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TRIBUNAL DE CHALON - Le permis de conduire ? « Je ne l’ai jamais passé »

TRIBUNAL DE CHALON - Le permis de conduire ? « Je ne l’ai jamais passé »

Ah que de tristesse. 24 ans, placé en détention provisoire le 13 avril pour avoir, le 12 avril, conduit sans permis mais en état de récidive légale, il a fait une demande de mise en liberté. Le tribunal l’examine ce 20 avril, en début d’audience.

 La présidente explique que certes il est en détention provisoire, mais il est aussi et en même temps en exécution de peines : l’une de 6 mois de prison, l’autre de 6 mois de prison également. Le prévenu est libérable le 13 juin 2027.

« Vous en avez conscience ? – Non »

Du coup, elle s’adresse au jeune homme qui se trouve dans le box : « C’est une demande de mise en liberté dans un cas particulier, parce que, même si le tribunal vous remettait en liberté dans le cadre de la procédure du 12 avril, vous resteriez en prison quand même. Vous en avez conscience ? » Le garçon secoue la tête doucement et dit : « Non. »

Il vit chez sa mère, était en mission intérim deux semaines avant son interpellation, « des CDD à la journée ». Au travail, poussé par l’obligation judiciaire et son conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation (CPIP), parce qu’en sursis probatoire.

Et ce permis alors ? « Je ne l’ai jamais eu, en fait. – Vous ne l’avez jamais passé ? – Non. » 
Sursis probatoire oblige, il s’était inscrit dans une auto-école. Mais ça ne l’a pas empêché de conduire.

La procureur observe que les peines mises à exécution sont aménageables (tout détenu peut en ce cas, faire une demande d’aménagement en cours de route) et « si cela devait arriver, alors on resterait avec le même manque de garanties (qui a motivé son placement en détention provisoire, ndla) : pas de travail fixe, pas de logement à son nom ».

Le tribunal rejette la demande de mise en liberté, « par conséquent, vous êtes maintenu en détention jusqu’à la date de votre jugement », en juin prochain. Il acte la décision d’un signe de tête.