi leurs aspects intégristes, mais que je sache aucune de ces religions n’ont osé s’attaquer à ces normes religieuses définies dans la loi commune.

Pourquoi différencier ?

Bien évidemment on peut comprendre la volonté gouvernementale de lutter contre les dérives de l’islam, mais est-ce logique de vouloir différencier telle ou telle religion au regard de la Loi de 1905 ? Différencier c’est reconnaitre cette religion par rapport aux autres et l’Etat se met lui-même hors le loi, hors de cette laïcité qui ne doit pas être une nouvelle religion. Pour reprendre à nouveau Guillaume Drago : «  Chacun doit comprendre que par ce projet de loi, la liberté de parole, d’expression, de réunion, d’association, notre propre liberté religieuse, notre liberté de conscience est atteinte au coeur. »

Une attaque en règle

Ce n’est pas créer une polémique que de vouloir se faire entendre en tant que catholique face aux risques que cette loi peut entrainer avec cette possibilité de contrôle des églises,  des temples, des synagogues, des paroisses, des associations que sont les diocèses ou toutes celles qui animent la vie des paroisses, sans oublier les mouvements de jeunesse ou les associations caritatives qui oeuvrent très souvent en silence, partout dans le monde comme sur notre territoire français, sans une médiatisation à outrance, pour apporter cette chaleur et cet amour aux autres, à ces hommes et à ces femmes d’ici ou d’ailleurs, sans se préoccuper de leur couleur de peau, de leur engagement religieux éventuel, de la foi ou de l’athéisme existant, parce qu’ils s’engagent au nom de leur propre Foi.

C’est une véritable attaque en règle qui laisse à penser à un certain totalitarisme latent, risquant de bouleverser la vie et la référence religieuse qu’elle soit chrétienne, protestante, juive ou orthodoxe  

La Foi une raison de vivre

Puisque le mot « séparatisme » est utilisé trop largement en ce moment, il faut oser dire qu’il y a un risque profond de voir revenir une certaine clandestinité religieuse qui va provoquer un déséquilibre social. Est-il besoin de se cacher pour exprimer sa Foi ? Est-ce aussi difficile que cela de dire «  je vis ma Religion » dont la mission est de professer un Dieu d’amour et de paix qui permet de vivre et de rayonner ?

En étant contrôlé dans cette démarche ce sera le risque de s’enfermer dans une vie hors de cette société humaine qui fait la raison de vivre, d’espérer, de croire, d’aimer des gens qui composent cette Humanité, cette Universalité. Ils seront « séparés » de cette société civile pour laquelle, les croyants, pratiquants ou non, sont acteurs car la foi en Dieu donne à la vie son véritable sens.

La loi de 1905 garantit la liberté de conscience et de religion, c’est une loi raisonnable et la raison n’est pas l’ennemi de la Foi.

JC Reynaud

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