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Alcool, pensées suicidaires : il tire sur un gendarme espérant être tué en retour

Par Florence SAINT-ARROMAN

Publié le 24 Février 2026 à 21h02

Alcool, pensées suicidaires : il tire sur un gendarme espérant être tué en retour

Un officier de la gendarmerie nationale, en tenue, est venu expressément ce lundi 23 février, à l’audience de comparution immédiate. Il entend donner un poids à un fait grave commis dans un contexte troublé : le 10 janvier dernier, un homme a tiré sur les gendarmes.

 L’arme de poing, dangereuse à ce point, ne compte pas parmi les armes les plus létales (catégorie D) à ceci près que ça dépend où elle touche. Ce dossier pourtant, ne sera pas un de plus dans la série des « vous auriez pu tuer quelqu’un », même si ça sera peut-être dit. Peu importe au fond, le geste se suffit à lui-même.

Cela dit, le contexte personnel du prévenu aurait pesé. Alcoolique, dépressif, il dit avoir touché le fond, perdu les pédales. Il doit répondre de violences sur sa compagne (a pointé son arme sur elle) puis de violence sur un militaire de la gendarmerie nationale (il lui a tiré dessus). La scène s’est déroulée à Varennes Saint Sauveur. 
Le parquet, toutefois, a décidé d’une comparution à délai différé et a diligenté une expertise psychiatrique, or ce 23 février, l’expertise est faite mais le rapport n’est pas arrivé… L’affaire doit être renvoyée.

« Des propos suicidaires au moment des faits »

Le prévenu tenait « des propos suicidaires au moment des faits ». Il se trouve que le « suicide by cop », soit le suicide par police interposée (ou gendarme), a sa propre page Wikipédia : « une personne agit délibérément d'une manière menaçante vis-à-vis d'un représentant des forces de l'ordre en vue de provoquer chez celui-ci une réponse armée, typiquement en se faisant tirer dessus, dans le but de mourir ».
Le procédé a été nommé aux Etats-Unis… On considère que lorsque cela arrive vraiment (ça pose plein de questions, rien ne va de soi) il y a deux victimes : celui qui l’a cherché et celui qui a tiré.

« Des injections pour quelle pathologie ? – Je ne sais pas »

La présidente interroge le prévenu, un homme de 39 ans, sur son état, les soins qu’il reçoit en prison. L’homme dit sa volonté de se soigner, que les injections… « Des injections pour quelle pathologie ? – Je ne sais pas, mais depuis ça va mieux. Mon état est beaucoup mieux. L’état dépressif est toujours là, je le sens, mais de là à faire une tentative de suicide, non. »

C’est que finalement, le risque suicidaire dans son cas est désormais associé à des actes hyper graves… La présidente insiste : le tribunal s’inquiète de savoir s’il pourrait à nouveau s’en prendre à d’autres. A sa compagne ? Aux forces de l’ordre ? L’homme répond : « C’est pour ça que je veux me faire soigner, être suivi. »

« À ce stade, la plus grande prudence s’impose »

La procureur demande son maintien en détention, en raison de « sa dangerosité » et « du mobile de son passage à l’acte » : « Il faut s’assurer qu’il ne puisse pas représenter un danger pour la société ni pour les victimes. Il reçoit des soins en détention, c’est très bien mais à ce stade, la plus grande prudence s’impose. Madame ne veut pas acculer son époux, elle ne veut pas se constituer partie civile mais je veux éviter qu’il y ait des contacts. »

« Des pensées suicidaires et une addiction à l’alcool mais en prison il a tout fait pour se soigner »

L’avocate du prévenu plaide en faveur d’un placement sous contrôle judiciaire : « La détention n’est pas adaptée. On a un dossier rassurant : il a une solution d’hébergement (trop proche de la commune de Varennes St Sauveur, ndla) et sa famille le soutient. Il y a eu des pensées suicidaires et une addiction à l’alcool mais en prison il a tout fait pour se soigner. Et puis il a des rendez-vous pris à l’extérieur chez un psychiatre, sa famille s’en est occupé. Il n’a jamais été condamné pour violence. »

Le tribunal retoque le choix d’un psychologue-hypnothérapeute…

Le tribunal renvoie le jugement à mi-mars et « ordonne le maintien en détention ». 
« Le tribunal a été très agréablement surpris d’apprendre que deux rendez-vous chez un psychiatre aient pu être pris à si court terme. Le tribunal a vérifié : il s’agit d’un psychologue-hypnothérapeute. Ce n’est pas le thérapeute adapté à cette situation. »

FSA