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ESCRIME - Rencontre avec Maël Denaux, maître d’armes de La Riposte à Chalon

ESCRIME - Rencontre avec Maël Denaux, maître d’armes de La Riposte à Chalon

 Si l’escrime était quelqu’un, ce serait moi ». N’allez pas croire que Maël Denaux est égocentrique. Encore moins narcissique. L’originaire de La Réunion, maître d’armes de La Riposte depuis trois ans, l’avoue clairement. « Je suis l’escrime. Elle fait partie de moi. Ce n’est pas une passion, comme par exemple, le basket et la musique. L’escrime c’est mon oxygène, sans elle, je ne survis pas, je ne vis pas ».

Nul au fleuret !
Et pourtant sur l’île de la Réunion au milieu des années 2000, le petit Maël est loin de se douter de son avenir en métropole. A cinq ans, alors que son frère aîné Mathis vient de visionner le Cyrano de Bergerac de Depardieu, il découvre l’escrime. « Le fleuret » précise-t-il. Mais il n’est pas doué pour cette arme. A contrario de son aîné Mathis et de son cadet Milyan, qui truste rapidement les titres locaux. « Je ne comprenais pas le fleuret, j’étais nul en fait » se souvient Maël.


Numéro 1 français à 13 ans à… l’épée
Premier déclic à l’aube de ses 10 ans. L’épée fait son apparition dans ce département français d’outre-mer. Et là, tout change. « Le fleuret était partout et là, quand ils ont autorisé l’épée, j’ai sauté sur l’occasion » relate-t-il. Trois années plus tard, à Pont-à-Mousson, Maël remporte le plus grand rendez-vous national de sa catégorie. C’est le deuxième déclic. Celui qui déclenche tout ce qui va suivre.
Pendant les six années suivantes, Maël occupe régulièrement le haut de la hiérarchie nationale. « J’ai intégré le pole espoirs de Bordeaux et c’est là que j’ai développé mes techniques et ma stratégie » explique-t-il.
Maël Denaux le marionnettiste


A la fin du cursus scolaire, quelques mois avant ses 20 printemps, Maël doit choisir. L’escrime ou le monde du travail. « L’’escrime fait partie de moi, je ne me voyais pas faire autre chose, je ne peux pas d’ailleurs faire autre chose » sourit-il. Autant en vivre donc. Et c’est à Chalon qu’il pose ses valises, ses armes, son plastron et son masque. Et ce, malgré les réticences de la fédé qui espérait l’envoyer sous d’autres cieux plus renommés. Pour devenir le maître d’armes de cette Riposte qui ne cesse de grandir au fil des années. « Transmettre à tout le monde est mon mode de fonctionnement » ajoute-t-il. « Aux filles et aux garçons sans distinction. On a trop souvent oublié les filles par le passé ».


Mais Maël Denaux n’occulte pas son rôle de compétiteur pour autant. Même s’il sait pertinemment qu’il n’atteindra jamais les sommets du fait de son manque de temps pour s’entraîner physiquement et techniquement. Mais le marionnettiste, comme il aime se désigner, reste un escrimeur hors-pair. « Faire douter mon adversaire, le rendre trop sûr de lui et ensuite le faire tomber de haut, en fait, le manipuler tout simplement. » Un marionnettiste en effet tout simplement. Au service des autres. De l’escrime.


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