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TRIBUNAL DE CHALON - Deux ans de prison et retrait de l’autorité parentale sur tous ses enfants

Par Florence SAINT-ARROMAN

Publié le 16 Juillet 2025 à 19h15

TRIBUNAL DE CHALON -  Deux ans de prison et retrait de l’autorité parentale sur tous ses enfants

 Il est immense, imposant, malgré la béquille qui soutient sa marche. L’homme qui entre dans le box, ce mardi 15 juillet, doit répondre de violences habituelles à l’encontre de sa femme, mais aussi sur trois de ses cinq enfants. Les ITT sont conséquentes.
Il doit en répondre, mais refuse de dire quoi que ce soit. Il ne veut pas consentir à s’expliquer au moins un peu ? Non.

Les faits 

Le 9 juillet dernier une femme dépose plainte contre son mari. Ils sont mariés depuis 2007, ils ont cinq enfants mais sont en cours de séparation depuis avril dernier et l’ambiance à la maison est « tendue ». Ils vivent à Chalon. 
La femme dit que son mari la traite très mal depuis des années, et que ça s’est aggravé depuis qu’il a fait un AVC qui l’a mis au chômage, il y a six ans. Des insultes, des « tu sers à rien », des coups, des gifles, des tirages de cheveux. Et puis un isolement progressif, et puis la charge de 5 enfants. Un médecin la reçoit et fixe une ITT de 3 mois.

La veille, une crise d’autoritarisme de plus, une crise de trop. Le père s’en prend à une de ses filles (1 mois d’ITT) puis à une autre (ITT 2 mois), puis à son fils (ITT 15 jours).
Ces ITT sont surtout le fruit du petit enfer familial – et le 8 juillet des gifles et des coups sur l’oreille. « Un contexte d’humiliation et de tensions. »

Dominant, même face au tribunal

L’interpellation du mis en cause ne s’est pas bien passée, le 8 juillet. « Monsieur, voulez-vous expliquer ? » Eh bien non, il ne veut pas. « Vos enfants disent la vérité ? » Il répond : « C’est une vérité ! »
Devant le juge des libertés et de la détention (JLD), il a tout de même reconnu des coups sur ses enfants : « C’est à visée éducative mais personne n’a rien compris. »

« Ils vivaient dans un climat de peur »

Il renie l’avocate qui l’a assisté devant le JLD. Elle est assise devant lui, à l’audience, mais lui : « J’ai pas d’avocat, c’est pas mon avocate. » 
Maître Andali intervient pour la femme et trois enfants. « Il n’a aucune considération pour eux. Il n’a aucun mot d’excuse. Ils vivaient dans un climat de peur, il décidait de tout. Personne n’allait bien. Madame a mis du temps à partir, mais les démarches sont en cours. »

« …partir n’est pas facile. Madame a été courageuse »

« Toutes les déclarations sont concordantes, dit le procureur. Quand on a eu cinq enfants avec un tel individu, partir n’est pas facile. Madame a été courageuse. » Le magistrat requiert une peine mixte de 18 mois dont 9 mois seraient assortis d’un sursis probatoire, et le maintien en détention pour la partie ferme.

Le prévenu a la parole en dernier. « Monsieur, c’est votre dernière chance de dire quelque chose » lui explique la présidente. « Je choisis de garder le silence. » 
Bon. Il ne veut pas parler, il ne répond d’aucun de ses actes ?

Une décision qui fait boum : peine sèche et retrait de l’autorité parentale

L’homme, né en 78 à Autun, est dit coupable, et condamné à la peine de 2 ans de prison avec maintien en détention. Peine complémentaire : interdiction de tout contact et de paraître au domicile des parties civiles. 
Le tribunal dit qu’il n’aura pas droit à une pension de réversion, cas échéant, dit qu’il sera inéligible pendant 5 ans.
Enfin, le tribunal ordonne le retrait de l’autorité parentale du père sur ses cinq enfants.

Ça commence à intéresser le condamné mais à sa façon 

Alors, que se passe-t-il ? L’homme subitement s’intéresse un peu à ce qui lui arrive.
« Madame, le truc c’est : est-ce que je peux avoir un compte rendu de tout ce qui s’est dit ici ? J’ai pas d’avocat, j’ai rien. » On rappelle qu’une pénaliste se tient devant le box, pour lui, mais qu’il l’a traitée comme si elle était transparente.
La présidente lui explique : « Monsieur vous partez en détention pour deux ans. Vous n’avez plus aucune autorité parentale sur vos enfants. Vous aurez interdiction de vous rendre au domicile… » L’homme intervient : « Mais, après, pour récupérer mes affaires au domicile, je ferai comment ? »

Florence SAINT-ARROMAN

Le tribunal reçoit en qualité de parties civiles, la femme, en son nom et aussi en tant que représentante légale des deux victimes encore mineures, ainsi que la fille aînée, en son nom. Ordonne un renvoi sur intérêt civil.