Israël, un pays où l'on vaccine à tour de bras

Guide touristique patentée, l’Israëlienne Hélène Opatovski, soixante-treize printemps au compteur mais douée d’une inoxydable jeunesse d’esprit, trépigne d’impatience en attendant de reprendre, dans le meilleur des cas, le cours normal de son existence. Comment son pays a-t-il vécu les attaques perpétrées par la Covid-19, et de quelle manière desserre-t-il l’étau ? Interview pour info-chalon.com

Avez-vous repris votre activité professionnelle, et si oui quelle a été la durée de votre arrêt ?

«Depuis le mois de Février 2020 plus un seul touriste n'est entré en Israël, et cela n'a pas l'air de vouloir reprendre de si tôt ! On n'en parle même pas dans les médias, tellement cela paraît lointain, surtout que pour les pays d'Europe ou pas, toute la population n'est vaccinée. Imaginez-vous vingt a trente personnes assises pendant une semaine ensemble dans un car ! Et puis le prix de l'assurance pour les gens de plus de 65 ans, ceux qui sont la majorité de mes touristes… J'en suis fort déprimée, ma vie passionnante a été coupée court d'un seul coup! Il fallait inventer un nouveau programme à mettre dans mon calendrier. Ça m'a pris quelques mois, et je n'en suis pas encore tout à fait remise. D'une guide énergique et fort appréciée je suis devenue une femme âgée. »

Pouvez-vous faire un historique concis de la survenue de la pandémie et de ses conséquences ?

« A partir du mois de mars 2020 on a commencé les confinements. Surtout pour les jours de fête : la pâque - la célébration  de la création de l'Etat d'Israël - la Pentecôte, on ne pouvait pas s'éloigner de plus de 1000m de l'habitation. Les célébrations se faisaient sur zoom, seule devant la TV, en famille restreinte. Il y avait des contrôles sur les routes suivis de lourdes amendes. Une de mes petites -filles devait se marier le 23 Mars, il y avait deux cents invités prévus ; en fin de compte la cérémonie a eu lieu sur la pelouse des parents avec quinze participants : les parents, les frères et soeurs et moi, la bobonne.Je ne vous dis pas combien d'argent avait été gaspillé! »Seulement les magasins de nourriture et les pharmacies étaient ouverts, et encore ne pouvait-on y entrer qu'avec un certain nombre de personnes à la fois, en respectant une distance de deux mètres, et naturellement avec le masque!Les écoles et les universités étaient fermées, et seulement les bureaux et les affaires indispensables étaient ouverts. On étudiait et travaillait depuis la maison en zoom. Vous pouvez imaginer combien d'affaires ont fait faillite et combien de gens, y compris les guides, ne voient pas comment s'en remettre. Il y a eu des confinements l'un après l'autre, je pense trois au total. » 

Où en est présentement le peuple israëlien face à ce virus ?

« A présent la "vraie" vie reprend petit a petit, pour ceux qui ont survécu -aussi financièrement-, (peut-être aussi grâce aux élections qui ont lieu aujourd'hui, le mardi 23 mars N.D.L. R.), mais surtout grâce au fait que plus de la moitié de la population a déjà reçu le second vaccin. » 

A quel stade se trouve la campagne vaccinale ?

« Sur 9.000.000 d'habitants plus de 5.000.000 sont vaccinés. Il reste encore à vacciner les moins de 16 ans. De 10.000 malades à la mi-janvier 2021 il reste aujourd'hui 250 malades. Mais on a eu plus de 6000 morts! »

 Quel (quels) type (types) de vaccin est (sont)-il (ils) en vigueur chez vous ?
« Nous étions les premiers à recevoir les vaccins de Pfizer  et nous avons probablement servis de test, mais heureusement il y a eu très peu d'effets secondaires. »

La vaccination est-elle un choix librement consenti, et quelles sont les personnes prioritaires ?

« Personne n'est obligé de se faire vacciner, mais il y a de nombreuses restrictions pour ceux qui ne le sont pas. Nous avons reçu une "carte verte" pour prouver qu'on est vacciné, et on a le droit de refuser l'accès a ceux qui ne l'ont pas. »

En France une frange de la population n’est pas très chaude pour recevoir le traitement préventif, en raison notamment du manque de recul par rapport à l’efficacité des injections, de même que vis-à-vis de l’impact des effets secondaires. Comment ont réagi vos concitoyens dans ce cas précis ?

« La grande majorité était prête à prendre le risque, même si on ne savait pas quelles en seraient les conséquences. Tomber malade est également un grand risque! »

 

 

                                                 Propos recueillis par Michel Poiriault

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