BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ : Une des régions françaises les plus épargnées par les fragilités socio-économiques

La Bourgogne-Franche-Comté est la 4ème région où la pauvreté est la moins répandue. Mais près de 13 % des habitants de la région sont à plus de 7 minutes d’un médecin généraliste contre 6 % en moyenne pour l'ensemble de la France.

Des fragilités socio-économiques plus contenues qu’au niveau national


Le développement durable vise à soutenir une activité économique qui assure des conditions de vie satisfaisantes pour tous en ne compromettant pas les conditions de vie futures sur Terre. La Bourgogne-Franche-Comté présente un profil socio-économique plutôt favorable en France avec une pauvreté monétaire, des inégalités de revenus et un chômage relativement contenus. En revanche, le niveau éducatif des jeunes apparaît plus en retrait et l’accès aux équipements est souvent plus compliqué, notamment dans l’ouest de la région.

Le développement durable vise à concilier le respect de la biosphère et l’amélioration des conditions de vie. Aussi, l’activité économique pour être durable ne doit pas dépasser un « plafond environnemental ». Le respect de celui-ci ne doit, en outre, pas compromettre l’atteinte d’un « plancher social » qui vise à assurer des conditions de vie satisfaisantes pour tous. Or, la Bourgogne-Franche-Comté est une des régions françaises les plus épargnées par les fragilités socio-économiques.

Des inégalités de revenus relativement contenues

Le niveau de vie médian de la population de la région est comparable à la moyenne de France métropolitaine mais les inégalités sont moins marquées. Les 10 % les plus riches gagnent en moyenne 3 fois plus que les 10 % les plus pauvres. Ce rapport est moins élevé qu’en moyenne en métropole où il atteint 3,4.

La pauvreté monétaire est aussi moins fréquente. Près de 13 % de la population régionale vit sous le seuil de pauvreté en 2018 c’est-à-dire avec moins de 1 063 € par mois pour un adulte seul, contre 14,6 % en France métropolitaine. La région est ainsi la 4e où la pauvreté est la moins répandue. Le taux de chômage est aussi plus contenu. Il atteint 7,8 % au 3e trimestre 2020 contre 9 % en moyenne en métropole.

Des diplômés mais surtout dans les formations qualifiantes courtes

L’insertion des jeunes passe par l’acquisition de compétences. En Bourgogne-Franche-Comté, les jeunes participant à la Journée défense et citoyenneté présentent plus souvent des difficultés en lecture, qu’au niveau national, 12,1 contre 10,5 %. Néanmoins, les jeunes de 20 à 24 ans sortis d’étude sont plus souvent diplômés que la moyenne. Ceux âgés de 30-34 ans ont toutefois un niveau moins élevé. Ainsi, 40 % sont diplômés de l’enseignement supérieur dans la région, contre 46 % en France métropolitaine.

Cela s’explique par le caractère industriel et agricole des entreprises de la région, qui contribue à maintenir et développer des formations qualifiantes courtes (CAP, BEP, Bac professionnel, etc). Des jeunes s’éloignent aussi de la région pour poursuivre des études supérieures, à Paris et Lyon où l’offre de formation est plus diversifiée, ou pour accéder à des territoires proposant davantage d’opportunités d’emplois plus qualifiés.

Un accès plus difficile aux équipements liés à la santé

La Bourgogne-Franche-Comté est un territoire vaste et dispose d’une armature urbaine composée de villes de taille souvent modeste. Elles offrent les équipements nécessaires et rapidement accessibles au plus grand nombre des habitants. Néanmoins, ceux qui en sont éloignés sont assez nombreux. Ils sont 7 % à résider à plus de 7 minutes par la route de l’ensemble des équipements de proximité contre 2 % au niveau national. La Bourgogne-Franche-Comté se classe à l’avant-dernier rang des régions de métropole, devant la Corse.

L’éloignement est marqué pour les équipements liés à la santé. Près de 13 % des habitants de la région sont à plus de 7 minutes d’un médecin généraliste contre 6 % en moyenne. Il en va de même pour les chirurgiens-dentistes, 26 % contre 12 %.

Si le nombre de décès prématurés (avant 65 ans) a diminué en dix ans en Bourgogne-Franche-Comté , ils sont plus nombreux qu’au plan national (+ 4 %), à structure d’âge et de sexe équivalente. La région est la 4e en France où cette surmortalité est la plus élevée.

La moitié pourrait être évitée. La lutte contre la mortalité évitable passe par la réduction des comportements à risque (alcool, tabac, etc), et une amélioration de la prise en charge des personnes par le système de soins (prévention, prise en charge précoce, etc).

Une situation socio-économique favorable à l’est de la région

La Bourgogne-Franche-Comté se divise en six catégories de territoires, définies selon leur fragilité socio-économique et l’éloignement de la population aux équipements.
 
Les territoires les moins fragiles se situent surtout dans la partie est, et en couronne de l’agglomération dijonnaise. La pauvreté monétaire, le chômage de longue durée, et les jeunes de 16 à 25 ans non insérés (c’est-à-dire ni en études, ni en emploi et ni en formation) y sont moins fréquents que dans le reste de la région.

La rapidité pour accéder aux équipements et aux services est, en revanche, très variable. Dans le Dolois et la Bresse bourguignonne, moins de 3 % de la population vit à plus de 7 minutes des équipements de proximité, alors qu’une personne sur trois est dans ce cas dans l’Auxois Morvan.

Le Pays Horloger, le Haut-Doubs et le Haut-Jura sont proches de la Suisse, le travail frontalier concerne de nombreux actifs. Ils sont peu touchés par le chômage, et sont parmi les territoires de la région où la pauvreté monétaire est la moins répandue. Dans le Pays Horloger, elle concerne moins de 7 % de la population. Le niveau de vie y est le plus élevé de la région, mais les inégalités de revenus sont importantes.

Les territoires de l’ouest de la région plus fragiles et moins bien équipés

À l’inverse, les territoires les plus fragiles sont situés à l’ouest et au nord-est de la région. La pauvreté monétaire est plus fréquente, elle concerne au moins 13,8 % des habitants, et jusqu’à 18 % dans le Nivernais Morvan. La mortalité y est aussi plus élevée qu’ailleurs. Elle est, par exemple, dans le Nivernais Morvan, supérieure de 14 % à la moyenne métropolitaine.

De nombreux déterminants influent sur l’état de santé et l’espérance de vie d’une population. Dans ces territoires pauvres, les habitants, souvent peu diplômés, occupent donc des emplois moins qualifiés, qui les exposent plus fréquemment à des risques professionnels. En lien avec leur niveau de vie, leurs conditions de logement sont moins favorables. Les comportements à risques (alcool, tabac, etc) sont plus répandus et leur rapport avec la sphère médicale est plus complexe, voire distant. Dans ces territoires souvent de tradition industrielle et en perte d’emplois, jusqu’à 10 % des actifs se déclarent au chômage depuis plus d’un an et 30 % des jeunes sont pas ou peu insérés.

Dans le Morvan et le nord de la Côte-d’Or, la fragilité sociale est renforcée par des difficultés d’accès aux équipements. La moitié de la population du Châtillonnais est à plus de 7 minutes en moyenne des équipements de proximité.

Un très bon accès aux équipements mais de fortes inégalités dans les centres urbains

Certains territoires très urbanisés de la région, comme ceux des schémas de cohérence territoriale (SCoT) de Dijon et de Besançon, ainsi que le Chalonnais et le Mâconnais, présentent un profil mixte. La population est proche des équipements, qui se concentrent dans les villes. Le niveau de vie des habitants est plutôt élevé, mais il masque des inégalités et des fragilités sociales.

La pauvreté monétaire est particulièrement présente dans les quartiers de la politique de la ville et contraste nettement avec les quartiers où la population est aisée.

David Brion, Caroline Desnoyers, Hélène Ville (Insee)

Définitions
Le niveau de vie des individus d’un ménage rapporte tous leurs revenus nets d’impôts directs au nombre d’unités de consommation présents dans le ménage.
Le taux de pauvreté rapporte le nombre d’individu vivant sous le seuil de pauvreté à la population totale. Le seuil de pauvreté est fixé à 60 % du niveau de vie médian des français.
La classification des équipements en gammes a pour objectif de réunir des équipements qui présentent des logiques d’implantation voisines, en ce sens qu’ils sont fréquemment présents dans les mêmes communes : gamme de proximité, gamme intermédiaire et gamme supérieure

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