CONSEIL MUNICIPAL DE CHALON - Les oppositions boivent du petit lait sur la question de l'endettement de la ville

Avec un taux d'endettement identique à celui de 2013, celui que le candidat Platret avait qualifié "de mise sous tutelle"... les oppositions ont saisi l'occasion trop belle.

Les conseillers municipaux débattaient ce jeudi soir sur le rapport d'orientations budgétaires pour l'année 2021 et la présentation du montant de la dette de la ville de Chalon sur Saône était très attendue par toutes les oppositions. Aucune n'a échappé au "plaisir" à peine dissimulté de rappeler Gilles Platret à ses déclarations de candidat en 2013, lorsqu'il fustigeait la gestion Sirugue, qualifiant la situation financière de la ville de Chalon sur Saône catastrophique, "et la mise sous tutuelle préfectorale". 

7 ans plus tard, les temps ont changé. Gilles Platret effectue son deuxième mandat, après avoir été élu par deux fois dès le 1er tour. Mais sur la question des finances de la ville, l'affichage d'une dette avec montant identique à celui de 2013 a soulevé l'ironie des élus d'opposition. 

Nathalie Leblanc - Cultivons Chalon

"Vous aviez fixé aux Chalonnais le niveau d’endettement de notre Ville comme repère financier. Nous constatons qu’il est maintenant équivalent à celui qu’a laissé Christophe Sirugue. EQUIVALENT. C’est donc un argument de moins pour vous. Et il faut désormais tordre le cou à cette idée de mise en faillite de la ville par l’ancien maire… Ou alors, il vous faut vous l’appliquer !

Par ailleurs, si le niveau d’endettement est un marqueur, il n’est pas le seul. Car endetter une ville, c’est aussi l’aménager, c’est la projeter dans le futur, pour le bénéfice de tous ses habitants. 

La capacité de désendettement est un autre marqueur très important. 

Un exemple : en 2008, le niveau d’endettement était bien plus bas, 65 M€, mais avec une capacité de désendettement de plus de 20 ans !!!

J’avais déjà fait la démonstration qu’en 2008, la majorité à laquelle j’ai eu l’honneur d’appartenir avait trouvé une situation financière bien plus dégradée que celle que vous avez trouvée en 2014. 

En effet, malgré un endettement plus conséquent, les autres marqueurs avaient été améliorés : meilleure CAF brute, capacité de désendettement ramenée à 10 ans, meilleur niveau de remboursement du capital. 

Et vous auriez dû poursuivre cette trajectoire. Or, que constatons-nous : la CAF brute est moins haute, la capacité de désendettement est plus longue (plus de 13 ans) et devient alarmante, le remboursement en capital de la dette est beaucoup plus bas.

Je veux bien que vous nous ressortiez la baisse des subventions de l’Etat, elles sont réelles. Mais alors qu’il aurait fallu être fourmi, vous avez été cigale". 

Alain Rousselot-Pailley - Ensemble Chalon

"La dette de 82M€ est identique à celle de 2014 après 7ans de mandat ! Ramenée par habitant, elle est plus élevée de 63% par rapport à la moyenne nationale des villes de même taille ! 

Autre chiffre à retenir une capacité de désendettement de plus de 13 années, en 2014, elle était quasiment au même niveau voir légèrement en dessous ! Des marges de manœuvre quasi inexistantes ! 

Vous justifiez cette situation par la baisse des dotations de l’Etat 4M€ entre 2014 et 2017 ? 

alors que pendant la période de 2008-2013, la moyenne des taux d’intérêt à long terme se référant aux obligations d’Etat était de 3,18% et sur la période du mandat précédent 2014 - 2019, ce taux moyen était de 0,78% (divisé par 4) soit une dette qui aurait dû mécaniquement baisser !

enfin concernant les dépenses de fonctionnement, sur les mêmes périodes, à titre de comparaison, le taux d’inflation a été divisé par 2 (1,6% à 0,8%) 

Pour les chalonnais qui nous écoutent, vous baissez les impôts au moment ou l’Etat annonce la suppression de la taxe d’habitation, erreur magistrale de jugement car vous faites baisser les compensations de l’Etat qui prend en compte le nouveau produit des impôts, et vous faites porter cet effort pour des années sur le dos des chalonnais ! "

Cécile Lamalle - Chaque Jour Chalon

"nous nous sommes questionnés sur la phrase « la dette globale est maitrisée, à la fin 2020, elle est identique à celle de début 2014 »…
Cette même année 2014, celle de votre élection sur l’argument que la ville serait mise sous tutelle… au vu du budget de la précédente mandature ? Nous nous sommes donc ironiquement dit « on parle de 2014 ? avant ou après l’élection… ». Car il nous semble être assez cocasse de prendre cette année comme référence 6 ans plus tard.
Doit-on imaginer pour 2022 une référence à 2013 ? … Cela nous questionne donc sur la sincérité de vos propos en 2014 ou bien serions nous toujours dans le « fais ce que je te dis mais pas ce que je fais ».
 
Gilles Platret s'est retranché derrière "les nouveaux services apportés aux Chalonnais", "les dettes cachées sous le tapis", "les dépenses de  fonctionnement moindres depuis des années", "les investissements réalisés", mais de toute évidence, il n'aura pas réussi à convaincre les oppositions sur le bien-fondé de cette dette.
 
Laurent Guillaumé 

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