Si Justine Barry touche du bois, c'est pour mieux faire sens avec l'essence forestière en question
Par Michel Poiriault
Publié le 17 Novembre 2021 à 09h54
La matière noble qu’est le bois retrouve formes et vie au terme des cogitations ainsi que de l’apport du doigté de Justine Barry.
La sculpture est devenue sa raison d’être, au bénéfice de tableaux coquets qui émettent autant de potentielles pulsions inspiratrices pour l’observateur lambda.
La Covid-19 a neutralisé indirectement son statut d’infirmière
Née à Mâcon il y a vingt-trois ans, la jeune femme a passé toute son enfance dans le village de Mazille. A son adolescence elle emménagea avec ses parents à Cluny. Puis ce fut l’arrivée il y a trois ou quatre ans à Saint-Bonnet-de-Joux (commune nichée au sud du département, non loin de Charolles NDLR) en ayant sui vi son compagnon, natif de la dernière commune précitée. Côté situation professionnelle, la jeune femme a opté pour un métier de soignante, fortement contrarié par la pandémie et ses conséquences. « J’ai été diplômée infirmière en juillet dernier. Sur mes trois années d’études, j’en ai vécu deux (les dernières) comme un parcours du combattant du fait de la crise Covid. Entre les nombreux renforts et les cours suspendus, ça n’a pas été simple. J’avais signé mon premier CDI au sein d’une structure accueillant des personnes en situation de handicap psychique dès mon diplôme. J’ai pu exercer deux mois et demi avant d’être suspendue. Grâce à cette pause prématurée, j’ai découvert une passion. Je peux me dégager plus de temps libre pour être avec mes proches. Il est vrai que le fait de pouvoir gérer son emploi du temps est un luxe de nos jours. « Un mal pour un bien assurément. Droite dans ses bottes, l’affranchie reste fidèle à ses convictions sans pour autant tomber dans l’outrance cadenassée. « A propos de la non-vaccination, je pense que chacun est libre de faire ses propres choix. Je trouve juste inhumain d’être mise de côté, sans aucune rémunération, comme si nous n’existions pas. « Ceci ne préjuge cependant en rien d’un éventuel déblocage ultérieur. « Pour le moment, je suis mitigée sur le fait de reprendre ou non ma carrière d’infirmière. J’aime mon métier, profondément. Mais psychiquement, je ne suis pour l’instant pas disposée à reprendre ma fonction sereinement. Je sais que j’ai mon diplôme et que rien ne m’empêche de reprendre plus tard si j’en ressens l’envie. »
Quant l’aspect utilitaire pactise avec la facette esthétique
Du coup, quel est son nouveau cheval de bataille, à quoi s’adonne donc celle qui est devenue auto-entrepreneuse ? « Je sculpte dans du bois afin de créer des tableaux décoratifs. J’utilise la plupart du temps des carrés de bois que j’assemble grâce au collage. Il m’arrive parfois de faire des formats un peu différents, mais l’assemblage se fait exclusivement avec le collage. Il s’agit d’un art abstrait. J’utilise les courbes, les lignes, la superposition entre les matières (bois brut ou avec peinture, brûleur, ponçage). » Est-ce que cette réorientation trottait dans sa tête depuis longtemps, ou bien un concours de circonstances s’est-il fortuitement invité ? « Nous avons, mon compagnon et moi, rénové une maison en pierre. Cela fait plusieurs mois que je cherchais des tableaux pour la décorer. Après de nombreuses recherches, je n’en ai pas trouvé qui me correspondaient. C’est pourquoi j’ai eu l’idée de créer mes propres tableaux. Lors de ma suspension, j’ai décidé d’en faire plusieurs afin de me lancer à 100% dans cette aventure. J’ai choisi les tableaux tout d’abord pour répondre à mon envie de décoration dans notre maison. Je trouve aussi qu’il est simple de les présenter au public, car peu encombrants à transporter. »
L’union fait la force
Par la force des choses, l’apprentissage a été réalisé sur le mode self-made-woman. « J’apprends en autodidacte. Je m’exerce parfois plusieurs fois avant de trouver une forme, une texture ou un assemblage de couleurs qui me plaisent. » Humainement parlant pourrait-on évoquer une bouée de sauvetage se doublant d’un enrichissement personnel. « Tout d’abord, cela me donne un but chaque jour pendant cette période difficile. La création me permet de créer des liens avec d’autres personnes, d’extérioriser. De plus, je sors de ma zone de confort. Je me sens plus libre, épanouie et vivante. » Oeuvre-t-elle en solitaire, ou au sein d’une quelconque structure ? »J’exerce à domicile, dans un petit atelier que mon compagnon a créé. Il s’est lancé depuis quelques mois dans la sculpture sur bois (gabincortier_sculpturebois sur Instagram). Il m’aide à obtenir du bois et également à le raboter, puis à le déligner en carrés pour que je puisse ensuite démarrer la création de mes tableaux. » Dont acte. A qui s’adressent ses réalisations ? « Mes tableaux s’adressent à n’importe qui. Je peux m’adapter aux envies de chaque personne en créant sur demande. Je propose également mes créations à la vente. »
A Chalon-sur-Saône ? Si l’occasion se présente…
De l’ambition, Justine n’en manque pas. « A court terme, j’aimerais me faire connaître auprès des gens en exposant dans un premier temps lors de plusieurs marchés de Noël. A moyen/long terme, mon souhait est de pouvoir en vivre, et de, pourquoi pas, voyager grâce à mes créations. Pourquoi pas créer un site internet, avec différents modèles de « carrés » où les gens pourraient choisir leurs motifs, couleurs, etc. afin de créer leur propre tableau tout en étant 100% made in France et fait-main ? En tout cas, l’entreprenante Justine Barry se déclare prête à quitter son pré carré, ne fût-ce que momentanément. Dans le Grand Chalon l’herbe est verte également… »Si une opportunité pour exposer lors d’un événement à Chalon se présentait, c’est avec un grand plaisir que je viendrais ! » A bon entendeur…
L’embarras du choix pour l’aborder
Par téléphone au 06 84 36 46 18
Par mél : [email protected]
Le mot de la fin, on vous le livre tel quel : »Je suis quelqu’un de très connectée, donc n’hésitez pas à me retrouver sur les réseaux sociaux, notamment Facebook (Justine Barry), ou Instagram (justine_barry 10). Je me ferai un plaisir de vous répondre ! »
Crédit photo : DR Michel Poiriault
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