Bresse Chalonnaise

Un mendiant en Bresse figurait au fichier des personnes recherchées

Par Florence SAINT-ARROMAN

Publié le 26 Novembre 2025 à 12h08

Un mendiant en Bresse figurait au fichier des personnes recherchées

Il faisait la manche, dans une commune de Bresse d’environ 2 000 habitants, en mars dernier. Il faisait la manche, les gendarmes le contrôlent. Surprise : l’homme est inscrit au fichier des personnes recherchées.

 L’homme en question a été jugé ce jeudi 20 novembre par le tribunal correctionnel de Chalon-sur-Saône. On lui reproche, en outre, l’usage illicite de stupéfiants (de la cocaïne).

Explications 

En 2024, cet homme âgé de 37 ans a été condamné pour agression sexuelle incestueuse (la victime était sa sœur). La condamnation, comme pour tout fait de cette nature, entraîne son inscription au FIJAIS, le fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes. Cette inscription est de droit, le tribunal se contente de la constater.
L’inscription au FIJAIS entraîne à son tour une obligation pour la personne condamnée : celle d’aller justifier de son adresse au commissariat ou à la gendarmerie la plus proche de son domicile, une fois par an. En cas de déménagement, la personne a 15 jours pour déclarer sa nouvelle adresse. Si cette obligation est manquée, alors son identité bascule sur le fichier des personnes recherchées.
Le principe de cette loi est simple : savoir où se trouvent toutes les personnes condamnées pour des infractions à caractère sexuel. On a déjà vu des récidivistes.

« J’étais à la rue »

Celui-ci était parti sans laisser d’adresse, de janvier 2025 jusqu’au jour du contrôle. L’explication du prévenu tient en quelques mots : « J’étais à la rue. » Le tribunal lui renvoie que cela ne l’empêchait pas d’aller mettre sa situation au clair à la gendarmerie.
De surcroît, il était sous cocaïne. Or, la cocaïne, « ça coûte très cher », observe la présidente. « On m’en donnait. » A son casier, outre l’agression sexuelle, des vols, des vols en réunion, et des infractions liées aux stupéfiants.
La bonne nouvelle pour lui, c’est qu’il n’est plus sans domicile, il est logé par l’association Le Pont. Travaille-t-il ? « Je ne peux plus travailler, je suis à l’AAH. » Il dit ça comme si l’allocation pour adulte handicapé constituait à elle seule un handicap, passons. La drogue ? « J’ai arrêté. » Il est toujours en sursis probatoire (condamnation de 2024) avec une double obligation de soins (en addictologie, et psychologiques) et celle d’indemniser la partie civile (sa sœur).

Une peine de jours-amende 

« J’avais pensé à un travail d’intérêt général, dit le procureur de la République, mais monsieur dit ne plus être en capacité de travailler. Par ailleurs il est en sursis probatoire jusqu’en 2026. » Le procureur requiert une peine de 50 jours-amende à 5 euros (soit 250 euros d’amende, et tout jour impayé est convertible en jour de prison). Le tribunal suit les réquisitions.